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«L’esprit RTG», entrave à l’émission Pluriel

Pluriel2A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, les présentateurs gabonais de l’émission «Pluriel» se demandent toujours ce qu’advient la sanction «à titre conservatoire» qui leur a été infligée par la direction générale de la Radiotélévision gabonaise (RTG1), il y a un an déjà.

Rencontrés au hasard des pérégrinations par les reporters de Gabonreview, Dieu Donné Koumba, Gabin Atiga et Eric Chamberland Moukouama, l’esprit alerte, ont surfé sur la journée mondiale de liberté de la presse, célébrée le 3 mai et permettant d’informer l’opinion sur les atteintes à la liberté de la presse, pour revenir sur l’entrave à leur liberté d’expression à travers la suspension de l’émission qu’ils animaient sur les antennes de la première chaîne de télévision nationale. Une suspension à «titre provisoire», selon le rappel des intéressés, qui remonte à un an déjà et dont le trio relève la non-conformité avec les procédures administratives : «aucune mesure administrative élémentaire n’a été respectée vu que messieurs Dieu Donné Koumba, Gabin Atiga et Eric Chamberland Moukouama sont des fonctionnaires affectés à la direction des programmes et de la production».

La relation des faits indique en effet que la hiérarchique de Gabon Télévision n’a pas respecté la procédure idoine pour bâillonner, du moins éliminer l’émission Pluriel de la grille des programmes de la principale chaine de télévision du Gabon. «Lorsque des collaborateurs ou des agents ont commis des fautes, une demande d’explication doit d’abord leur être adressée. Ensuite, si le directeur général ou le directeur des programmes n’est pas convaincu par les arguments, qui pourraient être fallacieux, on peut passer à l’étape du conseil de discipline avant que le directeur général puisse prendre une décision. Ce qui n’a pas été le cas», a expliqué l’un des membres du trio avant d’ajouter : «voici déjà un an et on se pose la question de savoir quelle grande faute professionnelle ont bien pu commettre les présentateurs de l’émission Pluriel».

Chamberland Moukouama, Dieu Donné Koumba et Gabin Atiga relèvent par ailleurs que si l’émission n’est pas diffusée, ils continuent de bénéficier des primes de rendement. Toute chose qui les offusque d’autant plus qu’ils estiment gagner de l’argent sans le moindre effort : «Plus concrètement, depuis pratiquement un an, nous ne produisons pas mais nous percevons quand même la prime de rendement. Alors, il y a là comme un règlement de compte et on s’en rend compte finalement».

Dans ce contexte, Chamberland Moukouama et ses partenaires fustigent ce qu’ils nomment «Esprit RTG» et qu’ils définissent comme un ensemble de comportements n’ayant pour vocation que de nuire aux opérateurs de toute belle initiative qui recevrait l’assentiment des téléspectateurs et donc du peuple. «Lorsque vous sortez de la mêlée, lorsque vous arrivez à vous démarquer à travers une production qui arrive à atteindre un succès ou une renommée bien précise auprès des téléspectateurs, il y a un réseau au sein de la maison (la RTG – ndlr) qui fait tout pour vous casser», ont-ils dénoncé.

Les producteurs de Pluriel, émission qui a connu du succès, aussi bien des politiques que des citoyens lambda, se révoltent par ailleurs de ce que deux journaux (La Griffe et Le Scribouillard) très proches, selon eux, de leur directeur, David Ella Mintsa, aient contribué à putréfier le climat de travail déjà délétère. Puisque, expliquent-ils, leur photo à l’appui, l’un de ces journaux a titré en première page : «Ceux qui sabotent Ali Bongo Ondimba».

Le trio illustre le combat qui leur est livré avec leur bref passage sur la chaine satellitaire 3A Télésud qui avait accepté leur collaboration et avait même diffusé une première émission. Mais, rappellent-ils, leur directeur général est intervenu, menaçant 3A Télésud de dénoncer la convention qui lie sa structure à la télévision gabonaise implantée à Paris. L’émission a finalement été suspendue sur cette chaîne étrangère. Indiquant qu’un conseil d’administration a récemment eu lieu au sujet de la chaine nationale de télévision, l’un des membres du trio a noté : «David Ella Mintsa a été nommé directeur général intérimaire de Gabon télévision. Nous estimons que la sanction sur l’émission doit être classée dans le passif, au moment où l’on fait l’audit administratif et financier de la RTG, tout cela doit être revu, un an après».

Pour conclure, le trio fait remarquer que «le mal ne vient pas souvent de là où on croit. On pense que c’est le politique qui s’insurge. Ce n’est pas le politique. De la part du directeur général, nous nous attendions, par exemple, à la suspension ou à la mise en demeure de la rubrique interactive de Pluriel. Mais il est intervenu deux semaines après pour suspendre l’émission. Tout cela paraît un peu flou», ont-ils dénoncé.

La Journée mondiale de la liberté de la presse sert aussi à rappeler aux gouvernements la nécessité de respecter leurs engagements en faveur de la liberté de la presse. C’est un moment de réflexion sur les questions relatives à la déontologie et à la libre expression des acteurs de la scène médiatique, un moment pour soutenir les médias qui font l’objet de restrictions ou dont la liberté est muselée. Que diront donc, au sujet de Pluriel, le ministre de la Communication et le président de la République qui a convié la presse au palais présidentiel ce vendredi 3 mai ?

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