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Assemblée générale de l’ONU : discours d’Ali Bongo Ondimba

ABO ONU 1-2eedcf44Voici l’intégralité de l’allocution du Chef de l’Etat Gabonais, Ali Bongo Ondimba, prononcé jeudi, au cours d’un évènement parallèle de haut niveau à l’Assemblée Générale de l’Organisation des nations Unies sur le trafic illégal de la faune et de la flore, représentant potentiellement 25 milliards de dollars par an de l’un des cinq premiers réseaux de commerce illégal au monde.

• Excellences,

• M. le secrétaire général adjoint,

• Ministres,

• Ambassadeurs,

• Représentants des ONG et de la société civile, Distingués Invités,

• Mesdames et Messieurs,

L’Allemagne et le Gabon sont honorés de votre présence à cet évènement parallèle de haut niveau sur un sujet de préoccupation commun.

Comme vous en êtes bien conscients, le trafic illégal de la faune et de la flore, de poisson, de bois de construction et autres produits à base de plantes est devenu l’un des cinq premiers réseaux de commerce illégal au monde, représentant potentiellement 25 milliards de dollars par an.

Au cours des dernières décennies, nous avons vu les gangs organisés et les réseaux criminels devenir de plus en plus agressifs dans leur quête de cornes de rhinocéros, d’ivoire et autre produits de la nature. Aujourd’hui, bon nombre de nos gardes-forestiers sont désormais engagés dans des combats armés d’un niveau équivalent à ceux observés par les forces spéciales en Afghanistan.

Le commerce illégal de la faune et de la flore déstabilise des nations entières et entrave la croissance des économies locales. Les armées rebelles négocient des cornes de rhino et de l’ivoire, et les navires pirates pillent nos pêcheries, entraînant l’insécurité en haute mer.

Ce problème concerne désormais plus que l’environnement et la biodiversité. Ce commerce illégal constitue maintenant un crime transnational et il est en passe de devenir une menace pour la paix et la sécurité sur notre continent.

C’est pourquoi ce problème mérite une attention mondiale.

Au cours de notre très récent mandat au Conseil de sécurité, le Gabon s’est grandement intéressé aux questions de crime transnational et des nouvelles menaces pesant sur la paix et la sécurité.

Nous saluons également l’Allemagne, qui a porté la question des liens entre environnement et sécurité à l’attention du Conseil. L’Allemagne et le Gabon ont récemment éveillé la conscience du Conseil concernant le problème du trafic de la faune et de la flore.

Comme je l’ai fait il y a tout juste un peu plus d’une heure dans le cadre de la Clinton Global Initiative, je souhaiterais ici demander une action concertée de la communauté internationale dans son ensemble afin de s’attaquer à ce problème. Les pays d’origine, de transit et de commercialisation doivent tous travailler ensemble.

Aucun d’entre nous ne peut résoudre ce problème tout seul – cela dépasse amplement une simple question de maintien de l’ordre national. Comme pour le trafic de drogue et la traite humaine, nous faisons face à des réseaux internationaux bien organisés.

Au nom du Gabon et de nos co-présidents, l’Allemagne, j’en appelle au Secrétaire général de l’ONU de nommer un envoyé spécial pour les crimes de la faune et de la flore, qui sera chargé de superviser la réponse mondiale à ce problème urgent.

Nous considérons que l’ONU doit jouer un rôle directeur qui pourrait se traduire par l’organisation d’une conférence mondiale, et le Gabon est disposé à accueillir un tel sommet au moment jugé importun.

Par ailleurs, une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies sur cette question pourrait être adoptée suite à un débat plénier de haut niveau.

Pendant ce temps, le Gabon collabore avec d’autres nations africaines pour développer une réponse continentale au crime de la faune et de la flore. Je remercie et salue mes frères présidents africains, pour leur participation à cet évènement.

Je m’entretiendrai avec mes collègues africains au sujet de la nécessité d’une initiative africaine de haut niveau impliquant l’Union africaine et d’autres organisations régionales.

Cette stratégie africaine devrait être supervisée par les hommes et les femmes qui se battent sur le terrain pour défendre la faune et la flore. J’ai chargé le directeur de l’Agence des parcs nationaux du Gabon de collaborer avec ses homologues à travers tout le continent afin de développer des équipes de maintien de la paix environnementale constituées des agences appropriées, et pouvant être mobilisées rapidement chaque fois qu’une crise pour la faune et la flore se développe.

Nous avons testé ce concept avec succès en Centrafrique, à la demande du président DJOTODIA, et j’ai la conviction que cette approche sera extrêmement efficace.

Merci à vous, Excellences, Mesdames et Messieurs, pour trouver le temps de discuter de cette importante question au cours de cette semaine chargée. Dans l’attente de vos opinions et d’une collaboration avec vous afin d’apporter le pouvoir de l’ONU à notre combat contre le crime de la faune et de la flore.

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