L’ancien diplomate Michel Kafando (72 ans) dirigera la transition qui doit conduire le pays à des élections en novembre 2015.

L'ancien diplomate Michel Kafando (72 ans) dirigera la transition qui doit conduire le pays à des élections en novembre 2015. | AFP/STRINGER
L’ancien diplomate Michel Kafando (72 ans) dirigera la transition qui doit conduire le pays à des élections en novembre 2015. | AFP/STRINGER

Il a promis de gouverner « au nom du peuple ». Le nouveau chef de l’Etat par intérim du Burkina Faso, Michel Kafando, a prêté serment mardi 18 novembre. Ce dernier a pris ses fonctions au terme d’une transition militaire de près de trois semaines, qui a suivi la chute du président Blaise Compaoré, le 31 octobre.
« Je reçois cette charge avec beaucoup d’honneur mais aussi avec beaucoup d’humilité », a déclaré Michel Kafando mardi lors de sa cérémonie d’investiture, devant plusieurs centaines de personnes, réunies dans la capitale, Ouagadougou.

« L’humilité de quelqu’un qui n’est là que pour une période transitoire, l’humilité de quelqu’un qui est conscient que le pouvoir qu’il détient appartient au peuple ».
Et de rappeler que l’exercice du pouvoir « ne doit souffrir d’aucun abus, aucun excès », référence non voilée aux 27 années à son prédécesseur, Blaise Compaoré. « Notre pays ne saurait être une république bananière ».

Michel Kafando a été représentant du Burkina Faso auprès des Nations Unies entre 1998 et 2011.
UN DISCRET DIPLOMATE

Désigné lundi 17 novembre par un comité de transition regroupant des représentants de l’armée, de l’opposition et de la société civile ainsi que des chefs religieux et traditionnels, Michel Kafando devra conduire la transition et préparer l’élection présidentielle qui devrait se tenir dans un an, en novembre 2015.

Figure de la diplomatie nationale burkinabé, l’homme de 72 ans, formé au Sénégal, en France et en Suisse, a été ambassadeur de Haute-Volta (l’ancien nom du pays) puis du Burkina Faso auprès des Nations unies, respectivement en 1981-1982 et 1998-2011. Le nouveau président par intérim a également été ministre des affaires étrangères dans plusieurs gouvernements entre 1982 et 1983.

Lire aussi : Un civil à nouveau à la tête du Burkina Faso

Ce diplomate à la retraite depuis 2011 est néanmoins peu connu de ses concitoyens, dont certains lui reprochent d’être trop proche de l’ancien régime de Blaise Compaoré, qu’il avait représenté auprès de l’ONU.

D’autres accusent aussi Michel Kafando d’avoir été hostile au président Thomas Sankara, icône du panafricanisme assassinée en 1987, lors du coup d’Etat qui porta Blaise Compaoré au pouvoir.

Lire aussi : Le Burkina Faso fait un grand pas vers la transition

Le Burkina Faso a connu de violentes manifestations hostiles au président Blaise Compaoré, fin octobre. Au terme de plusieurs rassemblements, notamment à Ouagadougou, le chef de l’Etat contesté avait finalement remis sa démission, le 31 octobre. L’armée avait ensuite assuré la transition politique du pays.

Le Monde.fr avec AFP

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here