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Spike Lee dans l’opération de dissuasion des Indignés du Gabon

Spike-Lee1La présence à la 2e édition du New York Forum Africa (14-16 juin 2013) du célèbre réalisateur, acteur et producteur de cinéma américain, Spike Lee, attise l’ire des acteurs de la société civile gabonaise regroupés au sein du mouvement des Indignés du Gabon, du Collectif des femmes contre les crimes rituels et du mouvement citoyen «Ça suffit comme ça».

Dans une lettre ouverte publiée le 13 mai dernier sur le site scribd.com, les acteurs de la société civile gabonaise s’interrogent sur les réelles raisons et le bien-fondé de la participation du célèbre réalisateur Spike Lee, au chapitre II du New York Forum Africa, dont les conclusions et propositions de la première édition se résument à un listing de déclarations candides, prêtant à sourire.

Selon les Indignés du Gabon, la présence de cette personnalité, aux côtés d’au moins six prix Nobels annoncés, équivaudra à cautionner le pouvoir d’Ali Bongo Ondimba ; Spike Lee étant connu pour son engagement aux côtés des minorités noires des USA, pour n’en faire qu’à sa tête et pour dire des vérités qui dérangent. «Devons-nous vous dire qu’Ali Bongo n’a pas été élu par le peuple gabonais? Devons- nous vous dire qu’il a succédé à son père, qui a régné pendant plus de quarante ans sur le Gabon, grâce au soutien d’institutions et d’une armée dirigées par des membres de sa famille ? Savez-vous que le président de la Cour constitutionnelle, c’est-à-dire le juge des élections est une maîtresse officielle du père d’Ali Bongo ? Imagineriez-vous Barack Obama nommer à la tête de la Cour suprême une maîtresse de son papa ? Votre discours, vos valeurs sont trop proches de celles de Public Enemy pour qu’elles soient solubles dans le bongoïsme. Seriez-vous en train de cautionner les oncles Tom ?», interrogent les Indignés du Gabon dans leur lettre au réalisateur de «Do The right Thing».

En invitant l’Afro-américain à relire l’histoire du Gabon afin de réaliser le risque qu’il court en termes d’image s’il venait à honorer de sa visite le New York Forum Africa, le collectif opposé au régime d’Ali Bongo Ondimba a usé de son pinceau et de ses mots pour dépeindre les réalités sociales que vivent des Gabonais : la misère ou l’insécurité à travers les crimes dits rituels, entre autres. «Nos priorités sont l’éducation, la santé, le logement et l’emploi. Ali Bongo et son gouvernement seront incapables de vous montrer leurs réalisations ne serait-ce que dans ces domaines, en plus de 3 ans de pouvoir», ont-ils indiqué avant d’exhorter Spike Lee à renoncer à prendre part à cet événement. «Nous en appelons à votre conscience, à votre humanité et vous demandons de renoncer à prendre part à cet événement qui n’est que pure opération de communication à la gloire d’Ali Bongo. Le peuple gabonais est un peuple pacifique qui serait honoré de vous accueillir chaleureusement en d’autres circonstances. Mais nous ne vous pardonnerons pas de venir vous moquer de nous en vous affichant avec Bongo et Attias. Do the right thing, Spike !», ont-ils rassuré pour conclure.

L’opération de dissuasion initiée par les Indignés du Gabon à l’endroit des invités de marque de Richard Attias vise plusieurs autres personnalités. Notamment, l’ancienne directrice générale déléguée de l’audiovisuel extérieur de la France (AEF), et deuxième femme, après Hélène Vida, à présenter le Journal de 20 heures, Christine Ockrent, qui a également eu droit à une lettre ouverte, l’ancien éminent Conseiller du président François Mitterrand, fondateur d’Action contre la faim et de Planet finance, Jacques Attali, le président du conseil d’administration de la société Hermès International et le fondateur et président de la Fondation Guerrand-Hermès pour la Paix, Simon Xavier Guerrand-Hermès.

Les membres du mouvement «Ça suffit comme ça» et des associations alliées ont promis d’organiser un nouveau «Forum national des indignés du Gabon» au moment où la manifestation de Richard Attias se tiendra du 14 au 16 juin prochain. En réponse de quoi, le principal organisateur du New York Forum Africa leur propose «de venir à une session que je modèrerai moi-même et auquel j’inviterai d’autres participants, parce que quand il y a contestation, il doit avoir débat avec des personnes qui sont peut-être pour, celles qui sont contre de ce que les uns et les autres avancent. Je propose très humblement une invitation. Plutôt de se tenir à côté, en marge, je propose qu’ils viennent débattre dans une tribune que j’organiserai, que je modèrerai moi-même pour garantir l’objectivité.»

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