EGYPTE. Premiers heurts de la journée entre pro et anti-Morsi

A Alexandrie, des accrochages ont d’ores et déjà eu lieu. (Ahmed Ramadan/AP/SIPA)
Haute tension en Egypte à la veille d’un vote crucial. Partisans et adversaires du projet de Constitution, qui doit être soumis à référendum à parti de samedi, ont commencé à manifester à travers le pays ce vendredi 14 décembre, non sans incidents. A Alexandrie, des accrochages ont d’ores et déjà eu lieu entre des groupes d’islamistes partisans du « oui » et des opposants prônant le « non » qui ont échangé des jets de pierres, tandis que la police tente de rétablir le calme.

Au Caire, quelque 2.000 partisans du président Mohamed Morsi se sont rassemblés devant une mosquée de l’est de la capitale à l’appel de partis islamistes afin de soutenir le projet de loi fondamentale, élaboré en grande partie par les Frères musulmans au pouvoir.

L’opposition, qui appelle au « non », devrait organiser plus tard dans la journée des marches en direction du palais présidentiel, gardé par l’armée et situé à Héliopolis, dans la banlieue du Caire.

Une grave crise politique

Les Egyptiens sont invités ce samedi et le 22 décembre à se prononcer lors d’un référendum sur la nouvelle constitution.

Cette consultation intervient alors que le pays traverse sa plus grave crise politique depuis la chute d’Hosni Moubarak en février 2011 : le Caire et plusieurs grandes villes ont été touchés par des violences lors des trois dernières semaines, dans lesquelles au moins huit personnes sont mortes et des centaines ont été blessées, après que le président et Frère musulman Mohamed Morsi a renforcé ses pouvoirs.

Pro et anti-Morsi devaient se mobiliser une dernière fois avant le début du vote afin de défendre leurs positions. Les Frères musulmans soutiennent évidemment cette nouvelle loi fondamentale, synonyme, pour eux, d’un pas en avant nécessaire vers la démocratie.

« Je pense qu’il va y avoir du sang »

De l’autre côté, les libéraux, les laïcs et l’opposition chrétienne avaient rendez-vous sur la place Tahrir. Ils veulent convaincre les Egyptiens de voter « non » samedi. « Je pense qu’il va y avoir du sang et beaucoup d’antagonisme pendant ce référendum. Il n’est donc pas normal qu’il ait lieu », redoute Ahmed Said, membre du Front national du salut, la principale coalition. S’ils estiment que la consultation ne se déroule pas de manière transparente, ils pourraient même la boycotter.

Les opposants à la constitution lui reprochent son caractère religieux, et le fait qu’elle ne refléterait pas les besoins et envies de toute la population égyptienne. L’opposition s’inquiète aussi du risque que pourrait faire peser ce texte sur les minorités, comme les 10% de Chrétiens coptes, déjà régulièrement cibles d’attaques et d’attentats.

L’armée, qui est restée neutre depuis le regain des violences, va mobiliser de grands moyens pour encadrer ce référendum. Près de 120.000 militaires et 6.000 chars seront déployés, principalement dans les grandes villes. Ils viendront épauler 130.000 policiers.

La nouvelle constitution, adoptée malgré tout ?

Depuis le printemps arabe et la chute de Hosni Moubarak, l’organisation des Frères musulmans a remporté toutes les élections. Son influence devrait permettre l’adoption du texte, qui se déroule en deux temps : d’abord ce samedi dans 10 gouvernorats au Caire et à Alexandrie. Puis une deuxième journée, le 22 décembre, dans les 17 autres gouvernorats du pays.

Par ailleurs, beaucoup d’Egyptiens émettent le souhait d’avancer et de passer à autre chose. Ils pourraient être amenés à voter « oui » même s’ils considèrent que la nouvelle loi fondamentale n’est pas adéquate.

J. M. avec agences

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