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Fête du mouton : la soudaine inflation

mouton-tabaskiLa journée du mardi 15 octobre a été décrétée fériée par le gouvernement de la République gabonaise. Elle sera consacrée à la fête dite du mouton. Cette annonce amène à l’observation d’un phénomène : le passage du simple au double du prix du bétail.

Plus qu’un jour, les musulmans du Gabon comme ceux du monde entier, vont célébrer la fête de l’Aïd El Kébir. Une commémoration qui permet aux musulmans, du moins ceux qui sont nantis, d’immoler un mouton en mémoire et en référence au sacrifice d’Abraham.

A Petit-Paris ou à Atong-Abè, lieu où la communauté musulmane de Libreville se ravitaille en bétail, notamment en mouton, la température est montée d’un cran et l’effervescence est à son comble avec des pourparlers qui n’en finissent plus. Les marchands ont ostensiblement gonflé les prix des animaux. Ce qui complique inéluctablement les choses aux musulmans de la capitale gabonaise.

D’animal à peine visible en temps normal, le mouton est devenu, le temps de cette fête, l’objet de vives controverses entre membres de cette communauté religieuse qui estiment en grande partie que faire cette fête sans viande du mouton est impensable. Et l’on discute, on marchande longuement sur le prix d’un animal dont la moyenne peut s’élever à 200.000 francs. «C’est difficile, mais on finit toujours par s’entendre sur le prix», a lâché un commerçant de mouton à Petit-Paris qui explique cette inflation par le fait que chaque commerçant fixe lui-même le prix de sa marchandise. Toute chose qui puise ses fondements dans l’absence d’un cadre réglementaire concernant ce commerce. «On fait venir les moutons du Cameroun, du Niger, du Tchad et même du Congo. On en élève très peu au Gabon. Le commerçant doit rentrer dans ses fonds», a expliqué un autre commerçant malien pour justifier cette subite montée des prix. Le mouton, selon les commerçants, serait plus cher cette année que l’an dernier. La hausse des prix des produits n’épargne pas ce commerce, relèvent-ils.

Et un potentiel acheteur de renchérir : «les Imam doivent monter au créneaux pour attirer l’attention des vendeurs des moutons sur le fait que l’Islam leur recommande aussi de faciliter l’acquisition du mouton aux musulmans qui ont un peu de moyens afin qu’ils puissent accomplir le sacrifice».

Une chose est certaine, en cette veille de la fête du mouton, les vendeurs de mouton se frottent les mains. C’est l’occasion pour eux de réaliser les meilleurs chiffres d’affaires de l’année. «Des familles se réunissent pour se cotiser afin d’acheter un mouton qu’elles vont se partager ensuite. Personnes ne veut rater sa fête dans ce cas précis», a relevé un sympathisant de l’islam qui appréciait l’acharnement de certains à retourner chez eux avec un mouton, malgré leurs modestes moyens.

La religion islamique est minoritaire au Gabon. Les pratiquants envoisinent 1% de la population gabonaise estimée à 1,5 millions d’habitants. 90% des musulmans du Gabon, des migrants venus d’autres régions du continent et du monde entier, vivent particulièrement à Libreville.

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