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De cartes d’identité nationale comme s’il en pleuvait

carte-identite-FouleLe ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de l’Immigration et de la Décentralisation a surpris plus d’un citoyen ce mercredi 9 mai 2013 en incrustant dans les deux quotidiens nationaux des suppléments gratuits relatifs à la distribution des cartes nationales d’identité à travers le pays.

Ces suppléments affichent l’intitulé du ministère et invite les personnes qui ont fait des démarches pour cette pièce à la retirer à Libreville et Owendo, notamment à l’Escap, et pour l’intérieur du pays dans les commissariats de police. Sur 32 pages sont inscrits les milliers de noms des personnes appelées à venir retirer cette carte. Une initiative qui vient décanter la situation intenable de nombreux Gabonais qui croyaient être dans l’impossibilité de se faire établir ce document.

On se souvient qu’en janvier 2010, lors d’une rentrée solennelle de la Cour Constitutionnelle, le président de cette institution, Marie Madeleine Mborantsuo, avait souhaité que «la carte nationale d’identité soit délivrée sans interruption et sans entraves». Elle mettait ainsi le doigt sur une situation qui serrait de nombreux Gabonais à la gorge. Ceci du fait que la carte d’identité nationale «est indispensable à l’accomplissement de plusieurs actes de la vie civile, dont l’exercice du droit de vote». A cette époque, madame Mborantsuo souhaitait que la délivrance des carte d’identité nationale soit «généralisée, aussi bien, en milieu rural qu’en milieu urbain, de sorte que l’usage de l’acte de naissance ou du jugement supplétif ne soit plus de mise, tant pour l’inscription sur la liste électorale que pour l’accès au bureau de vote», pour ne citer que ces cas.

Aujourd’hui, alors que le débat sur la biométrie est loin de s’être estompé, le ministère de l’Intérieur prend déjà les devants du fait que les élections locales et municipales devraient, si tout se déroule normalement, se tenir au mois de novembre prochain.

De nombreux Gabonais déclarent que la délivrance de la carte est tellement compliquée que beaucoup de personnes ont décidé de ne pas chercher à la renouveler en cas de perte ou de péremption. «Il m’a fallu plus d’un an pour récupérer ma carte nationale. Chaque fois que je venais au commissariat de Nkembo, les agents me demandaient de repasser. Mon dossier a fait presque deux ans avant d’aboutir. Ça décourage de revenir la renouveler lorsqu’elle sera périmée», a relevé un jeune agent des Eaux et Forêts.

«Je ne sais pas ce qui s’est passé pour que le ministre Ndongou surprenne les gens avec cette liste dans le journal. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut absolument que les choses changent dans ce pays. C’est vrai que depuis quelques jours, on nous demande les pièces d’identité à tout bout de champ dans les contrôles. Peut-être que c’est face au grand nombre de personnes qui n’en avaient pas qu’ils se sont décidés à les délivrer», s’est interrogé un quidam dans moyen de transport en commun, tenant en main la longue liste des personnes devant récupérer leur pièce d’identité.

Le chemin de croix qu’il fallait braver pour se faire établir ce document a amené de nombreux gabonais à opter pour l’usage systématique du permis, du passeport et de l’acte de naissance. «Il faut vraiment dire que nous vivons dans notre pays comme si nous étions des étrangers. Certains agents demandent même de l’argent pour que l’on vous l’établisse rapidement. Dans le cas contraire, vous irez de rendez-vous en rendez-vous. C’est incroyable !», a ajouté le client du bus.

Les uns et les autres souhaitent que l’initiative soit pérenne et que cette opération ne soit pas «juste une initiative qui réponde à un besoin électoral comme on l’a vu par le passé».

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