recensement2Prévu pour s’achever le week-end écoulé, l’opération de Recensement général de la population et du logement (RGPL) se poursuivra vraisemblablement jusqu’à la fin de la semaine en cours. Objectif : tenter de rattraper les manquements enregistrés depuis le début de l’opération. Ce qui amène la question de la fiabilité des résultats dudit recensement.

Alors que l’opération de Recensement général de la population et du logement (RGPL) prenait officiellement fin le week-end écoulé, il semble que la Direction nationale du recensement ait décidé de prolonger de quelques jours. Mais face aux difficultés rencontrées par les agents recenseurs sur le terrain, donnant notamment lieu à des centaines de défections le 4 novembre dernier, et face aux nombreuses falsifications visibles sur certaines fiches de recensement, l’on s’interroge désormais sur la fiabilité des résultats au terme de l’opération dont Thierry Francis Tiwinot a la charge.

En effet, pour s’être rapproché de plusieurs agents recenseurs, il apparaît que rien ne va (ou du moins presque rien) depuis le lancement de cette opération du recensement. La capitale gabonaise qui constitue, mieux que Port-Gentil, Franceville ou toute autre grande ville du pays, l’un des points les plus importants pour cette opération est pourtant la seule dans laquelle les agents recenseurs semblent avoir le plus de difficultés. Ainsi, entre les promesses d’achat de matériels et d’outils nécessaires au travail des agents et l’absence de plusieurs responsables de groupes et de secteurs, le recensement à Libreville, pour le moins qu’on puisse dire, est déjà biaisé.

Des agents rapportent que les «fameux» outils de travail (bottes, imperméables, sacs, etc.) en provenance de Dubaï ne leur ont jamais été transmis jusqu’à ce jour. Et certains, par conscience morale, semble-t-il, ont pris sur eux l’initiative de poursuivre leur travail bien que leur contrat avec la direction générale du recensement est quasiment à son terme. «Même les fiches de recensement sont difficiles à avoir, certains jours», rapporte une dame, agent recenseur dans la zone des Charbonnages et Bas de Gué-Gué au 1er arrondissement de Libreville. En cause, l’absentéisme d’un des responsables chargé de fournir les fiches aux agents. Pire, «à cause des pluies et de l’inaccessibilité des zones comme Diba-Diba, mon ami est obligé de remplir lui-même les fiches chez lui», ajoute-t-elle. Une attitude qui fausse donc les résultats qui découleront cette opération, puisque certains agents recenseurs, en raison des engagements non tenus, inventeraient des informations (identités des recensés, qualités de vie, nombre d’habitants, etc.) et corrompraient donc des données.

Pourtant, les autorités en charges de l’opération annonçaient dès son démarrage un contrôle strict et un meilleur traitement des agents recenseurs. Or, mis à part quelques individus ayant perçu le tiers de leur salaire comme promis en début du mois par le directeur général du recensement, Thierry Francis Tiwinot, certains agents sont toujours en attente de cette partie de salaire, quand tout le reste réclame déjà le paiement intégral de celui-ci, conformément au contrat.

Le Recensement général de la population et du logement risque donc de s’achever à Libreville sans que des dispositions aient véritablement été prises en vue de la réussite de l’opération. Et dire qu’il s’agit là d’une opération n’intervenant que tous les dix ans. L’on s’interroge enfin sur la réelle préparation des autorités avant le lancement du processus.

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