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Le chemin de «Sainte-Croix» d’Olam chez les Eshiras

eshira1Après les populations du Nord du Gabon qui contestaient les projets de la multinationale singapourienne Olam, celles du sud du Gabon, notamment la communauté Eshira de Mandji, dans la province de la Ngounié, montent au créneau pour défendre un site ancestral, avec de violentes menaces à la clé.Tabouret Eshira.

Dans une note produite par les représentants de la communauté Gisir, couramment appelé Eshira, parmi les signataires de laquelle figurent Me Louis Gaston Mayila, ancien président du Conseil économique et social (CES) et président de l’Union pour la nouvelle République (UPNR), Jonas Moulenda, l’émérite journaliste du quotidien national L’union, il est déclaré que c’est avec «surprise, colère et stupéfaction» que les ressortissants de Ndolou ont trouvé des tentes dressées par les agents d’Olam sur le site de la mission Sainte-Croix des Eshiras à Mandji, chef-lieu de leur département.

Fondée le 29 juin 1895, la mission Sainte-Croix des Eshiras est un lieu fort symbolique pour les populations autochtones du département de Ndoulou : leurs grands-parents y sont enterrés ainsi que les fondateurs de la mission, parmi lesquels le célèbre Père Steinmetz. Cette mission, qui est à l’origine de la rédaction, d’un catéchisme, d’une Histoire Sainte et d’un livre de prières en langue Eshira, finira par être abandonnée au profit de la nouvelle paroisse de Mandji. Mais la zone est devenue un lieu de pèlerinage pour les populations de la localité. De plus, elle est une attraction touristique où l’on est garanti de pouvoir observer des animaux sauvages en liberté.

Le texte des représentants de la communauté Gisir adressé au directeur général d’Olam précise : «Avant que des mouvements de foule pour protester contre cette profanation ne s’organisent, nous vous demandons de leur donner des instructions à vos agents pour, que toutes affaires cessantes, ils quittent le site de Sainte-Croix des Eschiras, lieu de la mémoire du peuple Gisir».

Les signataires relèvent en outre que : «ceux qui vous ont indiqué ce site ont tout simplement oublié qu’en achetant le Gabon, vous n’avez acheté ni nos âmes, ni les mannes de nos ancêtres. Les présentes qui ne sont qu’un avertissement doivent vous amener à réfléchir et à renoncer à toutes installations en ces lieux sacrés, berceau de la civilisation du peuple Gisir».

Les signataires de cette lettre se sont également adressés à l’Eglise catholique du Gabon, propriétaire de ce site dont elle détiendrait un titre foncier. L’institution religieuse, notamment représentée par le Mgr Mathieu Madéga, évêque du diocèse de Mouila, ayant sous sa juridiction les provinces de la Ngounié et de la Nyanga, aurait également opposé une fin de non-recevoir au projet d’implantation d’Olam Gabon.

Pour montrer la fermeté de leur propos, les représentants du peuple Gisir mettent en garde la direction générale d’Olam : «Sinon ce que vous avez rencontré à Minvoul ne serait qu’un hors-d’œuvre à côté de ce que le peuple Gisir va entreprendre. S vous insistez, au lieu d’ériger des tentes et des bâtiments, creusez déjà des tombes où vous enterrerez le peuple Gisir dans son entièreté». Chaud devant !

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