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Zacharie Myboto : la vérité si je mens !

Myboto-ZacharieDans un récent entretien accordé aux journalistes du groupe de presse «Pyramid Media», Zacharie Myboto, chef de file de l’Union nationale, le fameux parti dissous, est revenu sur son parcours au sein du PDG, ses anciennes fonctions au gouvernement, sa rupture avec le système et son avenir politique. Il décline sa part de vérité comme pour demander de prouver le contraire s’il venait à mentir. Morceaux choisis.

Vingt-trois ans après s’être investi aux côtés d’Omar Bongo, Zacharie Myboto, ancien cadre du Parti démocratique gabonais (PDG), claque la porte avec fracas en 2001. L’homme qui, à l’époque s’est dit outragé, s’est alors retourné contre le parti au pouvoir en fondant, en 2005 l’Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD), un parti d’Opposition dont la déconvenue aux élections présidentielles anticipées de 2009, entre autres, a poussé à se réunir autour de l’Union nationale dans le but de mener, avec notamment des partis politiques tels le Mouvement africain pour le développement (MAD) et le Rassemblement national des républicains (RNR), le combat commun pour l’alternance.

De la fracture avec le PDG et la démission du gouvernement

Après avoir travaillé au service de la nation en intégrant, dès le 4 février 1978, le gouvernement sous l’invitation du défunt Chef de l’Etat, Omar Bongo, Zacharie Myboto démissionne 23 ans après, sous fond d’accusation diverses de la part de plusieurs personnalités. La cause : un ensemble d’«intrigues dirigées contre sa personne, avec pour prétexte, le mauvais état du réseau routier». Une injustice, mal vécue par l’ancien membre du gouvernement qui dit s’être pourtant investit dans la mise en pratique de plusieurs projets en rapport, aussi bien avec le domaine de la communication que dans la construction de nombreuses infrastructures. A cet effet, a-t-il expliqué : «A deux reprises, j’ai demandé, sans succès, de quitter le gouvernement en 1990 et après l’élection présidentielle de 1998. Il y a des personnalités encore vivantes qui le savent. Le 11 janvier 2001, j’ai démissionné et vous avez certainement le souvenir du retentissement qu’a eu cette démission au plan national et international. Ayant donc occupé toutes ces fonctions, bien sûr avec des hauts et des bas, il est normal que je sois au devant de la scène dans mon pays comme à l’extérieur. Ceci est valable pour moi comme pour toute autre personne arrivée à un certain niveau de responsabilités dans la société. C’est tout aussi vrai que l’exercice de ces fonctions donnant droit à rémunération et avantages liés réguliers a produit des effets positifs dans le cours de ma vie.»

Pourtant, «en citoyen patriote, responsable, conscient du degré de confiance placée en moi, ai-je donné le meilleur de moi-même dans l’exercice, avec honneur, intégrité, loyauté et fidélité, de ces fonctions. Le fait pour le Président Omar Bongo, en toute liberté, de m’avoir confirmé, des années durant à ces postes de responsabilités, même parfois contre ma volonté, prouve bien sa satisfaction dans ma manière de servir», a confié Myboto pour justifier sa nouvelle position. Une position que l’enseignant de formation a d’ailleurs clairement assumée et déclarée dans son livre intitulé «J’assume» paru en 2005. Pour l’auteur de l’ouvrage, il n’y a pas lieu de nier son implication dans la gestion du Gabon pendant le règne d’Omar Bongo. Pour lui, il s’agit d’assumer aussi bien les erreurs, les échecs que les succès. «J’assume, avec les autres, la responsabilité collective des actes posés et des décisions prises tant au gouvernement qu’au parti ; j’assume ma responsabilité individuelle dans l’action que j’ai menée au sein du gouvernement et du parti ; j’assume l’esprit et le contenu de ce livre ; j’assume la rupture avec le pouvoir auquel j’ai appartenu», a-t-il répété.

L’UGDD et l’UN…

Accusé de tous les péchés d’Israël, et surtout de nombreux détournements de fonds en plus d’avoir contribué à détruire le réseau routier national, en raison des travaux, alors qu’il avait la charge des Travaux publics, jugés insatisfaisants par certains de ses adversaires, Zacharie Myboto quitte le gouvernement, s’impose un temps de silence avant de créer quatre années après son propre parti politique. Il raconte : «J’ai créé un parti, l’Union Gabonaise pour la Démocratie et le Développement (UGDD) le 30 avril 2005 ; j’ai décidé de m’opposer au Pouvoir que j’ai quitté ; j’ai été candidat et l’UGDD a présenté des candidats de l’Opposition à plusieurs élections de 2005 à 2009. Ma posture aussi bien dans mon comportement que dans mon discours est constante et conforme à mon engagement pour l’alternance démocratique. […] J’ai été persécuté après ma démission du gouvernement et la création de l’UGDD : injures publiques, médisance, filatures, tentatives d’assassinat, tout y est passé. Des articles de presse mensongers, vils, reflet de la nature douteuse de leurs auteurs ont été de la partie et continuent toujours leur travail éhonté de destruction. Peine perdue»

