DSCF7764Décidément, il ne se passe plus une semaine sans que le paysage politique gabonais n’enregistre de nouveaux rebondissements. Quelques semaines après la déclaration de candidature de Jean Eyeghe Ndong à la mairie de Libreville, seulement quelques jours après l’appel d’André Mba Obame en faveur de l’enrôlement, les cadres de l’Union nationale (UN), parti d’opposition dissous et passé à la semi-clandestinité, annoncent leur participation aux élections locales de novembre prochain.

Comme annoncée le 11 septembre dernier dans le journal Le Temps, l’assemblée générale initiée par les membres du bureau exécutif de l’Union nationale (UN) s’est tenue dans l’après-midi du jeudi 12 septembre 2013 au siège de ce parti dissout en 2010. La rencontre qui a enregistré la présence de plusieurs cadres politiques du Gabon se réclamant de l’opposition a été l’occasion pour les responsables de l’UN de faire une déclaration pour le moins surprenante. En effet, les sympathisants et militants venus en masse ont devisé avec les responsables de l’actualité politique du pays, et partant de la situation de leur parti «illégalement dissout par Jean François Ndongou», ainsi que l’on scandé plusieurs intervenants lors des échanges.

Si pour Zacharie Myboto, Jean Eyéghé Ndong, Casimir Oye Mba, Paulette Missambo et bien d’autres, présents à cette assemblée générale, il était nécessaire de rencontrer les Gabonais dont le sentiment d’abandon semblait prendre de l’ampleur, l’occasion était également venue, pour eux, de réaffirmer leur détermination dans le combat qu’ils mènent depuis 2009. A cet effet, pour coller avec la volonté d’André Mba Obame d’inciter les populations à converger massivement vers les centres d’enrôlement biométrique, les cadres de l’UN ont déclaré qu’ils seront bien présents aux élections locales de novembre prochain. Dans le but, disent-ils de «véhiculer un message offensif à l’endroit du pouvoir en place» bien qu’étant officiellement dissous.

La décision, née d’un ensemble de propositions de la part des militants et sympathisants du parti, et étudiées en séances plénière par cinq commissions de la formation politique semi-clandestine, aurait été prise conformément «a la volonté des Gabonais et Gabonais en mal de justice». Ainsi, pour Zacharie Myboto qui a dit sa certitude de remporter ces élections, «il faut aller aux élections pour ne pas laisser le terrain libre aux autres et pour lutter activement contre la fraude qu’ils préparent.» Mais la seule façon de battre «les autres» aux élections, est encore de se faire enrôler, a-t-il convenu. Pour ce faire, le président du parti dissous a déclaré devoir se battre avec ses compagnons de l’Union des forces pour l’alternance (UFA) en vue de la prorogation du délai d’enrôlement dont le ministre l’Intérieur ne semble pas vouloir entendre parler. «Ce n’est pas une demande qu’on leur adresse. Ce n’est pas un privilège pour eux, mais bien une disposition légale qu’ils se doivent de respecter», a assené Zacharie Myboto.

Cette décision de prendre part aux prochaines joutes électorales tiendra compte, estime-t-il, des dispositions électorales, et notamment à loi 016/11 du Code électoral relative à l’éligibilité ou non d’un candidat aux élections. En effet, indique le président de l’UN, les articles 5 et 46 n’interdisent pas la participation d’un citoyen, sympathisant ou militant d’un parti dissout de se présenter aux élections sous une autre bannière. Même si Casimir Oye Mba, lui, a reconnu objectivement : «Nous sommes un parti dissout, un parti clandestin en fait. Nous ne pouvons donc pas fonctionner comme un parti reconnu par le ministère de l’Intérieur. Nous nous devons alors d’agir conformément à cet état de clandestinité.»

Si pour Zacharie Myboto, la décision d’aller aux prochaines élections locales ne souffre d’aucune appréhension de la part des cinq commissions qui constituent le bureau directeur, il reste tout de même à indiquer sous quelle bannière les cadres de l’UN se présenteront aux élections

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