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Méditation Philologique sur la solennité avec laquelle le peuple KEMIT et le peuple EKANG ont parlé du Très-Haut…

Le Pr. Grégoire Biyogo
Le Pr. Grégoire Biyogo
Par Le Shemsu Maât Grégoire Biyogo, égyptologue, précurseur de la philologie historique et comparée.

PROLOGUE

Peuple nilotique comme tous les peuples négro-africains, les Ekang ont vécu dans les dynasties des Saou, des Kara, et surtout à Akhet-Aton, la ville sainte du Fara Akhenatona, le prodigieux Shemsu Rê de la XVIIIème dynastie… qui était ivre du Très Haut. C’est là qu’explosent leur génie plastique – dont les survivances se lisent dans la géométrie du reliquaire du Bière… dans son astronomie, dans sa mathématique, sa géographie, son organisation sociale et ses institutions, sa conception des sciences et de la philosophie. Mais le plus frappant, comme nous l’allons voir « hic et nunc » c’est l’héritage théologique kamite de ce peuple.

I-DE L’ISOMORPHISME PHILOSOPHIQUE DE LA NOTION D’ATON KEMIT-EKANG.

1-Que le Fara Akhenatona ait établit que le Très Haut ne se pouvait représenter, voilà le legs phénoménal que Les Ekang ont gardé, en préservant aujourd’hui encore ce précepte. Il a pensé le Très Haut sur le mode énergétique du transbordement de la solarisation et l’a nommé ITON, ATON. Prenons le soin d’expliquer que ce n’est pas le soleil que la Fara adore, mais l’énergie divine qui se propage dans le disque solaire et qui en révèle la toute puissance, l’universalité, la prodigalité universelle. Les Ekang disent également ATON, pour désigner le Disque solaire, la rotondité du Bouton solaire, et de manière générale, le Disque, le bouton se disent ATON, dans la langue ékang, comme en Medu Netjer. L’Aton de Kémèt est identique à l’ATON des Ekang.

2-Allons plus loin, dans la comparaison philologique, pour Kémet, c’est le Très Haut qui a tout crée, qui a façonné le Monde, l’Univers. Et le verbe qui dit cette chose est chez Kémit KM ( créer). Les Ekang ont conservé en l’état ce verbe, qui disent eux-aussi KOM pour CREER. Les Ekang disent que c’est NTI qui a créé le Monde = « NTI é gne Anga KOM éning ». Au demeurant, Le substantif Nti désigne chez Kémit comme chez ékang l’homme, les Ekang y ajoutent la distinction, la distinction suprême, le Très Haut lui-même..

3-La notion de NTR (dieu) elle-même a été conservée par Ekang qui nomme précisément ainsi le Créateur NTARE avec la même racine consonantique (NTR), du verbe TARE (originer, créer, commencer), ATAREGA ( l’origine, le commencement). Comme dans le verbe TI (originer, créer, commencer) qui se substantive en NTI (le Bâtisseur de la vie, principe des principes, le Créateur), ou le verbe Tare qui lui, se substantive en NTARE (L’Etre suprême, celui qui est à l’origine de toute chose, le Créateur). Comme dans le verbe KOM (créer, originer, façonner) qui se substantive en NKOM (le Créateur)…

4-Allons plus loin encore pour expliquer pourquoi le peuple Ekang a gardé l’idée kamite consistant à se désigner comme la Terre des dieux ( TA NETEROU)… le peuple consacré à Dieu…fait de dieux, de Seigneurs.
Or, le nom le plus authentique du peuple ékang Be- NTI, les (Be) et Nti ( Bâtisseurs, seigneurs). Kémit est bien la Terre des Ekang, qui, venus de la « Terre des dieux, des seigneurs », ont gardé cette om originaire sous leur appellation première de Bâtisseurs, Fondateurs, de Seigneurs. Be-Nti est devenu avec la chute de la nasalisation Beti : les Bâtisseurs, les Fondateurs, les Seigneurs.

