Pour ceux des gabonais qui en doutaient encore, le discours prononcé par Ali Bongo a sans doute fini par les convaincre sur ses origines qui sont celles de la guerre et du sang ? Qu’il est un rejeton sauvé de la guerre, et qu’il traine les gènes de la guerre et du sang, qui ne peuvent s’éteindre que par la guerre comme ce fut le cas pour celui qu’on soupçonne d’être son vrai père biologique ?

Au travers d’un discours hautin et arrogant, Ali Bongo a fait un pied de nez au peuple gabonais en lui disant qu’il est au pouvoir, et qu’il le défiait d’essayer de le lui prendre.

Les gabonais ont-ils enfin compris que pour Ali Bongo, seules la force et la violence compte pour l’accession au pouvoir ? Et non point une conférence nationale souveraine qui n’est, selon lui, qu’une pure distraction.

Même la presse étrangère a saisi le message qu’elle a publié dans ses unes du jeudi 13 septembre 2012.

Pour Jeune Afrique « Bongo refuse le dialogue avec l’opposition », « Bongo balaye la demande de l’opposition d’une Conférence » titre l’AFP, et RFI ferme le ban à martelant que « le pouvoir gabonais conteste l’idée d’une conférence nationale ».

De façon unanime, ces trois principaux organes de presse francophones insistent sur un seul point : Ali Bongo refuse l’existence d’une opposition politique libre et indépendante, autrement dit, il n’a que faire de la démocratie.

Si l’on examine ces articles dans le fond, on constate qu’en avouant avoir travaillé avec feu le président Pierre Mamboundou pour saboter et noyauté l’opposition, en prononçant la dissolution d’un parti politique, en bâillonnant les médias proches de l’opposition, en pourchassant les membres de l’opposition, Ali Bongo cherche certes à masquer ses faiblesses, mais qu’il a surtout peur de la puissance de l’Union Nationale et de ses dirigeants dont principalement d’André Mba Obame qui lui donne des insomnies.

On observe d’autre part qu’il n’est pas capable d’affronter André Mba Obame à la régulière au cours d’un scrutin libre, transparent, et honnête ; que son parti, le PDG, a peur d’affronter à la régulière le parti Union Nationale au cours d’un scrutin libre, transparent, et honnête ; que les pdgistes ne sont pas capables d’affronter les candidats de l’UN au cours d’un scrutin libre, transparent, et honnête.

Ali Bongo a beau faire des discours, a beau occupé tout seul les médias pour salir les leaders de l’UN…, une chose est sure, ceux qui l’écoutent se moquent désormais de lui et se demandent désormais pourquoi les journalistes et les médias à son service ne donnent pas aussi la parole à ceux qui sont incriminés ?
Si Ali Bongo veut qu’on le prenne au sérieux, pourquoi n’accepte t-il pas un débat contradictoire ?

Comment veut-il qu’on le respecte s’il n’est même pas capable d’organiser un débat courtois et contradictoire?

Le respect ne se décrète pas, il se mérite.

De plus, tout le monde se demande comment un homme qui prétend occuper les plus hautes fonctions de l’Etat peut opposer comme seuls arguments à ses adversaires politiques l’insulte, les menaces et les intimidations, puis exiger en même temps de ceux-ci une obéissance servile, motus et bouche cousue.

On l’aurait constaté, le sang de la paix n’a jamais coulé dans les veines d’Ali Bongo ; mais comme il est en plus entourer de cancres, comme le béninois et le somalien ancien vendeur de sowa et d’assamsé sur le marché de Ndjolé, il s’enfonce un peu plus dans la voie du sang.

Ali Bongo pense que le vent va finir par tourner en sa faveur, c’est-à-dire que l’opposition va finir par se fragiliser et se fissurer, et qu’elle va se résigner devant le fait accompli, à savoir son putsch électoral réalisé le 3 septembre 2009. Mais là dessus, Ali Bongo se trompe pour deux raisons :
D’abord parce qu’on a changé d’époque, on n’est plus en 1967, quand Foccard avait obligé par la force et les menaces le président Léon Mba à modifier la constitution pour se présenter en ticket aux élections présidentielle, puis l’avait forcé à prendre Albert Bongo alors son petit espion, comme colistier et vice président de la République, successeur constitutionnel.

Puis, et c’est la deuxième raison, si Ali Bongo pense avoir réussi son putsch électoral commencé le 8 juin, et qu’il pense l’avoir achevé le 3 septembre 2009, le peuple gabonais, lui, n’est pas celui de 1967, c’est pourquoi il ne le considère pas comme son élu à l’élection présidentielle anticipée du 30 août 2009.

Si tel n’était pas le cas, pourquoi ces demandes insistantes de reconnaissance, dont la plus flagrante est celle de conditionner l’ouverture du dialogue avec l’opposition politique ?

Comme quoi, Ali n’est réellement qu’un imposteur et un va t-en guerre.

PETIT-LAMBERT OVONO

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