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Incident sur la Commission de coopération Gabon-Guinée-Equatoriale

Affaires-etrangeresOuvertes le 10 mai à Libreville, les 5è assises de la Commission mixte de coopération Gabon-Guinée-Equatoriale se sont brutalement achevées à la suite d’une circonstance malheureuse : le vice-ministre de la sécurité nationale de la Guinée équatoriale a été retrouvé en sang devant sa chambre d’hôtel. Ce qui a laissé libre cours à une série de suppositions ayant poussé les Guinéens à rentrer chez eux illico presto.

Venu au Gabon dans le cadre des 5è assises de la Commission mixte de coopération Gabon-Guinée-Equatoriale, ouvertes le vendredi 10 mai à Libreville, le vice-ministre de la Sécurité nationale de la Guinée équatoriale, le général Nicolas Nchama Obama, a été retrouvé, le lendemain à 7h30 par une dame de ménage, gisant devant sa chambre d’hôtel au quartier La sablière. Il présentait une entaille sur le visage et une autre sur le dos de la tête.

Aussitôt conduit à la clinique El Rapha, il a été soumis, conscient, à un scanner et à un examen méticuleux qui n’aurait rien révélé de très alarmant. Les autorités gabonaises ont aussitôt saisi les services spéciaux de la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI), communément appelé Cedoc, la Police nationale et la Direction générale de la recherche (DGR) de la Gendarmerie nationale en vue de l’ouverture urgente d’une enquête. Selon une source ayant requis l’anonymat, la veille, le général Nicolas Nchama Obama aurait signifié, par téléphone, à l’une de ses connaissances à Libreville, qu’il ne se sentait pas très bien. Ce qui pourrait laisser supposer quelques antécédents médicaux dont il a pu être victime, entrainant sa chute.

Toujours est-il que deux heures plus tard, l’ambassadeur du Gabon en Guinée Equatoriale a été saisi de l’incident tandis qu’un avion médicalisé a été dépêché de Malabo pour le rapatriement du ministre Guinéen de la Sécurité nationale. Selon les diverses extrapolations recueillies, les Guinéens affirmeraient que leur ministre a été agressé par les Gabonais. On se demande donc pourquoi spécialement le vice-ministre de la sécurité nationale et non le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Agapito Mba Mokuy, qui conduisait la délégation guinéenne ou encore Gabriel Mbega Obiang Lima, ministre des Mines, de l’Industrie et de l’Énergie, également fils cadet du président de la Guinée équatoriale. De même, pourrait-on envisager la piste d’un acte crapuleux commis par un délinquant quelconque. Interrogées, toutes les sources du ministère gabonais des Affaires étrangères se sont montrées taciturnes, s’interdisant tout commentaire en attendant les conclusions de l’enquête ouverte.

Dans la même journée, un autre avion est venu chercher le reste de la délégation guinéenne et les 5è assises de la Commission mixte de coopération Gabon-Guinée-Equatoriale ont ainsi été suspendues, sinon arrêtés alors qu’elles devaient se poursuivre et se clôturer normalement ce jour-là. Co-présidées par les ministres des Affaires étrangères, Emmanuel Isozé Ngondet et Agapito Mba Akuy, ces assises devaient notamment traiter des questions juridiques, économiques, commerciales, consulaires, culturelles et sécuritaires. Selon le mot d’Emmanuel Isozé Ngondet, ministre gabonais des Affaires étrangères, à l’ouverture des travaux, les deux pays entendent conjuguer leurs efforts dans la lutte contre l’immigration clandestine et les réseaux criminels qui menacent dangereusement la paix et la sécurité dans la sous-région de l’Afrique centrale.

C’est la première fois, de l’histoire diplomatique du Gabon, qu’un tel fait soit noté sur des hôtes du pays. Les relations entre le Gabon et la Guinée-Equatoriale se sont parfois crispées du fait du différend territorial qui les oppose, depuis 1970, au sujet de l’île Mbanié, potentiellement riche en pétrole et en ressources halieutiques. Mais ceci ne saurait expliquer cela.

Cette affaire survient dans un contexte notamment marqué par l’audience accordée par le président Ali Bongo Ondimba, le mardi 7 mai dernier, au juriste suisse Nicolas Michel, conseiller spécial de l’ONU et médiateur dans ce différend frontalier.

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