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Administration publique : Suppression momentané des fonds communs

"La dernière chose à faire est de penser à la prochaine élection" assure Ali Bongo Ondimba. © Ludovic/ReaLe président Ali Bongo Ondimba qui recevait, le 18 février, les leaders de la classe politique gabonaise, a décidé de suspendre le paiement des fonds communs aux fonctionnaires de l’État qui en bénéficiaient. Il entend inciter les responsables administratifs et le gouvernement à proposer une réforme, plus juste, du système de rémunération qui devra récompenser l’effort de solidarité national.

Estimé être le seul moyen efficace de pression sur les responsables administratifs en général et sur le gouvernement en particulier, accusés de freiner sinon de bloquer la réforme du système de rémunération au Gabon, demandé par Ali Bongo depuis un moment, celui-ci s’est senti obligé de recourir à la manière forte pour obtenir la mise en application de ses instructions.

Ainsi, le 18 février 2014, lors de la deuxième phase de présentation, aux acteurs politiques de la majorité et de l’opposition, du rapport de stratégie de lutte contre la pauvreté au Gabon, le président a décidé de suspendre «le versement de tous les fonds communs» afin que les administrations compétentes et le gouvernement s’activent à proposer la réforme attendue. Selon Ali Bongo Ondimba, cette mesure forte qui, ne passera pas sans faire des mécontents dans la grande famille des fonctionnaires Gabonais, participerait de la volonté de lutter efficacement contre les inégalités dans le traitement des agents de l’État.

Il est, en effet, établi que les fonctionnaires de certains ministères du Gabon, notamment les régies financières, perçoivent chaque trimestre un bonus communément appelé «fonds communs». Attribuées aux ayants droit sans critères préalablement établis, ces sommes d’argent perçues comme un mérite pour certains, étaient souvent objet de récrimination pour ceux qui s’estimaient être lésés.

«Les fonds communs et les primes diverses concernent ceux qui dans les administrations ont déjà un salaire, mais que dire de ceux qui nombreux n’ont pas d’emploi donc pas de salaire? Que dire de ceux qui, à diplôme égal, ont des rémunérations jusqu’à quatre fois inférieures à leurs collègues fonctionnaires dans les régies financières?» a fustigé Ali Bongo Ondimba.

Loin de méconnaître la spécificité de certaines fonctions dans l’administration gabonaise, il s’agit pour Ali Bongo Ondimba d’introduire plus de justice et d’équité dans la nouvelle stratégie managériale des agents de l’État. Mais également de trouver des mécanismes et des ressources additionnelles pour financer les efforts de solidarité nationale. «On en peut pas continuer à faire pour les uns sans penser à ceux qui n’ont rien et qui serve pourtant un même État et qui malheureusement se retrouvent les pieds dans l’eau et enclavés dans des habitations insalubres et qui ont du mal à se soigner ou scolariser leurs enfants», a-t-il condamné.

Et de mettre en garde tous contrevenants qui seraient tentés de torpiller son action, «il nous faut donc et absolument organiser notre système de rémunération afin d’introduire plus de justice. C’est pourquoi je mets en garde ceux qui dans l’administration seraient tentés de naviguer à contre-courant et de bloquer cette réforme». Un avertissement solennel.

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