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Les «suggestions» du FMI pour l’économie gabonaise

Centrale-electrique-AlenakiriConformément à l’article IV de ses statuts qui stipule que le FMI «exerce une ferme surveillance sur les politiques de change des États membres et adopte des principes spécifiques pour guider les États membres en ce qui concerne ces politiques», cette institution a rendu public, le 8 mars dernier, le rapport de sa consultation 2012. Encourageant et plein de suggestions pour l’économie gabonaise.

Le Fonds monétaire international (FMI) a publié, le 8 mars 2013, le dernier rapport de son examen régulier de l’économie du Gabon. Épais de 78 pages, le document traite des derniers développements et des défis qui attendent le pays ; des risques et perspectives ; des discussions sur les choix politiques ; des évaluations et tableaux divers comportant des indicateurs financiers, économiques et fiscaux. L’institution de Bretton Woods indique que la réalisation de cette note-pays est consécutive à des discussions menées à Libreville lors d’une mission organisée entre le 28 novembre et le 11 décembre 2012 au cours de laquelle ont été rencontrés Luc Oyoubi, ministre de l’Économie, de l’Emploi et du Développement Durable ; Christiane Rose Ossouka Raponda, ministre du Budget, des Comptes Publics et de la Fonction Publique ; Régis Immongault Tatagani, ministre de l’Industrie et des Mines, ainsi que les membres de la Commission finances de l’Assemblée nationale et un ensemble de personnalités représentatives du secteur privé, de la société civile et des donateurs du Gabon.

Rappelant que le gouvernement gabonais a lancé un programme ambitieux de réformes et d’investissements publics visant à transformer le Gabon en un pays émergent, avec une économie diversifiée, à l’horizon 2025, le rapport du FMI indique que cet objectif est réalisable à la condition que ce programme bénéficie d’une mise en œuvre efficace qui devrait gérer efficacement les risques baissiers. L’organisation fait doute là allusion à la dépendance de l’économie gabonaise vis-à-vis de sa rente minière et pétrolière soumise à la volatilité du cours international des matières premières, notamment du pétrole. D’ailleurs, au sujet de la redistribution de cette manne pétrolière et de divers autres facteurs avantageux, le FMI note qu’alors «que les conditions économiques actuelles sont favorables et le Gabon a le quatrième plus haut niveau de revenu par habitant en Afrique subsaharienne, la pauvreté et le chômage restent très répandus. Dans ce contexte, une question cruciale pour le Gabon est de savoir comment utiliser les ressources pétrolières et minérales efficacement et de manière transparente pour soutenir la croissance inclusive.»

L’institution financière internationale estime qu’en tant que membre de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), le principal outil pouvant aider les autorités gabonaises à assurer une stabilité macro-économique, est une bonne politique budgétaire. Ce qui reste difficile en raison des importants besoins de développement du pays et de sa forte dépendance à l’égard des recettes pétrolières très fluctuantes.

Selon l’institution, le Gabon a réalisé de bonnes performances économiques. Des résultats dus à un accroissement de l’investissement public, mais aussi aux bons résultats miniers, à l’industrialisation du secteur bois et à la construction qui ont stimulé, en 2010-11, une croissance de 7 % du Produit intérieur brut (PIB), même si la production pétrolière dans les champs à maturité a enregistré une tendance à la baisse. En 2012, le PIB réel devrait augmenter d’environ 6 %, avec le soutien continu de d’un important investissement public. L’inflation qui reste sous contrôle au sein de la zone Cemac, tournera autour d’une moyenne annuelle de 3%, en dépit d’une forte augmentation des prix des denrées alimentaires à la mi-2012. Les dépôts bancaires et le crédit privé ont rapidement augmenté en 2011-12, sur une base faible qui fait que les banques sont restées en surliquidité.

Si la politique budgétaire a été expansionniste depuis 2009, le solde budgétaire global pourrait enregistrer, en 2012, un déficit pour la première fois depuis 2000. Alors que les revenus du pétrole ont augmenté de 80 % entre 2009 et 2012, les dépenses publiques ont, elles, augmenté de 70 % sur la même période. Ce qui reflète l’investissement public concernant le plan de développement économique et les besoins en infrastructures pour accueillir la Coupe d’Afrique des nations. De même, les dépenses courantes ont été stimulées par une augmentation de la masse salariale et par la péréquation sur les produits pétroliers. En conséquence, le déficit non pétrolier devrait culminer à 27 % du PIB non pétrolier en 2012.

Même s’ils reconnaissent la nécessité d’accroître l’investissement et les dépenses sociales, les administrateurs du FMI n’encouragent pas moins une attitude plus prudente et un rythme mesuré de l’augmentation de l’investissement public. Il est en effet important de préserver, à moyen terme, les finances publiques et veiller à ce que les dépenses d’investissement public ne dépassent les capacités administratives et d’absorption. De même, ils ont appelé à une retenue sur la croissance de la masse salariale, la réduction des subventions ciblées, leur amélioration pour les produits pétroliers, et un élargissement de la base fiscale non pétrolière. Le FMI recommande également la poursuite des efforts visant à renforcer la planification des investissements et des capacités d’exécution, l’amélioration de la qualité des dépenses d’investissement, l’intensification de la transparence budgétaire et le renforcement de la gestion des finances publiques afin d’assurer l’utilisation efficace des ressources pétrolières.

Le FMI a par ailleurs indiqué la nécessité des réformes globales pour lever les contraintes structurelles sur la croissance inclusive et diversifiée et le développement du secteur privé, essentiel à la création d’emplois et la réduction de la pauvreté. Une attention particulière devrait être accordée à l’amélioration de l’environnement des affaires afin de stimuler l’investissement privé. De même que réformes du marché du travail et de l’éducation sont indispensables pour une meilleure adéquation de l’offre et de la demande dans le domaine de l’emploi.

Le rapport souligne l’importance de préserver la stabilité financière et l’amélioration de l’environnement institutionnel concernant l’accès au crédit. Il recommande l’achèvement de la restructuration de deux banques publiques en difficulté, qui n’ont pas été citées, ainsi que le renforcement de la réglementation et de la surveillance financière, y compris le régime de lutte contre le blanchiment d’argent.

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