5-Et ce n’est pas par hasard que le KM (kem, kmu, kémi) de Kémèt dit le charbon, le brûlé, cela qui est noir, authentique, solaire est attesté et identique chez Ekang pour qui KM (Kem) signifie très exactement les restes charbonnés de la marmite, cela qui est brûlé, qui est noir-cendre… Les langues ékang et le Medu Ntr sont une seule et même langue… laquelle prie Dieu.

II-AU MATIN DE L’ADORATION DANS LA CIVILISATION KEMIT-EKANG

1-D’abord la désignation prodigieuse de l’Eternel sous le nom de OUÂ (W’) en terre Kamite pour dire l’Un, l’Unique, Dieu. Terme attesté par les Ekang, lesquels disent très exactement OUÂ OUÂ pour désigner LE Très Haut et qui signifie « Toi l’Un, Toi l’Unique, l’Incomparable, toi l’Unique et encore Unique, d’où le redoublement du mot) : Unique est l’Unique. Les Ekang disent encore WONE NTÔ = C’est toi l’Antérieur, l’Aîné, l’Un, l’Unique. Le Suprême.

2-Côté Kémit, on sait que le prêtre SEM officie dans les Sanctuaires les Cérémonies les plus sacrées et adore Dieu. L’Ekang a conservé ce lexème SEME signifie vénérer, adorer le Très Haut. La suite des prêtres, de ceux qui prient ou l’idée de Réunion, d’assemblée se traduisent en égyptien ancien par SEMA. Là aussi, L’Ekang a conservé le terme et l’idée, en nasalisant NSAMA = la Réunion, le Regroupement, l’Assembleé…Le verbe SAM désigne e fait de tendre les Mains ( vers le Très Haut exactement comme le prêtre Sem ou le Fara Akhenatona en priant le Très Haut.
D’où aussi le verbe faraonique WO (W) qui signifie lever, se lever, idée de désignation du lieu où se lève le Soleil et de lever les Mains vers cette direction pour adorer le Très Haut, que l’ékang a gardée en nommant EWONDO, l’un des sous-groupes Ekang qui désigne « ceux du Levant »…lesquels habitent très justement le Centre-Ouest du Cameroun.

3-ATUNE est l’un des verbes en égyptien ancien que Kemit utilise pour dire honorer, vénérer le Très Haut. Les Ekang l’ont préservé, qui disent ATUNE : honorer, vénérer Le Très Haut, s’Humilier face au Très Haut…

4-Allons plus haut encore pour élucider le sens des mots kémites par les langues négro-africaines, ici l’ékang. Ce qui a caractérisé le Fara Akhenatona c’est son ivresse Du Très Haut, d’où le terme ATON qu’il a choisi pour désigner le Très Haut. Pour comprendre la profondeur de ce qui se cache derrière ce terme, le recours à au verbe ékang ATÔN s’impose que l’on utilise lorsque l’initié, pour avoir trop consommé l’écorce sacrée est comme ivre, les Maîtres disent que sa tête tourne, alors il doit aller comme le fou, le grand initié aux Mystères, en fuite dans la forêt pour entendre les Mystères dont il entend la musique, la trompette (TONG). Il cherche en lui le premier Homme, l’Adam originel qu’Ekang nomme TÔM. Ainsi d’EYO’O lui-même qui, ivre de sagesse, a parlé étone pendant l’Amata : les Etones eux-mêmes sont de grands Initiés, ivres d’Eyo’o…

5-ATUM faraonique désigne le Démiurge, le Dieu antogène de qui procèdent tous les Neterou… lequel éclot selon la théologie d’Iumu dans l’étendue liquide originelle du Noun. Issu du terme TEM, le « non-encore existant », qui porte l’origine et la fin », qui signifie à la fois la complétude et l’incomplétude : la complétude qui procède de l’incomplétude = ici nous sommes devant l’Affirmation antithétique qui tire le Manifesté du Non encore Manifesté, la Manifestation du Non Manifesté. Là est le plus difficile problème philosophique et théologique de tous les temps, comment Cela – Celui – qui est complet peut-il sortir de l’état d’Incomplétude. Pour la première fois de l’histoire de la théologie et de la philosophie, Le Shemsu Maât va résoudre ce paradoxe antithétique des origines : c’est que ATUM bien qu’émané du Noun n’en est pas antérieur. Il est antérieur à tout, qu’il précède et porte à la fois. Puisqu’il a lui-même tout créé, et que lui-même est incréé, sans origine ni fin, le Noun est le voile des possibles qui annonce sa venue à la Manifestation, constitutif du Noun, son habitacle voilé, où il a vécu sous forme de somnolence, sans Forme, avant de se Manifester et de manifester ses possibles.

