La réponse est oui, à cause de la démarche de triangulation qui a présidé à sa création.

Souvenons-nous, l’Union des Forces du Changement (UFC) est née suite au constat de l’opposition que la situation du pays restait marquée par le blocage du processus démocratique et par une situation économique et sociale très dégradée, ainsi que de la surdité du pouvoir face aux complaintes et aux sollicitations du peuple.

Aussi depuis la naissance de l’UFC, cette situation n’a guère évoluée, au contraire, elle va s’empirant. On n’imagine pas de ce fait que la coalition UFC disparaisse de sitôt.

A l’autre sommet du triangle, il y a le peuple gabonais qui est favorable à la subsistance de cette coalition.

En effet, aucune autre coalition n’a mobilisé autant de gabonais pour sa première sortie. Là où d’autres procèdent à la distribution des tee-shirts, de l’argent, des croupions de dindons, des cannettes de boisson, et assurent le transport en échange de la participation des gabonais à leur meeting, les partisans du changement, ont volontairement choisi de soutenir leur coalition et de la faire vivre contre vents et marées.

Il y a enfin les leaders politiques signataires de la Déclaration de Mouila et parties au regroupent UFC qui, pour la plupart, sont décidés à faire vivre cette coalition sans laquelle l’opposition gabonaise ne pourra jamais réaliser l’alternance démocratique.

Pour autant, il ne faut pas le nier, c’est cet angle du triangle qui vient de subir son premier choc avec l’entourloupe de Mayila et de Mboumba Nziengui, et dans une moindre mesure de Séraphin Akouré et de Richard Moulomba.

Mais qu’y a-t-il de commun entre ces quatre personnalités?

Il y a d’abord leur appartenance commune à la coalition ACR, puis leur faux bond à ce qui se dessinait déjà comme une coalition de toute l’opposition, et qui partageait le mot d’ordre « pas de biométrie, pas d’élections ». Aussi, se sont-ils présentés aux législatives avec le résultat que l’on sait : l’échec face à la machine à bidouiller les élections qu’est le PDG.

Mais chose curieuse, comme si cela ne suffisait pas, et bien que signataires de la déclaration de Mouila dans laquelle ils qualifient la décision de dissolution de l’Union Nationale d’injuste, on est étonné qu’ils cautionnent la même injustice lorsque Ndongou interdit à des citoyens en possession de leurs droits civils et politiques de s’exprimer pendant un meeting.

Comment qualifier une telle incohérence?

Certains y voient une raison existentielle et affirment que c’est à travers ce jeu que ces leaders peuvent trouver leur place dans le landerneau politique gabonais. D’autres évoquent une propension à se croire plus malin que tout le monde, leur seul objectif consistant à rebondir et d’accéder aux grâces du pouvoir. Le dernier groupe parle de trahison.

Ce qu’il faut pourtant retenir, c’est que Mayila et ses camarades de l’ACR sont parmi les fondateurs de l’UFC, on ne peut les chasser, et ils ne sont pas tenus en laisse. Ils ont volontairement accepté de faire partie de la coalition, mais pour prix de leur survie, ils ont l’obligation de conduire le peuple vers la terre promise en exigeant du pouvoir l’organisation d’une Conférence Nationale Souveraine qui reste une des voies urgentes, aux cotés de la transparence électorale, de toutes les autres options présentes ou à venir, que l’Opposition jugera nécessaires.

Dans ces conditions, le soutien de Séraphin Akouré pour la réactivation du Conseil National de la Démocratie tombe bien sous le sceau de l’incohérence.

PETIT-LAMBERT OVONO

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