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Gabosep, pour une fosse commune en temps de paix

fosse-communeUn enterrement de plusieurs sujets Gabonais dans une fosse commune, quelque part dans un coin de la capitale ? La chose est impensable, voire impossible au Gabon, estimeront certains. Pourtant, face à l’irresponsabilité de plusieurs familles, on s’approche bel et bien de ce genre d’inhumation. La cause : l’abandon des dépouilles mortelles à la Gabosep de Libreville.

C’est de coutume au Gabon, la plupart sinon tous les enterrements sont précédés d’un séjour plus ou moins long de la dépouille mortelle dans une des sociétés de pompes funèbres que compte le pays, avant que le corps ne soit inhumé ou rapatrié vers une destination quelconque. Mais il est surtout de coutume que la plupart des enterrements soit précédée de querelles diverses au sein des familles éplorées. Soit pour déterminer le membre de la famille le mieux indiqué pour garder les cotisations prélevées, soit pour s’accuser mutuellement de la mort du défunt. Bref, tout une succession d’étapes aussi inutiles et farfelues les uns que les autres, auxquelles les décès, en Afrique et particulièrement au Gabon, donnent souvent lieu. Mais dans cette attente pour le moins pénible pour certains membres des familles, il est des entreprises qui souffrent aussi du même mal : les société de pompes funèbres, à l’instar de la Société gabonaise de sépultures (Gabosep) qui depuis plusieurs semaines menace de représailles ses clients «irresponsables».

En effet, depuis le 27 septembre dernier, la Gabosep multiplie les appels à certains de ses clients qui auraient «abandonné» le corps de leur parent dans ses box. Soucieuse de la bonne marche de ses affaires, surtout de la liste d’attente des clients s’allonge de jour en jour, la société a fait paraître, le 27 septembre, un communiqué dans le quotidien L’union. «La Société gabonaise de sépultures (Gabosep) porte à la connaissance des familles des disparus de bien vouloir identifier leur(s) corps dans un délai de 10 jours. Dépassé ce délai, il sera procédé à une inhumation à titre d’indigent dans une fosse commune», a en effet annoncé la première société de pompes funèbres gabonaise. Ce qui a laissé pantois bien d’individus dotés de bon sens et d’un infime respect pour les morts. Mais, on l’a dit, au Gabon plus rien ou presque n’étonne.

Une inhumation de plusieurs Gabonais dans une fosse commune, «à titre d’indigent» comme en temps de guerre ? C’est un peur fort, dira-t-on, pour accuser l’absence d’indulgence chez les responsables de Gabosep. Pourtant, voilà le triste et macabre dessin qui se profile à l’horizon si les familles dont certains membres décédés, il y a de nombreux mois, ne prennent pas leurs responsabilités. Mais dans cette honteuse affaire, la société a pourtant été indulgente car passé le délai des dix jours indiqués, Gabosep a renouvelé son appel à l’endroit des familles convoquées dont l’abandon des corps pour certaines, date du 23 janvier 2013 pour les plus irresponsables, et du 28 août 2013 pour l’abandon le plus récent. Un comble ! Le mercredi 2 octobre dernier, Gabosep a de nouveau réitéré son appel, sinon sa sommation, et cette fois en communiquant les noms des parents irresponsables. Le but : «pour une inhumation digne», a indiqué la société de pompes funèbres.

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