III-LE MIRACLE DES MIRACLES DE LA SURVIVANCE ATONIENNE CHEZ EKANG : EYO’O..

1-Aton réfère au feu solaire, à l’incandescence du Disque solaire, à l’énergie irradiée du Très Haut, unique en sa Hauteur. On observera l’isomorphisme frappant de la formation philologique du mot ékang EYO’O par quoi les Ekang désignent le Très Haut de YO (en Haut, très Haut par sa position). Il réfère aussi à l’incandescence solaire, du terme adjectival et verbal AYONG (cela qui est chaud, incandescent, cela qui s’allume, qui s’illumine, brûler avec puissance).

2-ATUM le Dieu antogène est Aton chez le Fara Akhenatona. Avec Ekang, l’on peut comprendre cette énigme : c’est que le verbe ATÔM réfère au vocabulaire astronomique et solaire et signifie Iriser, Resplendir en dégageant des rayons rougeâtres, rouges vifs, c’est aussi le fait de prendre les couleurs de l’Arc-en-ciel. Dans le Mvet on dit que Ntoutoume Mfoulou possède ce don d’irisation, lors grands combats, le grand Initié légataire du Mvett, Oyone Ada Ngone lui-même jouissait de ce don après son face-à-face avec EYO’O. Avant de combattre, il priait, puis tout irisait, la foudre tombait et il pouvait comme l’arc-en-ciel traverser les obstacles et les énigmes. Les Grands Invincibles d’Engong – les Ancêtres cosmiques du Clan Evine Ekang – eux-mêmes tiennent une chaîne nébuleuse qui irradie des rayons infra rouges et irise, laquelle est imparable… Lorsqu’ils interviennent dans les Combats Cyclopéens que les Mortels mènent contre leur descendance immortelle, c’est que le Prêtre Angoung Bere Otsé a prié, les a invoqués. Lors, ils propulsent la chaîne nébuleuse arroseuse de feu divin imparable…Celle que tiennent les Ancêtres cosmiques qui siègent dans l’Amenti d’Eyo’o.

3-AMON en égyptien ancien l’hypostase désignant le Ntjr inconnaissable, l’Inconnaissable, le « Caché » comme l’Est EYO’O, le Sans Forme, le Caché, les Maîtres du Mvett ékang des Ekang disent que personne ne le connaît, personne ne l’a jamais vu. Du verbe ékang Amön, désigne le fait de marcher sur la pointe des pieds en se cachant, en étant invisible, et de se déplacer en se cachant, en étant invisible. C’est ainsi qu’Ekang s’est déplacé dans l’Amara/Amata (L’Exode) qui l’a conduit de Kamèt en Afrique Centrale. Courir, marcher en se cachant, en étant invisible, là est le secret des Enfants d’Afiri Kara durant les longues Migrations Nord-Sud… Lorsque au cœur de cette Amata, Ekang allait faire la rencontre avec EYO’O lui-même, et que la harpe Mvett va lui être donnée lors du Coma D’Oyono Ada Ngone pour transcender les contingences de la pénétration de la Forêt équatoriale…

4-Le principal verbe faraonique qui signifie adorer est celui de SM (Sume, seme), que l’ékang a conservé en l’état : SEME (SM), adorer, vénérer (Le Miséricordieux).

