Eyeghe-Ekomi-Accusé par un assassin d’être le commanditaire d’un crime sur une fille de 12 ans, Gabriel Eyéghé Ekomié, sénateur du Komo-Kango pour le compte du PDG, est connu pour ne pas être un enfant de chœur. Il vient de se fendre d’un droit de réponse à Echos du Nord. Contours et petit rappel de ses agissements dans le genre.

Sous le titre «Gabriel Eyéghé Ekomié en proie aux faux marabouts en prison», Gabonreview s’appuyant sur un article paru le 17 juillet 2013, dans l’hebdomadaire Echos du Nord, relatait une affaire d’escroquerie dont aurait été victime le sénateur Gabriel Eyéghé Ekomié, incarcéré à la prison centrale de Libreville pour avoir été cité dans un homicide. Ce lundi 18 novembre dans le même journal, le sénateur a usé de son droit de réponse et parle de «grossiers mensonges» quant aux marabouts qui l’auraient grugé en prison.

Le sénateur du Komo-Kango, indexé devant la Cour criminelle spéciale de Libreville, le 8 mai 2012, comme le commanditaire de l’assassinat d’une fillette de 12 ans, aurait été, selon l’article aujourd’hui incriminé, victime de marabouts nigérians rencontrés en prison. Ceux-ci lui auraient promis d’échapper à la justice s’il leur payait 5 millions de francs CFA. On écrivait alors que le sénateur aurait, dans un premier temps déboursé 2,5 millions francs CFA avant de se rendre compte qu’il avait été victime de vendeurs d’illusion qui, eux même, n’arrivaient pas quitter la prison où ils croupissaient longtemps avant lui.

Donnant enfin suite à l’article d’Echos du Nord relatant ces tribulations, Gabriel Eyéghé Ekomié soutient qu’il «n’est qu’un tissu de grossiers mensonges». Le sénateur déchu atteste et interroge après quoi : «je n’ai jamais rencontré de ma vie un sujet nigérian au nom d’Igwé ; votre article ne porte pas de signature ou le nom de l’auteur. C’est un manque de sérieux et de crédibilité pour votre journal ; vous parler de mon épouse ? Polygame que je suis, il s’agit de laquelle ?». Au terme du laconique droit de réponse, le prisonnier annonce qu’il va porter plainte, par une citation directe, au journal Echos du Nord afin que les preuves des allégations formulées lui soient apportées.

Le sénateur du Komo-Kango pour le compte du PDG est connu pour exciper assez souvent des droits de réponse. En mai 2012, par exemple, il avait publié un droit de réponse aux journaux L’Union et Le Mbandja dans lequel il assurait n’avoir découvert son accusateur qu’à la télévision, s’était étendu sur la présomption d’innocence et avait décortiqué le mobile du crime et son mode opératoire. L’homme a donc l’habitude des plaidoyers pro domo.

L’hebdomadaire La Griffe indiquait qu’alors qu’il était député, Eyéghé Ekomié s’était fait remarquer comme un tribaliste n’acceptant pas qu’un Nzébi de l’Alliance démocratique et républicaine (Adere) vienne se porter candidat dans sa circonscription électorale sans en être un autochtone. Le «Ndzébi en pays fang» fut pris en chasse par Gabriel Eyéghé Ekomié et ses partisans. Il fut passé à tabac et s’en tira avec «quelques fractures à la jambe et au bras et des contusions multiples». Le sénateur poursuivi en justice remporta, en 1996, son élection à la députation au second tour, contre Ipédissy, le fameux Nzébi.

L’épilogue de son droit de réponse de cette semaine à Echos du Nord est l’occasion pour lui de s’adresser à ses détracteurs. «Pourquoi tant d’acharnement sur ma personnes ? », interroge-t-il avant de déclarer : «vous avez réussi m’envoyer en prison, et, vous poussez le bouchon plus loin car votre objectif est de précipiter ma mort».

Un tantinet ironique, l’hebdomadaire le plus vendu du Gabon s’est contenté de se réjouir d’avoir «fait œuvre utile en permettant au sénateur d’avoir une tribune pour s’adresser à ses «détracteurs»».

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here