Le syndicat des personnels du secteur eau et électricité du Gabon (Sypeg), via un communiqué rendu public samedi dernier, a annoncé que le personnel de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) pourrait entrer en grève le 9 octobre 2012. L’objectif est de s’opposer à l’administration de cette entreprise au cas où elle ne donnerait pas satisfaction au cahier de charges qui lu a été soumis.

Ce cahier de charges s’articule principalement autour de l’amélioration de la distribution de l’eau et de l’électricité. En outre, le Sypeg dénonce la mauvaise application par la direction générale de l’entreprise du procès-verbal conclu lors de la grève orchestrée par les agents de cette société il y a deux ans. Ils précisent en effet que les responsables de cette structure, qui détient le monopole de la distribution de l’eau et de l’électricité au Gabon, a modifié certaines dispositions de ce procès-verbal et en applique les recommandations selon ses propres volontés. Cela frustre les agents qui entendent réagir en entrant en grève dès le 9 octobre si rien n’est fait. Ce comportement a d’ailleurs pour conséquences, selon les membres du Sypeg, la pénurie d’eau et d’électricité constatée un peu partout à Libreville et à l’intérieur du pays.

Les membres du Sypeg estiment aussi que les patrons de la SEEG sont «en mal de statut social», ce qui leur fait oublier les objectifs poursuivis, ainsi que les missions fondamentales de cet établissement parapublic.

Ils dénoncent les mauvaises conditions de travail, l’engagement dans des projets et contrats hasardeux et non justifiés, l’emploi des expatriés sans nécessité et sans transfert de compétence, la mauvaise politique de gestion entraînant un climat social infect au sein de l’entreprise, la pléthore des effectifs au niveau de la direction générale, le clientélisme, l’ethnisme, l’affairisme favorisant des groupes d’intérêts au sein de la société.

En novembre 2010, le syndicat de la SEEG avait déjà déclenché une grève pour dénoncer la mauvaise gestion de l’entreprise. Il désapprouvait «le recours systématique aux prestataires de services pour tous les travaux même d’installation des compteurs d’eau et d’électricité». Le syndicat fustigeait cette méthode, d’autant que ses membres stipulaient que ces sociétés de prestations étaient détenues par les cadres de la SEEG.

Le communiqué ne précise pas si un service minimum sera maintenu ou s’il faut s’attendre à une pénurie durable d’eau et d’électricité.

La SEEG a été rachetée à l’État par le groupe français Véolia pour une durée de 20 ans (1997 – 2017). Depuis cette date, pratiquement rien n’a changé. De nombreux quartiers de Libreville (Kinguélé, Montalier, Bambouchine, Ondongo), tout comme des quartiers de villes de l’intérieur du pays, peinent à avoir des services réguliers de fourniture d’eau et d’électricité. Cependant, les prix de ces services ne cessent d’augmenter au grand dam des consommateurs.

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