david_ella_mintsaInterviewé dans le cadre de la journée internationale de la liberté de la presse, David Ella Mintsa, l’administrateur provisoire de la principale chaine de télévision gabonaise, Gabon Télévision, est revenu sur la suspension de l’émission «Pluriel» de la grille des programmes de cette télévision.

David Ella Mintsa a en effet devisé avec les journalistes de l’hebdomadaire La Loupe du 7 mai 2013, répondant à des questions concernant particulièrement l’émission Pluriel, mais aussi la liberté de la presse dans le pays. Pour rappel, l’émission Pluriel avait été suspendue, «à titre conservatoire» des programmes de la télévision nationale, il y a an. Récemment rencontrés par Gabonreview, ses présentateurs s’étonnent de la durée de cette sanction d’autant plus qu’une mesure dite conservatoire est une disposition par laquelle, dans l’attente d’une décision définitive, une situation est suspendue afin d’assurer l’efficacité des mesures qui seront prises une fois les délais de recours passés ou les recours épuisés.

Ainsi, à la question «à quand le retour de Pluriel» dans la grille des programmes de Gabon Télévision, l’Administrateur général provisoire de cette télévision de service public indique qu’«il n’est pas en mesure d’indiquer une date pour la reprise éventuelle de l’émission Pluriel». Rétrospectif, David Ella Mintsa explique : «Je ne peux simplement vous dire qu’à la suite de la mise en demeure adressée à Gabon Télécom, par le CNC (Conseil nationale de la communication – ndlr), suite aux manquements relevés par l’instance de régulation dans l’analyse de contenu de ladite émission, j’ai demandé aux promoteurs de faire des propositions de réaménagements du cadre conceptuel de ce programme».

Et d’indiquer que «les propositions formulées par les animateurs doivent être soumises pour appréciation à la prochaine session du comité des programmes». Enfin pour clore sur cette question, David Ella Mintsa relève que «l’objectif de la chaine n’est pas d’altérer la tonalité critique qui fait le succès de tel ou tel autre programme mais de proposer des canevas de production qui garantissent la diffusion d’une information crédible et objective».

Amené à aborder la liberté de la presse et notamment pour ce qui est de savoir si «l’on peut désormais parler sans crainte à Gabon Télévision», l’administrateur de Gabon Télécom fait connaître que l’objectif de la maison est de «tendre toujours vers plus de liberté d’expression», expliquant que «La liberté est avant tout un état d’esprit, au-delà du cadre juridique […] Nous encourageons les journalistes à oser dans le traitement de l’information. Cependant, le problème qui se pose est celui de l’autocensure des journalistes. C’est pour cela que je parle de révolution au niveau de l’état d’esprit», non sans omettre souligner que le problème de la liberté d’expression ne doit pas s’arrêter aux seuls journalistes : «Il faut que les responsables politiques, notamment ceux qui ont en charge la conduite des politiques publiques acceptent de jouer le jeu».

L’année 2013 a permis de célébrer la 20e Journée mondiale de la liberté de la presse (JMLP) sous le thème «parler sans crainte : assurer la liberté d’expression dans tous les médias». A la faveur de cette date, il s’est agi, dans le monde entier, comme au Gabon, d’encourager et de développer des initiatives en faveur de la liberté de la presse mais également d’évaluer l’état de la liberté de la presse dans les pays et à travers le monde. La suspension de l’émission Pluriel est donc à ce sujet un véritable cas pratique dont le traitement et les leçons à tirer restent attendus.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here