5-SOUÂB (Sw’b), se dit chez Kémèt nettoyer, purifier. La langue ékang a conservé en l’état ce mot SWÂB (savon, nettoyer, purifier). D’où aussi le prêtre purificateur OUAB (W3b) et l’ékang, de dire OUAB pour nettoyer, laver, purifier, purger avant l’initiation… prêtre purificateur. De là enfin le nom de celui qui est purifié, celui qui brille, le véritable, l’authentique qui désigne aussi tous les Ekang, en tant qu’il s’agit du nom du premier fils d’Afiri Kara : FANG. Du verbe faraonique Fa : briller, s’élever (dans le Ciel) comme l’Aton. L’ékang dit aussi Fa : briller, resplendir dans le Ciel (très exactement au sujet de l’Aton). FEFE : cela qui resplendit, MFANGA : le Bijou qui resplendi de sa splendeur. Le Mot MFANG nomme l’Absolu qui illumine, l’Authentique feu. MFEFE : cela qui est neuf et qui brille, cela qui est parfait, la nouveauté qui re-naît, la RENAISSANCE ! D’où le NEFER kamite = cela qui est parfait, Celui qui est parfait… et à quoi aspire le FARA ( le mot se dit dans les deux langues et désigne le Guide spirituel et politique) chez Kamit-ékang.

POUR NE PAS CONCLURE

1-Le Shemsu Maât tient la Torche solaire (TQA) se met maintenant à prier (DOUA, dw3) maintenant pour que les Rayons (MAWTOU) d’Eyo’o descendent sur Terre, sur son peuple et sur tous les peuples, tout l’Univers… Il sait que la prière profonde est dans la langue de chaque peuple qui prie le Très Haut…

2-Il sait que rien de Grand et d’Eternel n’a jamais pu se construire et , reconstruire un peuple, une Histoire, sans être connecté au divin Trône (ASE). La Renaissance en tant que Terre d’Eternité (TA NT NHH) va d’abord s’écrire (HAB) par la Prière du Très Haut. Celui que cherchent tous les NKOMANE (les Initiés). Celui que cherche, chante et prie la Harpe Mvett. Le Mvett cherche la sagesse d’Eyo’o. Les Mvettologue recherchent la sapience ( science et sagesse) d’Eyo. La Harpe cherche celui qui a tout engendré, créé (Tü en ékang comme en langue faraonique). Et dont seuls les Enfants du Soleil contemplent la splendeur bleutée. Seuls les Intiés contemplent le Soleil Noir qui illuminent l’UNIVERS.

3-Il sait que le Medu Netjer désigne la Parole divine, la langage divin, et qu’il est donc question de perfection, de véridiction, de sapience de la Mesure et de la justice. De profondeur. Et donc de Sébayita.

4-Diop a amené la physique et la linguistique au fondement de l’analyse, le Shemsu Maât amène la philologie historique et comparée (ELARBIKANG, ELARMEDZO, ELARMEYILI) la science contemporaine de la Renaissance des définitions et des significations nouvelles du Monde. Cette science ajoute aux deux Commandements de Wsjrê, du Messiah un troisième Commandement (HOU) : Prier le Père (Path chez Kémit, Tah chez Ekang) pour ressusciter les Morts.

5-Louer (AWAU) celui qui est de part en part Saint (DSR), pour produire dans l’Histoire la Norme absente (MAAT) dans nos Lois, nos choix, nos échanges, nos Accords, nos sciences…Descendre par la Prière jusqu’à la Source ( QERTI) solaire qui PAR Sa Main, a tout élevé (QAI).
Réveille mon peuple qui est plongé dans le Sommeil (QDD), Sors-le de sa longue Nuit (DAW) et crée en lui l’Eveil des Suivants du Miséricordieux. Que ses lèvres psalmodient sans cesse des prières, qu’ils se remettent à LOUER (AWAU) pour qu’éclose l’Age d’Or (REK NEBOU) de la Renaissance (UHEM MESUT).Ce qui est (NTJ) passe par ce qui n’est pas encore (JWTT) et qui vient du Très Haut…

Université panafricaine Uhem Mesut, texte n° 110.

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