Le problème de la corruption dans le milieu du transport, notamment terrestre est passé au révélateur à la faveur d’un entretien accordé à notre rédaction par le président de la Coalition Nationale des Syndicats du Secteur des Transports et Assimilés (CNSSTA), Albert Bernard Bongo Essono, lors de l’atelier portant sur le processus d’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux (SNLCCBC), organisé du 23 au 24 du mois en cours à Libreville.

En se prêtant à cœur ouvert aux questions de nos reporters, M. Albert Bernard Bongo Essono a indiqué que « je suis ici pour trouver des solutions aux différents problèmes liés à la corruption dans le secteur des transports ». Il existerait, selon lui, différents types de corruptions telles que le saucissonnage des trajets par les taxis, les rackets policiers et le chantage au niveau de l’examen du permis de conduire.

Pour ce qui est notamment de l’examen du permis de conduire, l’intéressé a rejeté la responsabilité à la Direction Générale des Transports. « II faut dire que c’est une forme de corruption suscitée par les examinateurs, par ailleurs agents de la direction générale des transports. Un permis s’obtient après trois passages que sont le créneau, le code et le tour de ville. Donc, je ne saurais vous dire davantage sur les magouilles orchestrées par les examinateurs. Ce qu’il faut savoir c’est que le procès verbal indique un nombre limité d’admis au cours de l’examen du permis de conduire », a expliqué Albert Bernard Bongo Essono qui rappelle qu’ « il fut un temps, il y avait des permis contradictoires. Seulement, moi, je me dis qu’il ne peut y avoir des permis contradictoires à partir du moment où le cachet du directeur général des transports est apposé sur un document régulier. Il a été révélé que certaines personnes ne passant pas par l’auto-école étaient détentrices de vrais permis. D’où l’indignation des partenaires sociaux impliqués dans la sensibilisation des automobilistes ».

Pour lui, cet atelier était la bienvenue pour freiner la corruption « galopante » dans le secteur des transports. Il espère que le Chef de l’Etat convoquera, autour d’une même table les partenaires sociaux et toutes les autres parties prenantes pour régler les problèmes de transport.

Le deuxième atelier organisé à l’endroit des secteurs Forets et Environnement, Mines et Industries extractives ainsi que les Transports intervient après celui dédié à la finance et au monde des affaires, il y a une dizaine de jours.

La stratégie nationale permettra aux autorités gabonaises d’actualiser notamment le cadre juridique, technique et institutionnel existant, dévaluer périodiquement le niveau d’atteinte des résultats prévus dans la croisade contre les comportements déviants en matière de gouvernance des finances publiques et de l’argent sale. Toutes choses qui devraient accélérer le processus d’opérationnalisation de la Commission Nationale de Lutte Contre l’enrichissement illicite et l’Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF) lancé le 16 juillet dernier avec l’appui technique et financier du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Les données recueillies serviront à la production d’un rapport sur l’état des lieux et le diagnostic de la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux au Gabon. La validation et la publication officielle du document de la stratégie nationale et sa mise en œuvre se fera à la mi-octobre 2012.

La série de consultations se poursuivra prochainement avec les secteurs des Finances, des Impôts et des Douanes, avant l’Éducation et la Santé et la Justice.

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