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Alphonse Mabounda, 73 ans, mort et abandonné

bicoque-librevilleAbandonné par sa famille depuis des mois, un homme de 73 ans environ a trouvé la mort, la semaine dernière, dans la baraque qui lui servait d’habitation au quartier populaire Belle-Vue 2 de Libreville. Le corps en putréfaction depuis plus d’une semaine a été découvert par les habitants du quartier, le 11 octobre dernier, sans qu’aucun membre de la famille ne se soit présenté sur les lieux du sinistre.

Jonas Moulenda, le célèbre spécialiste Gabonais du fait divers, a annoncé, sur sa page Facebook le 15 octobre 2013, cette bien triste affaire. Reprise, commentée et vérifiée par les riverains du quartier Belle-Vue 2 qui n’avaient pas eu échos de la malheureuse affaire, la découverte de la dépouille d’un homme âgé de 73 ans, en état de décomposition avancée a surpris de nombreuses personnes. L’homme, vraisemblablement abandonné par sa famille, aurait succombé des suites d’une maladie dont ne se seraient pas doutés les riverains du quartier qui, au demeurant, ne s’étaient pas plus inquiété de la disparition de l’homme que de l’état de sa demeure. Au Gabon, c’est «chacun pour soi et Dieu pour tous», comme qui dirait. Les valeurs de solidarité, de reconnaissance et d’entraide se sont éclipsées il y a bien longtemps déjà.

Ainsi, le défunt Alphonse Mabounda dont le corps en putréfaction «traîne» depuis plus d’une semaine à Belle-Vue 2, aurait vécu comme un paria, abandonné, rejeté aussi bien sa propre famille que par son pays, notamment les responsables en charge de l’amélioration des conditions de vie des personnes âgées. Ni ses enfants ni même l’Etat ne lui seraient venus en aide et le septuagénaire aurait, jusqu’à son décès, vécu reclus dans une baraque chancelante en matériaux de récupération. Une situation dans laquelle vivent malheureusement nombre de Gabonais et notamment plusieurs Librevillois en mal d’habitation.

« Le corps est déjà enflé. S’il reste encore un jour de plus, il explosera», se serait inquiété un des riverains ayant découvert le corps sans vie du septuagénaire, ainsi que le rapporte Jonas Moulenda. Et Bruno Ben Moubamba de l’Union du peuple gabonais (UPG) de s’interroger : «Comment peut-on laisser des êtres humains vivre et mourir dans de telles conditions ? Comment pouvons-nous accepter tout ceci ? Comment ceux qui gouvernent le Gabon peuvent-ils dormir en paix face à cette vie invivable des populations ? Où donc est passée l’empathie nécessaire à la gouvernance réaliste ?» On ne saurait parler ici de récupération politique de la malheureuse affaire par le secrétaire politique en charge de la communication à l’UPG. Sans doute horrifié, l’internaute natif qu’est Ben Moubamba n’a-t-il laissé éclater que ses émotions. Il n’en demeure pas moins que face à la situation vécue par le défunt Mabounda, des questions et des nombreuses inquiétudes ont fait ou refait surface.

De plus, le journaliste rapporte qu’une maison de pompes funèbres aurait été appelée par les riverains de Belle-Vue 2, mais que jusqu’alors la dépouille du septuagénaire n’aurait pas été prise en charge par celle-ci, le fils du vieil homme étant injoignable depuis la macabre découverte. Les riverains impuissants, pensent finalement à «déposer la dépouille sur la voie publique pour attirer l’attention des autorités». Ainsi va la «modernité» au Gabon !

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