Un officier de sécurité congolais sécurise la zone près de la télévision RTNC, prise d'assaut plus tôt dans la matinée, le 30 décembre 2013, à Kinshasa. (Photo Stringer. Reuters)
Un officier de sécurité congolais sécurise la zone près de la télévision RTNC, prise d’assaut plus tôt dans la matinée, le 30 décembre 2013, à Kinshasa. (Photo Stringer. Reuters)
L’aéroport de Kinshasa est à l’arrêt après l’attaque survenue le matin. 52 «terroristes» auraient été tués et 39 capturés selon des sources officielles.

Plus de 70 assaillants ont été tués lundi dans des attaques qui ont ciblé principalement Kinshasa et Lubumbashi, la deuxième ville de la République démocratique du Congo, a-t-on appris lundi soir de source officielle. «Ca s’est alourdit. Plus de 70 assaillants ont été tués, dont une cinquantaine à Kinshasa. Trois de nos éléments (de l’armée) ont été tués à Kinshasa, et on compte deux blessés civils à Ndjili», a déclaré Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.

Dans la soirée, des sources officielles ont également confirmé la mort de 52 «terroristes» et la capture de 39 autres.Le ministre de la Défense de la République démocratique du Congo, Alexandre Luba Ntambo, a déclaré lundi que l’armée contrôle «totalement» la situation. «Nous avons totalement la situation en mains. Maintenant la question est de savoir qui sont ces assaillants», a déclaré Luba Ntambo à des journalistes lors d’une visite sur les sites ciblés par les attaques à Kinshasa.

Dans un premier bilan, il avait fait état de 40 assaillants tués à Kinshasa.Mende a souligné qu’un bilan plus précis serait communiqué mardi «le temps de compiler les données» des trois villes qui ont été attaquées: Kinshasa, Lubumbashi, capitale de la riche province du Katanga (Sud-Est), et Kindu, capitale de la province du Maniema (Est).

Dans la journée, toutes les compagnies aériennes avaient suspendu leurs vols nationaux et internationaux depuis l’aéroport international de Ndjili, à Kinshasa, après les tirs de la matinée. Les agences Immoaf et Congo Travel Services ont précisé que leur décision était liée à «l’insécurité» dans la zone de l’aéroport, où des assaillants ont fait irruption dans la matinée, provoquant une intervention des forces de sécurité.

Dans l’après-midi, des corps gisaient encore sur le tarmac et la route principale de l’aéroport. Depuis les tirs, aucun avion n’a décollé ou atterri à Ndjili, et plusieurs bureaux sont restés fermés, selon ce journaliste. En fin d’après-midi, la circulation revenait doucement à la normale sur la route de l’aéroport, où les activités reprenaient également, mais aucun passager n’était visible.

Le pouvoir qui de son côté, ne fait état d’aucune victimes civiles, a indiqué que le bilan était lourd dans les rangs des assaillants à Kinshasa, qui se réclament d’un opposant à Kabila, le pasteur Joseph Mukungubila Mutombo, candidat malheureux à la présidentielle de 2006. «Il y en a eu 16 qui sont tombés à l’aéroport, huit qui sont tombés à la RTNC (Radio-Télévision Nationale Congolaise) et 16 à l’état-major général. Il n’y a aucune victime civile rapportée, et aucune victime parmi les forces de sécurité», a déclaré Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.

Un journaliste de l’AFP a néanmoins dénombré 24 corps à l’aéroport Ndjili à Kinshasa. Selon lui, les victimes étaient toutes en tenue civile et étaient âgées d’une vingtaine d’années. Des habitants se sont par ailleurs livrés à des mutilations sur le corps de victimes, prélevant leur sexe, vraisemblablement à des fins mystiques.

PRISE D’OTAGES À LA TÉLÉVISION

A Kinshasa, où la majorité de la population vit dans une misère criante, vient de tourner la page sur les célébrations de Noël, la journée de lundi a commencé par une prise d’otages inédite à la RTNC, située près du Palais du Peuple, le parlement congolais. «Ce sont des gens armés avec des machettes et des armes, ils ont pris en otage des journalistes. Une opération est en cours pour les déloger. Ils ont déjà été cernés», a déclaré le colonel Mwana Mputu, en charge de la communication de la police.

Plusieurs dizaines de jeunes auraient forcé l’entrée de la RTNC. Avant la coupure du signal, des images montraient les deux jeunes présentateurs de l’émission en cours, «Le Panier»: ils étaient assis, effrayés mais calmes, avec derrière eux un jeune homme menaçant.L’un des assaillants a demandé en lingala, langue la plus parlée à Kinshasa, que les journalistes lisent un message de «Mukungubila», qu’il a qualifié de «libérateur».Après la prise d’otages à la RTNC, des tirs ont éclaté à l’aéroport international de Ndjili, dans le nord-est de la ville.

Plusieurs sources ont cependant affirmé que les attaques ne sont pas simplement le fait de jeunes, mais seraient également liées à la nomination d’un nouveau chef à la tête de la police.

LE NOUVEAU CHEF DE LA POLICE DÉCRIÉ

Un observateur de la politique congolaise a pour sa part assuré que «une frange des policiers, surtout des Katangais, ne sont pas contents de la nomination de Bisengimana à la tête de la police».

Samedi, une ordonnance présidentielle a fait du général Charles Bisengimana le remplaçant officiel du général John Numbi, un Katangais mis en cause dans l’assassinat en 2010 de Floribert Chebeya, un militant des droits de l’Homme reconnu. Il avait dans la foulée été suspendu de ses fonctions et le général Bisengimana assurait depuis l’intérim.

Dans la journée, le gouvernement a appellé les Kinois à reprendre leurs activités normales, en leur demandant de ne pas s’inquiéter du renforcement des mesures de sécurité dans les rues.

Un calme précaire régnait à Kinshasa, où des tirs étaient encore entendus en fin d’après-midi, et à Lubumbashi, où un important dispositif sécuritaire a également été déployé.

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