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Biométrie : après l’enrôlement, quelles conclusions ?

biometrie-gabonLe dimanche 22 septembre 2013 a été le dernier jour pour les Gabonais qui ne s’étaient pas fait enrôler pendant les 45 premiers jours requis par la loi, de s’inscrire sur les listes électorales biométriques, en attendant les prochaines élections locales et municipales du mois de novembre prochain. «Après ces moments d’intenses activités dans les centres d’enregistrement, quelle est désormais la suite ?», s’interrogent autant les potentiels électeurs que ceux qui n’ont pas pu se faire enrôler.

D’un délai de quarante-cinq jours, l’enrôlement des populations sur les listes électorales biométriques a dû être prolongé d’une semaine au regard des demandes pressantes des leaders politiques et des populations qui n’avaient pas pu effectuer cette opération dans le délai prescrit pas la loi. En le prorogeant, le vendredi 13 septembre 2013, le ministre de l’Intérieur, Jean-François Ndongou, avait indiqué avoir consulté et reçu l’aval du Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, et de la Cour constitutionnelle.

L’opération qui s’achevait le 15 septembre 2013 s’est ainsi poursuivie jusqu’au 22 du mois en cours. Et, ces derniers jours, on enregistrait des flux massifs de personnes devant les centres d’enrôlement. Il faut dire que l’affaire qui aurait pu se faire en quelques minutes, est devenue un calvaire autant pour les agents enrôleurs que pour les personnes ayant attendu ces dernières minutes. Entre la gestion de la colère des candidats à l’enrôlement et celle des pannes de machines, les agents commis à cette tâche se sont démenés pour que les choses s’achèvent tant bien que mal, même si à certains endroits l’on a frôlé l’émeute.

La vérité, c’est que la peur de ne pouvoir, désormais, entrer en possession d’une pièce d’état civil sous prétexte qu’on ne s’était pas fait enrôler, le moment opportun, s’est installée. «Le ministre aurait pu laisser les quinze jours de prorogation. Mais il n’a donné que sept jours. On est pressé pour aller où ?», s’est interrogée une jeune dame faisant la queue devant le centre d’enrôlement de l’hôtel de ville de Libreville.

La fin de ces opérations, le dimanche 22 septembre, a enregistré la plus grande ruée de cette opération vers les centres de Libreville, par des citoyens décidés à se faire enrôler malgré les longues heures d’attente imposées. Il a fallu se lever tôt et faire preuve de patience en sachant que ce jour passé, plus rien ne sera possible ; un nouveau rallongement des délais étant impossible, de même que la prochaine inscription ne devrait certainement intervenir que vers 2015, notamment à l’approche de la présidentielle de 2016.

Passé cette période qui a vu le paysage politique bouger un moment, les uns transportant les populations vers les villes et villages de l’intérieur du pays pour se faire enrôler, les autres achetant au prix fort l’inscription sur les listes, tandis que certains politiques étaient déjà en campagne (même s’il n’était officiellement que question de sensibiliser les populations sur le rôle de la biométrie), on attend maintenant du ministère de l’intérieur, la suite du programme.

«On a trop fait de bruit sur cette histoire de biométrie. On a fait peur aux gens avec son importance dans la vie de chacun de nous. On nous a dit qu’elle va stopper la fraude électorale. Maintenant qu’on nous dise exactement combien de personnes se sont fait enrôler. C’est la biométrie, donc on ne pourra dire «environ». Il faut nous donner le chiffre exact pour que nous voyons que la biométrie a commencé à améliorer les choses», a déclaré un sexagénaire, ancien enseignant à la retraite.

Au demeurant, soit par patriotisme, soit par pur orgueil ou simple calcul politique, des personnalités telles que Pierre Claver Maganga Mousavou, André Mba Obame, Séraphin Moundounga ; des regroupements politiques tels que l’Union des forces pour l’alternance (UFA), l’Union des force du changement (UFC), le collectif des partis de la Majorité républicaine, le Parti démocratique gabonais (PDG) avaient communiqué sur l’importance de l’enrôlement. Maintenant, dans les quartiers populaires de Libreville, l’on s’entend-on régulièrement demander «c’est quoi la suite ?» ou encore «quels sont les résultats ? Ceux-ci devraient être presqu’automatiques puisqu’on n’est plus dans un système électoral à comptage manuel». Combien de jours faudra-t-il, en effet, pour que Jean-François Ndongou en vienne à livrer les comptes de l’opération ?

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