Bilie bi Nze est du camp des durs du régime, il ne prend pas de gants pour dire ce qu’il pense. Pour lui, c’est Ali Bongo qui est l’inspirateur de la Loi sur la biométrie, c’est lui qui l’a fait voter, c’est lui qui paye de sa poche l’entreprise qui va la mettre en œuvre, c’est lui qui mérite les lauriers ; d’ailleurs assène l’ancien opposant, il faut en finir avec les accords de Paris, accord pourtant entériner par référendum par le peuple Gabonais, la seule et unique fois où il a exprimé librement sa souveraineté sur une loi Gabonaise.
Ces déclarations de Bilie Bi Nze sur Gabon Télévision donnent froid au dos pour deux raisons :

D’abord par le cynisme courageux de l’individu, et par le message qu’elles contiennent.

A l’exemple d’Eric Besson, le transfuge du parti socialiste français débauché par Sarkozy et devenu ministre avant de prendre la fuite sans passation de service avec son successeur, Arnaud Montebourg, après l’échec cuisant de son mentor, Bilie Bi Nze n’hésite pas un seul instant à user d’un zèle qui n’a pour modèle que celui de Datan, ce sinistre individu qui n’avait pas hésité à déclarer que « trop d’oreilles retenaient sa langue » avant de trahir honteusement un de ses semblables, son propre frère de sang, et qui était capable de vendre sa mère pour accéder à un poste de chef de l’armée d’Egypte.

Ainsi Alain Claude Bilie Bi Nze qui, et c’est la deuxième raison, jette aux gémonies la souveraineté du peuple Gabonais, pour soutenir un putschiste.

En effet, même si l’on considère qu’Ali Bongo a obtenu 41,7% de suffrages aux élections présidentielles du 30 août 2009, cela ne lui donne pour autant pas une quelconque légitimité car les deux autres candidats André Mba Obame et Pierre Mamboundou avaient réuni à eux deux la majorité absolue.

Ainsi en déclarant la fin des accords de Paris, Bilie Bi Nze dévoile la stratégie d’Ali Bongo et envoie un message clair à la majorité des gabonais soit les 58,1% qui ont voté contre Ali Bongo, en leur signifiant qu’ils sont des nouilles et que leur majorité n’a pas de couilles.

Sur ce point Alain Claude a raison, car comment comprendre qu’une minorité mate à ce point une majorité ?
Comment comprendre que les moyens de renverser Ali Bongo, y compris par les cailloux, les bombes, les machettes, les lances, les sifflets, les briques…existent, et que la majorité ne les utilisent pas ?
Comment comprendre que certains fonctionnaires se déclarent de l’opposition et ne bloquent pas l’administration, les routes, les marchés, l’armée, la police, les commerces, etc. ?

Mais l’intervention de Bilie Bi Nze est aussi un message en direction de la France à qui Ali Bongo oppose une fin de non recevoir, et réaffirme que tant que les Bongo seront là, y aura jamais d’alternance au Gabon ; y aura jamais de transparence y compris au prix du sang.

C’est un choix clair et sans ambages.

Que les Gabonais se rassurent donc, la biométrie c’est Ali, le Gabon c’est Ali, ceux qui ne sont pas contents n’ont qu’à agir, et on va voir ce qu’on va voir.

On dit de celui tient un tel discours ferme qu’il est garçon.

Bilie Bi Nze ane fame !

PETIT-LAMBERT OVONO

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