L'opposant gabonais André Mba Obame, le 4 mai 2011 à Libreville (AFP/Archives, Wils Yanick Maniengui)

L’opposant gabonais André Mba Obame, le 4 mai 2011 à Libreville (AFP/Archives, Wils Yanick Maniengui)
Le principal opposant gabonais, André Mba Obame, accueilli par 2 à 3.000 sympathisants dans une ambiance festive pour son retour au pays après 14 mois d’abence en raison de problèmes de santé a asssuré que la Cour pénale internationale allait enquêter sur un “massacre” lors des émeutes à Port-Gentil (ouest) en 2009.

“La CPI va bientôt annoncer officiellement qu’elle va envoyer une enquête ici parce qu’on a massacré des gens à Port Gentil. On les a jetés par hélico”, a-t-il déclaré.

“Ils ont tué une soixantaine (de personnes) à Port-Gentil et ils ont dit +c’est rien+. Mais la CPI arrive, la CPI est à nos portes (…) Le changement de pouvoir en France a fait que des dossiers sur lesquels des gens étaient assis, ces dossier sont arrivés à La Haye”, a-t-il ajouté.

Selon le bilan officiel, les émeutes après l’élection contestée par l’opposition d’Ali Bongo ont fait trois morts mais l’opposition a régulièrement mis en cause ces chiffres.

Ancien baron du régime passé dans l’opposition à la mort d’Omar Bongo en 2009, M. Mba Obame, dit “AMO”, a aussi réclamé la tenue d’une conférence nationale sous peine de voir des violences survenir.

“On propose une conférence nationale souveraine. C’est le seul moyen de sortir le pays de la crise sans verser du sang”, a-t-il déclaré.

La présidence gabonaise a rejeté la proposition : “Le Gabon n’est pas un pays en crise, le Gabon ne connaît aucune crise sociale, aucune crise politique, aucune crise institutionnelle. Une conférence nationale ne se justifie pas”.

M. Mba Obame, dit “AMO”, n’a pas été inquiété par les autorités à son arrivée. Ses proches avaient craint une intervention policière, voire une arrestation de leur leader. Mais les forces de l’ordre positionnées dans des endroits stratégiques de la ville s’étaient faites discrètes autour de l’aéroport et du domicile d'”AMO”.

M. Mba Obame avait contesté la victoire à la présidentielle d’Ali Bongo, le fils de l’ancien président Omar Bongo décédé en 2009, et s’était autoproclamé président de la République en 2011, avant de se réfugier plus d’un mois dans une agence onusienne de Libreville. Son parti l’Union nationale (UN) avait été dissous. Son immunité parlementaire a été levée et il est poursuivi pour “trouble à l’ordre public”. Il risque “de deux mois à un an de prison”, selon son avocat.

Le porte-parole de la présidence Alain-Claude Bilie-By-Nze a précisé vendredi : “La justice gabonaise estimera si elle met en oeuvre les procédures suspendues. M. Mba Obame lui-même a annoncé qu’il était en état de reprendre ses activités. Il est donc en état de répondre à la convocation de la justice”.

Vendredi, la présidence avait qualifié l’arrivée d'”AMO” de “non-événement” et assuré que la présence des forces de l’ordre dans la ville n’avait rien à voir avec son retour.

M. Mba Obame, qui a été opéré du dos et a passé les 14 derniers mois en Afrique du Sud puis en France, est apparu affaibli se déplaçant avec des béquilles et articulant parfois avec difficulté : “Je suis rentré chez moi sur mes deux jambes alors que j’en étais sorti sur un fauteuil roulant. Je n’ai pas encore recouvré l’essentiel de mes moyens. Tous les jours, je consacre 4 heures à ma rééducation, je prends 50 comprimés par jour”.

Mais, il a assuré : “Je suis prêt à poursuivre le combat à un niveau que vous ne pouvez pas imaginer (…) Je rendrai coup pour coup et je taperai fort”.

Il est aussi revenu sur la dissolution de son parti. “+UN a été dissous, n’existe pas+, dit-on. Il y a un passage de la Bible qui dit “Ne cherche pas parmi les morts, celui qui est vivant”. Ne cherchez pas l’UN dans les poubelles de la dictature. L’UN n’a jamais été aussi forte”.

“J’étais annoncé plusieurs fois comme mort. Quand tu as un problème avec un fantôme tu es mort: l’émergence (le nom du projet politique d’Ali Bongo) est finie”, a-t-il conclu.

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