Face à la montée en puissance du braconnage d’éléphants dans la sous-région d’Afrique centrale et plus particulièrement au Gabon, le fonds mondial pour la nature (WWF) entend renforcer ses actions pour protéger cette espèce.

A la faveur d’une conférence de presse organisée le 18 février à Libreville, les conservateurs du WWF ont lancé une pétition internationale en vue de demander au Premier ministre Thaïlandais, Yingluck Shinawatra, dont le pays est une plaque incontournable et l’un des principaux débouchés du trafic d’ivoire, de modifier la loi et d’en interdire le commerce.

«On peut faire plus dans cette région pour combattre le braconnage. Mais il tient aussi aux populations du Gabon, du Cameroun, de la République du Congo, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, de dire aux dirigeants des pays comme la Thaïlande, que leur marché d’ivoire est inacceptable», a indiqué Bas Huijbregts, directeur de la campagne WWF de lutte contre le commerce illégal d’espèces.

«Nous sommes en train d’assister au massacre systématique du plus grand mammifère du monde. Si rien n’est fait, on ne peut exclure que de notre vivant, il n’y aura plus aucune espèce d’éléphants en Afrique centrale, comme c’est déjà le cas dans cette région avec les rhinocéros noirs et blancs», a poursuivi Bas Huijbregts, insistant que les «les peuples d’Afrique centrales ont toutes les raisons de signer cette pétition».

Une étude menée récemment par la WWF, la Wildlife Conservation Society et le gouvernement gabonais, a démontré que, depuis 2004, le braconnage a tué plus de 11 000 éléphants au Gabon dans la seule forêt du parc national de Minkebe. Sanctuaire de la plus grosse population d’éléphants de la forêt gabonaise, ce parc, soutient la WWF, compte aujourd’hui un éléphant par kilomètre carré, contre quatre il y a une décennie.

Le Gabon abriterait près de la moitié des 100 000 éléphants de forêt encore en vie dans le monde. En 2011, environ 40 tonnes d’ivoire illégal ont été saisies dans le monde, représentant des milliers d’éléphants tués. Les chiffres pour 2012 devraient être similaires, d’après le groupe de conservation Traffic.

Même si la loi thaïlandaise interdit de vendre de l’ivoire d’Afrique ou en provenance d’autres pays dans le royaume, il est cependant légal de vendre de l’ivoire prélevé sur des éléphants thaïlandais. Concrètement, il est souvent difficile d’établir avec certitude la provenance des saisies d’ivoire, et les trafiquants exploitent cette faille pour utiliser la Thaïlande comme plaque tournante de leur trafic dans la région.

24 heures après l’action du WWF, les responsables thaïlandais ont annoncé qu’il n’y aurait pas d’interdiction du commerce d’ivoire récolté dans le pays dans un avenir proche en raison des mesures qui ont déjà été prises pour enrayer le problème. «Ce n’est pas possible d’interdire tout commerce d’ivoire en ce moment. Car dans le cas des éléphants domestiqués, il est dans les droits du propriétaire de faire ce qu’il veut avec les restes d’un éléphant après sa mort», a expliqué l’environnementaliste Theerapat Prayurasiddhi.

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