© Celia Lebur, AFP | Des heurts ont éclaté à Libreville lors d'une manifestation de l'opposition, samedi 20 décembre.
© Celia Lebur, AFP | Des heurts ont éclaté à Libreville lors d’une manifestation de l’opposition, samedi 20 décembre.
Nous avons publié un article sur les manifestations organisées par l’opposition gabonaise, samedi 20 décembre, réclamant le départ du président Ali Bongo. La confusion demeure sur certains incidents qui ont émaillé ces protestations, où au moins un manifestant a trouvé la mort.

Nous avons envoyé une série de question au service de la Communication de la présidence gabonaise sur les événements de samedi et elle nous a fait parvenir ces réponses.

Autoriser cette manifestation, puis l’interdire la veille de sa tenue, n’était-ce pas prendre le risque de mettre le feu aux poudres ?
Les raisons pour lesquelles la manifestation avait été autorisée est qu’un parti politique reconnu légalement en avait fait la demande au ministre de l’Intérieur. Malheureusement, des informations concordantes nous sont remontées par la suite sur des tentatives d’infiltration de la marche par des groupuscules dont la mission était de troubler l’ordre public.

La police a-t-elle tiré à balles réelles samedi ?

L’état-major a mis à disposition des forces de l’ordre des gaz lacrymogènes uniquement. Aucun tir de balle n’a été effectué par la police ou les forces de l’ordre.

L’opposition estime qu’il pourrait y avoir eu trois morts, voire plus, quel chiffre avancez-vous ?

En l’état nous déplorons un mort. Le décès de M. Beka est tragique. Un jeune compatriote a trouvé la mort en périphérie du théâtre d’affrontements. Les détails exacts de sa mort ne sont pas encore clairs, mais nous avons immédiatement lancé une enquête pour déterminer les circonstances de son décès. Nous tenons à exprimer nos sincères condoléances à la famille de M. Beka.

Les autorités maintiennent que l’homme retrouvé mort aurait pu être amené sur les lieux de la manifestation par des manifestants ? Dans quel but selon vous ?

Nous ne pouvons faire aucune commentaire sur ce sujet pendant que l’enquête suit son cours.

Le ministre de l’Intérieur fait état de l’arrestation d’une centaine de personnes parmi lesquelles “10 ressortissants étrangers”, pourquoi insister sur ce dernier point ?

Nous sommes tenus d’identifier les personnes qui sont arrêtés. Il en est de même dans tous les pays démocratiques.

Confirmez-vous l’arrestation de l’étudiant Mahmat Yaya (qui avait témoigné récemment pour les Observateurs) ?

Nous ne détenons pas d’informations à ce sujet. Nous faisons des recherches et vous tenons au courant.

Selon des rumeurs, notre Observateur Ballack Obame serait actuellement dans le coma à l’hôpital militaire. Est-ce vrai?

Pareillement, nous vous faisons un retour sur le sujet après des recherches.

Plusieurs images montrent qu’avant la manifestation, des animaux auraient été sacrifiés. Les auteurs de ces actes ont-ils identifiés, en connaissez-vous les motifs ?

Nous sommes aussi surpris que vous de ces agissements d’un autre âge.

Des images d’Ali Bongo faisant ses courses au supermarché avec sa femme, le lendemain de ces violences, ont été diffusées. Pourquoi avoir communiqué sur cette sortie du président ?

Le président de la République va souvent au contact des Gabonais. Depuis son élection en 2009, le président a visité des quartiers de la capitale à plusieurs reprises – souvent sans aucune présence médiatique. D’ailleurs, lors de cette visite, la presse n’était pas conviée et c’est une équipe de télé d’une chaîne privée qui faisait un reportage sur Noël qui a saisi l’occasion pour filmer le président.

Plusieurs analystes du Gabon déplorent l’absence de dialogue entre la société civile, l’opposition et le gouvernement. Envisagez-vous de faire un geste pour le reprendre ?

Il existe un dialogue entre le pouvoir, l’opposition et la société civile. Le pacte social républicain vous en donne la preuve. Il a été signé une charte ou plusieurs partis (majorité ou opposition) se sont engagés à travailler dans l’intérêt des questions sociales au Gabon, dépassant leurs clivages politiques.

Des élections sénatoriales viennent de se dérouler dans la sérénité et plusieurs candidats de l’opposition et indépendants ont été élus. S’il est vrai que certains commentateurs disent, notamment dans la presse locale, que l’opposition gabonaise manque de représentativité, il est aussi juste d’affirmer que la majorité des Gabonais soutiennent le président et son programme politique tourné vers le social et les infrastructures.

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