mbagui-mounandiLes Responsables des forêts et de la faune de Mamfé (Sud Ouest Cameroun), ont arrêté cinq personnes pour détention, circulation et commercialisation illégales des trophées d’espèces fauniques intégralement protégées.

L’arrestation qui a eu lieu le 14 Juillet 2014 a été réalisée au cours de leur tentative de commercialisation des ossements d’éléphants et de chimpanzés à Mamfé à l’occasion de deux opérations coup de poing effectuées par les agents de la Délégation Départementale des Forêts et de la Faune de la Manyu travaillant en collaboration avec la Gendarmerie.

Une ONG de protection de la faune appelé LAGA a fourni une assistance technique lors des opérations. Le premier groupe de trafiquants a été arrêté aux environs de 8 h 30 et 30 minutes plus tard, un second groupe constitué de trois trafiquants a été appréhendé à 500 mètres environ du lieu d’arrestation du premier groupe.

L’affaire contre ces cinq présumés trafiquants s’est ouverte au Tribunal de Première Instance de Mamfé le 18 Juillet 2014 et renvoyée au 8 Août 2014, tous les cinq ont comparu devant le Tribunal.

Les 6 présumés trafiquants qui avaient transporté les ossements de deux localités proches de Mamfé sont soupçonnés avoir acheté ces trophées aux braconniers aux alentours du parc national de Korup où un éléphant avait été récemment abattu. Selon FORTINDONG Ferdinand, le conservateur du parc, “Le 12 [Juin 2014], nous avions des informations qu’un éléphant avait été abattu, nous avons passé deux jours à essayer de trouver où l’éléphant avait été tué, mais nous n’avons malheureusement pas pu”.

Conformément aux dispositions de la loi faunique de 1994, toute personne trouvée en possession de tout ou partie d’une espèce intégralement protégée est réputée avoir tué l’animal et est passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 3 ans et ou une amende pouvant aller jusqu’à 10 millions de francs CFA.

La région du Sud Ouest est considérée comme l’une des principales portes de sortie dont se servent les trafiquants qui, par la contrebande évacuent les produits fauniques de la sous-région d’Afrique centrale vers l’Afrique de l’Ouest. Mamfé qui est la porte d’entrée au Nigeria est juste l’un des points de sortie dans une région qui connaît de nombreux cas de braconnage et de trafic en raison de l’importance capitale du Nigeria qui est une zone de transit et d’énorme demandes des produits fauniques dans ce pays voisin et Monsieur FORTINDONG Ferdinand corrobore ce point : “Pour un parc situé à la frontière avec le Nigeria où vous avez un très grand marché avec une forte demande pour les produits de la faune, il est regrettable que nous devons protéger le parc avec un nombre très limité d’ éco gardes”.

Alors que la région abrite un bon nombre d’espèces protégées, telles que l’éléphant, le chimpanzé, le gorille de Cross River entre autres espèces qui vivent dans des zones protégées telles que le Mont Cameroun, le Parc national de Korup et le Parc National de Takamanda, mais en raison de sa proximité avec le Nigeria, ces ressources sont confrontées à de graves menaces du fait que la région est considérée comme la limite ouest de la sous-région d’Afrique centrale qui possède encore des populations viables d’espèces sauvages comme les gorilles, les chimpanzés et les éléphants. La porosité des frontières et l’application timide de la loi faunique dans la région frontalière ont ouvert la porte à l’extinction de ces espèce et Monsieur FORTINGDONG Ferdinand dit “Nous avons une frontière très perméables, les gens viennent, faire du braconnage et partent mais nous ne pouvons pas à chaque fois les appréhender’’. Et cette situation est similaire à celle de la région du Sud considérée comme une zone privilégiée de transit pour les trafiquants qui par la contrebande exportent des produits d’espèces fauniques intégralement protégées dans les pays voisins.

Le braconnage et le trafic dans la région, comme c’est le cas de la région du Sud-Ouest, est très élevé et les espèces protégées telles que le gorille sont gravement menacés. Le 16 Juillet 2014, les agents des forêts et de la faune travaillant en collaboration avec les forces de maintien de l’ordre, ont arrêté un homme qui était sur le point de vendre un bébé gorille vivant à Zoétélé. Peu de temps avant qu’il ne puisse le vendre, l’animal était mort. Cela n’a pas empêché les agents d’application de la loi de procéder à son arrestation dans la mesure où la loi stipule que quiconque est trouvé en possession d’espèces fauniques protégées vivants ou morts est réputé l’avoir capturé ou tué.

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