Aaron Obame Nzeng : On «attaque Olam et ne dit rien sur Siat»

Ancien magistrat à la retraite, Aaron Obame Nzeng est le président et le porte-parole du «Collectif des populations des villages du département du Ntem impactés par le projet hévéicole d’Olam Rubber». En marge de la conférence de presse qu’il a donnée à Bitam, le 18 novembre, il a répondu aux questions de Gabonreview sur l’impact social et économique du projet disputé d’hévéaculture dans le Woleu-Ntem, mais aussi sur certains acteurs de cette controverse.

Concrètement à quel niveau se situe actuellement l’avancement du projet hévéicole d’Olam Rubber dans votre localité ?

Comme vous le savez, le projet hévéicole d’Olam Rubber qui se déroule dans notre localité comporte deux volets : il y a le volet industriel et le plan social. Au niveau du volet industriel, nous constatons que la première phase qui concerne la mise en place de 500 ha a bel et bien démarré. Les pépinières sont installées, le déforestage avance et le site se dote progressivement de plusieurs infrastructures en matière de logements et de bureau.

Maintenant, en ce qui concerne le plan social qui est notre principale préoccupation, nous sommes à sa phase de démarrage. Le programme d’hydraulique villageoise a démarré mais nécessite quelques réglages. Hier nous avons lancé officiellement le programme d’éclairage public. La route Bitam-Okok–Woumou est déjà réalisée à plus de 75 %. L’embauche prioritaire est effective.

On a beaucoup parlé d’impacts environnementaux et sociaux, négatifs ou positifs, de ce projet. Que pouvez-vous dire de ces impacts ?

Effectivement, beaucoup a été dit sur ce projet. Certains commentaires ont été faits comme si nous découvrions l’hévéaculture avec l’arrivée d’Olam. L’hévéa a été présenté comme une plante «apocalyptique» qui détruit et tue tout sur son passage.

Mais comme vous pouvez le constater les populations du Ntem cohabitent avec cette culture depuis un demi-siècle, nous n’avons rien observé de tel. N’oubliez surtout pas que Siat est chez nous depuis plus de vingt ans, sans catastrophe écologique. Allez regarder nos plantations villageoises d’hévéa cette plante pousse tranquillement à côté des autres (bananier, mais, ananas, etc.).

Nous préférons nous exprimer sur le vécu. En plus là à coté de nous, au Cameroun, nous n’avons rien entendu de pareil malgré les énormes superficies que ce pays a consacrées à cette culture. N’oubliez surtout pas que bon nombre de spécialistes gabonais en hévéaculture sont originaires de notre zone et beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui des hévéaculteurs.

Par contre ce que nous savons, dans les villages du Ntem, les planteurs villageois d’hévéa ont aujourd’hui des revenus qui se chiffrent, pour certains, à plusieurs millions de francs par mois. Les moins nantis ont au moins 500 000 francs CFA par mois. En plus les revenus de l’hévéa sont mensuels. Vous remarquerez que les hévéaculteurs financent eux-mêmes les extensions et de plus en plus de retraités se sont reconvertis en hévéaculteurs.

Vous avez récemment créé un collectif des populations des villages du département du Ntem impactés par ce projet de plantations d’hévéa. Quels sont ses objectifs et pourquoi cette association, alors qu’un collectif existait déjà qui a rédigé un mémorandum contre ce projet ?

Cinq principales missions ont été assignées au collectif à savoir : défendre prioritairement les intérêts des populations impactés ; suivre la mise en place du plan social ; représenter les populations auprès des partenaires et des autorités locales et nationales ; parler aux noms des populations impactées ; renforcer les capacités des comités de suivi.

Maintenant, en ce qui concerne le collectif auquel vous faites allusion et qui a rédigé un mémorandum, nous ne le connaissons pas. Vous savez Monsieur Jean Marc Ekoh est un homme d’un certain âge à qui nous devons un certain respect mais je suis désolé, il ne peut parler ni signer un quelconque communiqué ni déclaration au nom des populations du Ntem pour plusieurs raisons. D’abord, son village ne se trouve pas dans la zone impactée. En plus il n’est jamais venu nous voir pour parler de ce projet. Enfin il ne dispose d’aucune légitimité. Je vous rappelle que Jean Marc Ekoh est sorti de la vie publique, politique et sociale de Bitam depuis 1990. La vérité est que Monsieur Jean Marc Ekoh et son fameux comité ne représentent personne ici.

Les populations se posent aujourd’hui de plus en plus de questions sur leurs réelles motivations. La dernière tournée que les membres de ce comité ont effectuée avec les partis politiques de l’opposition nous a laissé perplexe. Les populations de Bitam qui sont très éveillées ont trouvé suspecte la démarche de ce groupe qui attaque seulement Olam et ne dit rien sur Siat qui continue à faire des extensions sans aucun plan social. Soyez rassurés, nous ne sommes pas dupes.

Il se raconte qu’un plan social alléchant a été soumis aux populations dont vous êtes les représentants. Quels sont les principaux avantages contenus dans ce plan social ?

Dans chaque village, les populations ont librement exprimé, sans aucune contrainte, leurs besoins. C’est sur la base de nos besoins que nous sommes rentrés en négociation avec le groupe Olam et l’administration au sein du Comité de pilotage.

Les trois volets qui composent le plan social à savoir l’accès aux services sociaux de base,santé, éducation, éclairage public, eau potable, aires de jeux, routes, etc., l’appui aux activités génératrices de revenus, hévéaculture villageoise, cacaoculture, caféiculture, cultures maraichères, cultures vivrières, transformation des produits alimentaire, pisciculture et élevage, et l’embauche prioritaire vont nous permettre d’améliorer le cadre de vie de nos populations, d’impulser un véritable mouvement de développement économique du département et d’éliminer le chômage et l’exode rural ici.

D’une manière générale, comment les populations accueillent-elles ce projet et qu’en escomptent-elles réellement ?

Nous avons adopté ce projet, nous l’accompagnons et notre objectif est de faire de cet important investissement le levier principal pour reposer Bitam comme un des plus grands centres économiques du Gabon et de la région des trois frontières.

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