Camelia-NtoutoumeParmi les communications livrées au séminaire gouvernemental de Franceville, du 23 au 25 février, le thème de la «méthode de travail gouvernemental», plus précisément la «communication de l’action gouvernementale : constat de carence et présentation des outils de communication», aura retenu l’attention. L’économie de cette problématique décortiquée par Mme Leclercq Ntoutoume, conseiller à la Primature.

Naturellement, le thème de la «communication de l’action gouvernementale : constat de carence et présentation des outils de communication» aura retenu l’attention des reporters présents au séminaire gouvernemental de Franceville du fait que le travail des journalistes, notamment la récolte de l’information au niveau des cabinets ministériels relève cde la gageure, pour ne pas dire du chemin de croix. Mais encore, l’action gouvernementale est bien souvent mal connue des populations ou seulement perçue à travers le prisme déformant du vide causé par les carences d’un manque de connivence entre les conseillers en communication et les représentants des médias.

Dans ce contexte, l’exposé de Mme Leclercq-Ntoutoume, conseiller adjoint à la Primature, a consisté à partir des carences, des imperfections, de l’absence de cadre juridique régissant justement cette activité qui intègre l’action gouvernementale, pour présenter les voies et moyens pouvant permettre à la communication gouvernementale de jouer pleinement son rôle d’éclaireur et de guide.

La conférencière a rappelé que la «communication gouvernementale est essentielle pour l’ensemble des démarches institutionnelles qu’engage le Gouvernement pour assurer l’élaboration, la portée, la compréhension et l’acceptation de ses choix ainsi que de son action auprès de l’ensemble des citoyens et de ses partenaires». Cette activité a donc pour finalité l’échange et le partage d’informations d’utilité publique ainsi que le maintien du lien social; tout en portant autant sur la transmission d’un message politique que sur la position du Gouvernement face à un événement.

Selon Mme Leclercq-Ntoutoume l’enjeu actuel est de faire en sorte que la communication gouvernementale «s’intègre dans une démarche réformatrice de l’administration pour augmenter l’efficience des actions du Gouvernement». De même, l’on doit amener à un changement dans l’attitude et/ou le comportement des publics concernés afin que la communication puisse valablement accompagner les changements dans la société.

Toutes choses qui supposent alors que l’on devrait faciliter l’accès à l’information sur les mesures et dispositifs gouvernementaux ; assurer la gestion efficace et la bonne coordination des actions de communication et faire en sorte que celles-ci répondent aux divers besoins d’information du public ; légitimer l’action publique ; développer une éthique de la communication publique (Signature de la Charte des Communicateurs publics) ; créer un écosystème de la communication publique ; fixer le cadre légal (texte instituant la création de la Direction de l’Information Gouvernementale (DIG) ; rendre opérationnelles les Directions centrales de la communication dans les ministères ; assurer une coordination entre les acteurs politiques et techniques, entre autres.

Des préconisations qui seraient une bonne thérapie aux carences, observables à souhait, qui plombent la bonne perception, par le public, de l’action gouvernementale. Camélia Leclercq Ntoutoume a ainsi relevé l’absence d’un cadre réglementaire pour institutionnaliser la communication gouvernementale (DIG) ; l’absence d’une culture du résultat en matière de communication, le manque de cohérence, d’harmonisation et de stratégie commune pour la communication gouvernementale, tout comme elle a relevé que le profil des Conseillers en communication (essentiellement des journalistes, plus aptes à être des conseillers presse), est bien souvent inadéquate.

80% des Conseillers en communication sont essentiellement, selon l’estimation de la conférencière, des journalistes de formation et méconnaissent le rôle, les missions et les outils indispensables au Conseiller en Communication. Toute chose qui induit parfois le mélange des rôles entre le Conseiller en communication et l’attaché de presse, de même que la difficulté pour établir une frontière entre la communication institutionnelle et politique.

L’exposé de Mme Leclercq Ntoutoume a donc permis au chef de l’Etat, au Premier ministre et aux membres de gouvernement de réaliser que ces carences entrainent l’incompréhension sur les enjeux en matière de communication, l’investissement restreint en communication (humain et matériel), la cacophonie des messages du Gouvernement, le désintérêt pour la communication gouvernementale, ainsi que le manque de visibilité et de lisibilité de l’action du Gouvernement.

Aussi, face à la volonté des décideurs d’avoir désormais une bonne communication, et au regard des faiblesses tant au niveau des ressources humaines que des moyens alloués à cette activité, l’exposant a recommandé de placer le citoyen au cœur de la communication publique ; d’assurer la cohérence externe et interne de cette communication ; la création de la Direction de l’information gouvernementale avec quatre services. Au final, entre autres perspectives, madame Leclercq Ntoutoume a préconisé la tenue d’un forum et séminaire sur la communication gouvernementale avant de clore sa présentation en déclarant qu’il faut désormais «penser la communication en terme de service public».

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