Des policiers inspectent les lieux de l'attentat survenus mardi matin à Kaboul, en Afghanistan. Crédits photo : MASSOUD HOSSAINI/AFP


Des policiers inspectent les lieux de l’attentat survenus mardi matin à Kaboul, en Afghanistan. Crédits photo : MASSOUD HOSSAINI/AFP
Un groupe islamiste afghan a revendiqué l’attentat-suicide perpétré mardi près de l’aéroport de Kaboul, tuant neuf étrangers et trois Afghans. Un imam salafiste a lancé une fatwa appelant à tuer l’équipe du film.

• Un attentat fait douze morts à Kaboul

Un attentat visant un minibus a fait au moins 12 morts mardi à Kaboul, en Afghanistan. Il s’agit jusqu’à présent de la réplique la plus meurtrière à la diffusion du film anti-islam, L’innocence des musulmans, qui a embrasé une grande partie du monde musulman. Neuf étrangers et trois Afghans ont péri dans cette attaque survenue sur une autoroute menant à l’aéroport de Kaboul, selon les autorités afghanes. Le groupe Hezb-e-Islami, la deuxième composante la plus importante des insurgés afghans après les talibans, a revendiqué cet attentat et affirmé qu’il s’agissait de sa réponse à la diffusion du film anti-islam.

Les premiers heurts liés à ce film islamophobe ont eu lieu lundi en Afghanistan. Près de 800 manifestants ont brûlé des véhicules et jeté des projectiles près d’une base militaire américaine à Kaboul.

• Une fatwa lancée contre l’équipe du film

Un imam salafiste égyptien a lancé une fatwa – un avis religieux – appelant à tuer tous les protagonistes du film islamophobe, selon le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE.

«Les ‘bâtards’ qui ont fait ce film sont des combattants infidèles», écrit le dignitaire salafiste, selon la traduction de l’arabe à l’anglais qu’en a faite SITE. «J’émets une fatwa et appelle les jeunes musulmans en Amérique et en Europe à la respecter, ce qui signifie tuer le réalisateur, le producteur, les acteurs et tous ceux qui ont contribué au film et en ont fait la promotion», selon le texte. «Alors, dépêche-toi, dépêche-toi ô jeunesse musulmane d’Amérique et d’Europe et donne à ces crasseux une leçon que tous les singes et les cochons en Amérique et en Europe comprendront. Qu’Allah vous guide et vous offre le succès», lance l’imam.

La famille de Nakoula Basseley Nakoula, lié par les autorités fédérales américaines au film amateur Innocence of Muslims , a par ailleurs quitté son domicile californien lundi en pleine nuit pour rejoindre un lieu tenu secret, où se trouve le réalisateur présumé. Ce dernier avait quitté sa résidence ce week-end, en dissimulant son apparence.

• Appel au Liban à une semaine de mobilisation

Au Liban, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a appelé ses partisans à «montrer au monde entier (leur) colère et (leurs) cris, lundi et les jours qui suivent». Ils devraient manifester mercredi à Tyr, vendredi à Baalbek, samedi à Bent Jbeil au Liban sud et dimanche dans la vallée de la Bekaa. Hassan Nasrallah s’est également adressé aux musulmans dans le monde, qu’il a exhortés à réagir face à ce film qu’il décrit comme la «pire attaque contre l’islam, pire encore que les Versets sataniques de Salman Rushdie, pire que le fait de brûler des exemplaires du Coran en Afghanistan ou que les caricatures du prophète Mahomet» publiées par un journal danois en 2005.

• Deux morts au Pakistan

Un manifestant est mort et deux personnes ont été blessées lundi lors d’un échange de tirs avec des policiers dans le nord-ouest du Pakistan (où Youtube a été coupé lundi pour limiter la diffusion du film). Les heurts se sont produits dans la ville de Warai dans la province de Khyber Pakhtunkhwa. C’est la première victime, liée aux manifestations anti-américaines, recensée au Pakistan. Au total, la police a procédé à 22 arrestations.

Dix-neuf personnes sont mortes au total dans le monde dans les violences liées au film, dont l’ambassadeur américain et trois autres membres du corps diplomatique américain en Libye.

• Une leader salafiste encerclé à Tunis réussit à s’échapper

Les forces de sécurité tunisiennes ont encerclé lundi une mosquée de Tunis où s’était retranché un dirigeant salafiste protégé par plusieurs centaines de ses partisans. Saïf-Allah Benahssine, alias Abou Iyadh, recherché pour son implication présumée dans la manifestation qui a dégénéré vendredi devant l’ambassade américaine à Tunis, est parvenu à s’échapper en dépit d’un cordon de mille policiers disposé autour du bâtiment.

Présenté comme le dirigeant de la branche tunisienne du groupe Ansar al Charia, Benahssine a toujours démenti être mêlé aux récentes violences qui ont fait deux morts et une trentaine de blessés dans le pays.

Mis à jour le 18/09/2012 à 09:27 | publié le 17/09/2012 à 14:07

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