Guy-Christian-Mavioga2Deux semaines après le scrutin des municipales et départementales, Guy-Christian Mavioga du Bloc démocratique chrétien (BDC), parti politique de la Majorité républicaine pour l’Emergence (MRE), ne décolère pas. Pour cause, des actes fraudes auraient occasionné la défaite de certaines de ses listes, notamment dans le 5è et 6è arrondissement de Libreville. Et des preuves, il en a, soutient-il.

Le Bloc démocratique chrétien (BDC), malgré des alliances plus fantaisistes que véritablement porteuses dans certaines localités, s’est adjugé, lors du scrutin du 14 décembre dernier, l’un des scores les moins probants depuis sa création. Ce qui amène à s’interroger sur son apport au sein de la Majorité dont il se targue d’être l’un des piliers. En effet, contrairement à la perception et au jugement de plusieurs observateurs suite à la déconvenue infligée aux listes de cette formation politique dans plusieurs localités à travers le Gabon, pour son secrétaire exécutif, Guy-Christian Mavioga, le BDC joue et continuera de jouer un rôle «primordial» au sein du MRE. D’autant plus, estime-t-on au BDC, que le peuple se sent plus proche des valeurs de cette formation politique que de celles d’autres partis. En témoigne certains résultats : « Nous avons désormais huit élus locaux dont trois dans la province de l’Estuaire et cinq dans le Woleu-Ntem », s’enorgueillit Guy-Christian Mavioga, lors de son récent point de presse.

Huit élus locaux sur l’ensemble du pays au terme du dernier scrutin, c’est énorme lorsqu’on ignore que l’indépendant Jean Christophe Owono Nguema, par exemple, s’est arrogé 11 conseillers dans le seul 2è arrondissement d’Oyem, qu’un autre indépendant littéralement inconnu jusque-là, Lucien Florentin Ozouaki, est revenu avec 9 conseillers sur le seul 5è arrondissement de Libreville ou encore que le Centre des libéraux réformateurs (CLR), également membre de la MRE, a gagné 42 conseillers à Libreville seulement. Le BDC en voulait certes plus, et des individus mal intentionnés lui auraient privé de ce plaisir extrême : d’abord, sur la vingtaine de listes présentées, seulement 11 ont été retenues. Ensuite, ses listes du 5è et 6è arrondissement sur lesquelles le secrétaire exécutif portait de vifs espoirs, ont été selon ce dernier, victimes de fraude de la part des adversaires et du non respect de certaines normes légales. En effet, les 6,60% et 3,63% obtenus respectivement dans les deux circonscriptions seraient le fait de magouilles. Pour ce qui est du 1,22% et du 1,13% engrangés au 1er et au 3è arrondissement, motus et bouche cousue. Curieux, tout de même !

Pour le BDC, il s’agit de porter au plus haut cette affaire. Au cours d’une récente sortie, les têtes de liste Anna Claudine Mavioga née Ayo, au demeurant compagne de Guy-Christian Mavioga, et Lebongo Dieudonné, ont dit leur intention de saisir la Cour constitutionnelle en vue de l’annulation du scrutin du 14 décembre 2013 pour cause d’irrégularités. Des anomalies constatés, selon eux au 5è et 6è arrondissements de Libreville à travers le non respect des articles 108 et 128 (ordonnance 004/2006 du 6 et 22 août 2006), 53 (ordonnance 005/PR/2002 du 14 août 2002), 129 (loi n° 018/2005 du 6 octobre 2005 et des articles 140, 142, 143 (loi n° 10/98 du 10 juillet 1998). Bref, une flopée de réglementations légales dont le non-respect serait responsable de la défaite du BDC. Et qui mettraient en cause la victoire de ses propres alliés (PDG et CLR) de la Majorité dans ces circonscriptions. Quel gâchis !

De plus, s’interroge-t-on : les mêmes irrégularités auraient-elles été constatées à Mouila et dans toutes les localités de la Ngounié où les listes présentées par Guy-Christian Mavioga himself (5,01%) et les siens ont subit une déculottée monumentale ? Certainement. Mais, là n’est pas la question. Tout se concentre à Libreville et notamment au 5è et 6è arrondissements. D’autant plus que Lalala était «entièrement» dévoué au BDC, à en croire des responsables de ce parti, le regard pointé vers Canal Espoir, propriété du secrétaire exécutif. L’on reste pourtant suspendu à la décision de la Cour constitutionnelle qui interviendra dans les prochains jours. Qui a dit que les membres du MRE étaient tous de petits plaisantins ?

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