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Affaire Franck Aliko : suite et fin

Franck-AlikoL’affaire avait fait grand bruit à Libreville, son caractère insolite l’ayant sorti des sphères secrètes entretenues par certaines personnalités gabonaises. Elle mettait aux prises Franck Aliko, un homme d’affaires franco-ivoirien, et l’ANGT qui l’accusait d’escroquerie dans une transaction compliquée. Un récent communiqué supposé être du ministère gabonais de la Justice y revient et donne ses conclusions.

Les faits remontent à 2011, alors que l’homme d’affaires franco-ivoirien Franck Aliko collaborait avec l’Agence nationale des grands travaux (ANGT) qui l’avait chargé de l’acquisition d’autocars pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN) organisée par le Gabon et la Guinée Equatoriale en 2012. Confiant et certain de sa capacité à mener à bien le projet, l’ancien directeur général de l’ANGT, Henri Ohayon, avait chargé Franck Aliko de trouver des bus conformément à la demande du Comité d’organisation de l’évènement (COCAN). Franck Aliko avait répondu prestement en contactant plusieurs fabricants tels que la filiale brésilienne Ibizar, mais les Brésiliens considérant l’Etat gabonais comme un «mauvais payeur», avaient alors refusé le marché et Aliko se serait vu obligé de recourir à un intermédiaire sous la pression, dit-on, d’Henri Ohayon. C’est ainsi qu’apparaît dans l’affaire son ami Arnold Bah de la société AEB Optimum qui, dès le mois d’août 2011, reçoit de la part de l’ANGT la moitié de la somme conclue directement avec le DG de l’agence et son directeur des contrats, Tony Rayan, selon des sources proches du dossier.

Si jusque-là, l’arrestation, le 1er décembre 2011 de Franck Aliko par les agents des forces de police gabonaise peut sembler floue et injustifiable pour certains, il est donc nécessaire de rappeler que les déboires du jeunes franco-ivoirien proviennent essentiellement de son amitié avec Arnol Bah et notamment du fait d’un conflit d’intérêt dans le dossier relatif à l’achat des autocars.

En effet, un récent communiqué circulant par e-mails et censé provenir du ministère gabonais de la Justice indique qu’il a été établi que «M. Franck Aliko avait dissimulé à son employeur qu’il entretenait des relations avec M. Arnol Bah, à qui il communiquait des informations confidentielles sur des dossiers et projets relatifs à l’Etat.» En outre, «il est apparu que finalement M. Franck Aliko n’ait pas effectué la mise en concurrence obligatoire des différents fabricants d’autocars, faisant plutôt croire que la seule société susceptible de fabriquer et de livrer ces véhicules dans les délais était la société AEB, bien que celle-ci n’avait jamais réalisé de marché de cette importance. Il est démontré ainsi que M. Franck Aliko et M. Arnol Bah avaient en fin de compte intercalé la société AEB Optimum pour surfacturer le marché d’achat des autocars d’une somme de 2.000.000 euros.» Toute chose qui porte à penser à une subtile filouterie que le juge d’instruction Gabonais aurait mise à jour grâce à un nombre d’emails que les deux «complices» s’échangeaient.

Face à cet «ensemble de malversations et mensonges», le Justice gabonaise, selon le communiqué de son ministère de tutelle, a condamné le jeune homme d’affaires à 5 ans de prison ferme pour «complicité d’escroquerie au préjudice de l’Etat gabonais» ainsi qu’au remboursement de la somme de 1.973.073.000 francs CFA au titre des somme dissipées en complicité de la société AEB Optimum.

A cet effet, le communiqué indique que lors du procès, il a formellement été démontré que l’accusé avait usé de sa position et des nombreuses informations qu’il détenait au sein de l’ANGT pour privilégier son ami Arnol Bah dans le dossier lié au marché d’acquisition des bus de la CAN 2012. Mais pour de nombreuses personnes, l’affaires laisse encore quelques zones d’ombre, et notamment en ce qui relève de la véritable responsabilité de l’ancien DG de l’ANGT qui aurait été au fait des relations des deux hommes, dès le début. Qu’à cela ne tienne, l’on rapporte que Franck Aliko qui est incarcéré à la prison centrale de Libreville, ne souhaite pas faire appel de la sentence, mais sa double nationalité pourrait se révéler bien utile pour s’extirper des rudes conditions de détention de «Sans Famille».

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