file-d-attente-voteSur 579 637 électeurs enregistrés, c’est un peu plus de 400 000 Gabonais qui, selon les estimations, ont convergé vers les bureaux de vote le samedi 14 décembre 2013, en vue d’accomplir leur devoir civique. Une participation massive qui en a étonné plus d’un et qui a, semble-t-il, définitivement trancher avec le boycott et l’abstention habituels.

Les Gabonais ne sont plus fâchés avec les élections. Tel est le constat fait dans la journée du samedi 14 décembre dernier. De Libreville à l’intérieur du pays, de nombreux individus ont convergé vers les 2 438 bureaux de vote disposés à travers le pays, en vue d’apporter leurs suffrages aux quelques 524 listes électorales en lice pour les élections des membres des conseils départementaux et municipaux. Selon des estimations, il s’agirait de 400 000 Gabonais environ (si ce n’est plus) qui ont déposé leur bulletin dans les urnes. Un geste que bien peu de compatriotes avaient accompli depuis de nombreuses années, à cause du sentiment de déni et de mise à l’écart dont ils se plaignaient au terme de chaque élection politique.

Cette année, la donne a été différente au regard de l’affluence constatée dans les différents centres électoraux du pays. Une participation massive d’électeurs qui n’est pas pour déplaire au Parti démocratique gabonais (PDG), trop longtemps accusé de naviguer seul sur l’échiquier politique nationale. Ceci, en partie à cause des nombreux appels au boycott dont il a fait objet lors des dernières consultations électorales. Celle de 2011 en particulier. Le samedi 14 décembre 2013, marquera donc pour le parti présidentiel une sorte de renouveau, mieux une victoire face au taux d’abstention élevé dont il a souffert ces dernières années.

Ce regain d’intérêt des Gabonais pour le vote s’est notamment illustré dans la province de la Nyanga, à Tchibanga de forte belle manière. En effet, c’est sous une pluie battante que les quelques 4000 électeurs ont tenu à exprimer leur choix en bravant la nature pour se rendre dans les 15 bureaux de vote ouverts à cet effet. Ainsi, visiblement conscients que leurs voix comptent (ou pourraient désormais compter), les Gabonais se sont, semble-t-il, réconcilié avec les bulletins de vote qu’ils avaient en horreur, bien que de nombreux doutes subsistent encore dans l’esprit de certains d’entre eux. Dans certains centres du Haut-Ogooué et du Woleu-Ntem par exemple, l’on a même dû repousser l’heure de fermeture des bureaux de vote, afin de permettre à tous les électeurs d’accomplir leur devoir.

Pour de nombreux électeurs, l’affluence serait due à la promesse gouvernementale de faire de cette élection l’une des plus transparentes et des plus fiables grâce à la biométrie. Le fait que leur visage apparaisse désormais à côté de leur nom, pour nombre de votants, constitue une certaine amélioration du processus électoral en République gabonaise. Pour certains observateurs, l’appel des leaders de l’opposition, notamment d’André Mba Obame qui a présenté ce scrutin comme un test avant celui de 2016, y est également pour quelque chose.

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