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Timide rentrée des classes à Libreville

rentree-classesFixée par le gouvernement gabonais pour ce lundi 23 septembre 2013, c’était effectivement le retour à l’école pour des dizaines de milliers d’élèves du primaire, des maternelles, des collèges et lycées. Le film d’une journée de rentrée scolaire presqu’ordinaire comme les autres.

Même si tout semble calme, il faut d’emblée noter que cette rentrée scolaire intervient dans un contexte social difficile pour les parents. Et l’on note que de nombreux élèves ont été absents dans leurs établissements scolaires respectifs, leurs parents n’ayant pas forcément les moyens de payer les nombreux frais nécessaires à cette rentrée des classes qui s’est effectuée très timidement.

Au petit matin de ce lundi 23 septembre 2013, on a en effet enregistré très peu d’élèves arborant les uniformes scolaires. Ceux qui ont fait le déplacement s’y sont rendus en civil en estimant qu’il ne pouvait pas y avoir de cours. «Je me disais qu’il ne devait pas avoir beaucoup d’élèves comme c’est la rentrée et qu’on ne pouvait pas commencer les cours aujourd’hui. Voilà pourquoi je suis venu en civil», a relevé un élève du lycée privée Mbélé qui a enregistré la présence de quelques dizaine d’élèves malgré la rigueur reconnu à l’établissement.

Dans ce lycée, l’heure était encore aux inscriptions et réinscriptions. Des parents retardataires venaient pour s’enquérir des modalités devant permettre le retour de leur progéniture sur les bancs. «C’est la rentrée aujourd’hui, oui on le sait. Voilà pourquoi je suis là. Je vais inscrire les enfants et avant la fin du mois j’espère que j’aurais acheté leurs fournitures», a indiqué un parent d’élèves. Ce que dit en réalité ce parent, c’est qu’il n’a pas pu économiser, entre temps, l’argent pour faire toutes ces courses.

Un peu plus loin, à l’école primaire et maternelle de Nzeng-Ayong, c’est à peine si l’on a enregistré un élève. Quelques parents s’y sont rendus pour se renseigner et inscrire leurs enfants. Pour eux, il faut attendre au moins une semaine pour que les choses en viennent à prendre le rythme normal et régulier. Ici même si l’on prône la gratuité, il n’en demeure pas moins que sont exigés des rames de papiers, du papier hygiénique et autres choses, qui alourdissent au final la facture.

Un élève habitant et fréquentant un lycée de Ntoum, à une cinquantaine de kilomètres de Libreville, s’est même surpris à se demander si c’était vraiment la journée de la rentrée des classes. Pour lui, les parents n’ont pas encore pensé à le réinscrire. «Ils ont préféré inscrire mes petits frères qui sont dans des structures privées ici à Libreville. Moi je devrais commencer un peu plus tard. Ce n’est qu’une affaire d’argent», a-t-il dit.

Si les parents se battent pour que les enfants reprennent le chemin des classes, les enseignants quant à eux, affiliés à la Convention nationale des syndicats du secteur de l’éducation (Conasysed), s’étaient réunis en assemblée générale le 21 septembre dernier. Ils ont décidé, de commun accord, à la suite de ce qu’ils considèrent comme un «manque de considération à leur endroit», de reconduire dès ce 23 septembre 2013 à partir de 07H00, sur toute l’étendue du territoire national, leur grève récemment suspendue. Une manière de faire qui ne surprend plus les autorités et certaines familles à chaque rentrée de classe. Et c’est l’une des raisons probantes de cette rentrée des classes en demi-teinte.

Le gouvernement a également sa part de responsabilités. Le ministre de l’Education nationale, Séraphin Moundounga, lors de la visite des chantiers en cours dans les établissements en vue d’offrir 400 salles de classe supplémentaires, n’avait pas caché sa colère. Les délais de livraison des travaux engagés étaient bien loin d’être respectés. Le ministre avait eu beaucoup de mal à trouver de quoi se réjouir. Les entreprises adjudicataires choisies par l’Agence nationale des grands travaux (ANGT) étaient incapables d’exécuter les travaux selon les délais établis.

Quoiqu’il en soit, jusqu’à nouvel ordre ou du moins dans l’attente d’une solution satisfaisante, la reprise des activités scolaires est loin d’être une nouvelle réjouissante pour les parents.

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