Pour Myboto, ses ambitions étaient nobles : «Je fonde l’UGDD, avec pour idéal et pour objectif «le progrès pour le Gabon». Parti politique de l’Opposition, il doit mener le combat pour l’avènement de l’alternance démocratique dans notre pays. Les gabonaises et gabonais y adhèrent massivement. Je parcours le territoire national pour confirmer la nécessité de mener ce combat.» Mais aujourd’hui, avec la dissolution de l’ex-UN pour des raisons jugées «injustes et iniques», le leader politique s’est rallié à l’Union des forces pour l’alternance (UFA) dans le but de mieux appréhender les combats politiques à venir tel que celui des prochaines élections locales du 23 novembre 2013.

Les élections locales de novembre 2013

Présentées par Zacharie Myboto comme un tournant décisif pour l’Opposition gabonaise, ces élections «sont d’une importance capitale pour le développement équitable et équilibré de notre pays». Ainsi, estime-t-il, «pour l’Opposition et singulièrement pour l’UFA, il faut des élections libres, transparentes, justes et crédibles organisées avec des listes électorales biométriques fiables, établies dans le respect strict des consensus et recommandations de la classe politique. Ainsi tout le monde ira aux élections avec les mêmes chances au départ. Le Gabon aura de ce fait des conseils municipaux et départementaux régulièrement élus. Ce sera un pas important vers notre objectif d’alternance démocratique.»

En prenant part aux prochaines élections locales, en compagnie de ses alliés, le leader politique perçoit une possibilité de développer les mairies et les différentes régions du pays «grâce à des ressources financières clairement définies dans différents textes de lois dont notamment la nouvelle loi organique sur la Décentralisation. Cette loi votée fin 2011, modifie la loi organique 15/96 du 6 juin 1996 et prévoit un fonds de péréquation des collectivités locales pour l’investissement public, fonds dont l’alimentation, sur ma proposition, a été arrêtée à 10% du Budget général de l’Etat. Ce taux retenu d’abord par l’Assemblée Nationale puis par le Sénat devait permettre aux collectivités locales, en fonction de leur classification, d’avoir une enveloppe budgétaire conséquente pour l’Investissement. C’est dommage qu’à la demande du Chef de l’Etat, le Sénat, lors de l’examen de cette loi organique en deuxième lecture, à défaut de maintenir ce taux de 10% querellé concernant le prélèvement d’office opéré sur le budget général de l’Etat chaque année, n’ait même pas fixé un taux inférieur de ce prélèvement dans la loi organique laissant au pouvoir exécutif le soin de le faire annuellement dans la Loi de finances.»

Mais, juge-t-il, «si cette disposition qui n’est pas contraignante pour le Pouvoir Exécutif est votée en termes identiques par l’Assemblée Nationale, il faut d’ores et déjà considérer que la Décentralisation tant attendue sera encore un échec dans ses objectifs majeurs, réduisant les Collectivités locales à jouer toujours les seconds rôles où, par exemple, pour réparer la toiture d’une école ou d’un dispensaire, il faudra encore recourir au Ministre de l’Education Nationale ou à celui de la Santé Publique. A cette allure, on continuera à faire du surplace à défaut de régresser. L’argument développé dernièrement par le Ministre de l’Intérieur devant la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale pour justifier le rejet de cette disposition en s’appuyant sur la spécificité des ressources d’emprunt qu’il suffit de ne pas prendre en compte ne convainc pas. Cette disposition, j’insiste, a le mérite de permettre une répartition équitable de la richesse nationale au niveau de la base. Il faut la faire aboutir.»

De la conférence nationale

Revenant sur la question de l’organisation de la Conférence nationale souveraine à laquelle ont aspiré plusieurs partis politiques se réclamant de l’Opposition et certains membres de la société civile, le responsable de la clandestine UN, a déclaré aux journalistes de Pyramid Media : « Vous êtes d’accord avec moi qu’il ne sert à rien d’occulter la vérité, de la tronquer, de la triturer, de l’ignorer, de l’enterrer car elle sera toujours là, présente, invaincue inaltérable et s’imposera à nous. La vérité aujourd’hui est que le Gabon est en crise morale, politique, économique, sociale et culturelle. Pour y mettre un terme, il faut que les gabonaises et gabonais s’assoient, se parlent librement et en toute responsabilité, trouvent les solutions idoines, s’engagent ensemble à les mettre en œuvre et parviennent à le faire. En taisant tout ego au profit du patriotisme de chacun, la voie à emprunter est celle d’une grande rencontre entre les forces vives de la nation sous la forme d’une Conférence Nationale Souveraine qu’on peut appeler autrement, le plus important étant le fond. Le Pouvoir a tort de ne pas y accéder. L’entêtement forcené conduit vers l’inconnu.»

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