Dans son allocution de vœux à la nation le 31 décembre 2012, le président de la République, Ali Bongo Ondimba, réaffirmant son ambition de discuter avec les «forces vives de la nation», notamment en ce qui concerne les questions d’intérêt national et communautaire, a émis le vœu d’une réflexion globale sur les partis politiques.

Il y a fort à parier que dans un avenir proche, l’offre politique au Gabon sera beaucoup moins pléthorique © Issouf Sanogo AFP

Le chef de l’État a saisi l’opportunité de ses vœux pour faire le bilan de l’année 2012. En revenant sur l’implication «des forces vives de la nation» dans les débats concernant les enjeux majeurs pour le Gabon, Ali Bongo Ondimba a indiqué : «Comme à chaque fois qu’il s’agit du Gabon, d’enjeux majeurs pour notre pays, je continuerais à solliciter le point de vue des diverses composantes politiques, associatives, civiles et religieuses de notre pays.»

Il a salué l’esprit patriotique et républicain des leaders qui ont répondu à son invitation au mois de juillet dernier, même si, c’est un secret de polichinelle, la plupart étaient surtout venus tenter de renouer des contacts avec le pouvoir. «Le but essentiel de ces rencontres était d’aboutir à des consensus sur la vision qui doit être la nôtre, quant à l’avenir de notre espace commun», a déclaré le président, avant de préciser qu’il demeurait à l’écoute de tous les citoyens.

L’évocation de la remise en place des activités du Conseil national de la démocratie s’appuie sur le fait que, selon lui, «la démocratie n’est, nulle part au monde, une œuvre achevée. Elle est au contraire une construction permanente, qui doit s’adapter au temps et à l’espace, à la culture et à la société. Notre démocratie qui est jeune, doit donc voir son fonctionnement amélioré chaque jour par un travail acharné et déterminé. A cet égard, le Conseil National de la Démocratie doit s’ériger comme un outil pertinent du dialogue politique», ajoutant que «dans le même ordre d’idées, il nous faut engager une réflexion globale sur les partis politiques, leur vie, leur fonctionnement et leur contribution effective à l’expression du suffrage universel et à la vie de la Nation».

Pour certains observateurs du champ politique gabonais, proches de la présidence, cette annonce n’est pas anodine et préfigure une profonde refonte de la loi sur les partis au Gabon. D’après eux, il y a «trop de partis politique dans notre pays qui n’ont aucune idéologie, aucun siège, aucun militants, et qui ne s’articulent qu’autour de leur président-fondateur et de quelques membres de sa familles».

«Il serait avantageux pour le pays d’avoir une telle assise pour définir les critères qui permettront de régulariser ce champ afin d’éviter les ballotages qui ont lieu de tout temps et ne suivent que des intérêts politiciens», indiquent-t-ils.

Mais si la plupart des personnes qui s’intéressent à la politique, qu’ils soient dans un camps ou un autre, reconnaissent en privé que des dizaines de partis politiques au Gabon sont factices et inutiles, voire encombrant pour la démocratie, il y a fort à parier que les choix qui seront faits, nécessairement par la majorité au pouvoir, risquent de ne pas faire l’unanimité. L’année 2013 s’annonce donc riche en polémiques, chicanes et vitupérations.

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