De gauche à droite, Nicolas Ondo et Yannick Allogho, le 30 décembre 2014. © Gabonreview
De gauche à droite, Nicolas Ondo et Yannick Allogho, le 30 décembre 2014. © Gabonreview
Réagissant à son tour au climat délétère au sein de l’Université Omar Bongo (UOB) ces dernières semaines, le chargé de la Communication et des relations publiques de la mutuelle dissoute sur décision rectorale annonce la libération des leaders étudiants incarcérés.

Gabonreview : Quelques jours après leur incarcération au B2, le président de mutuelle récemment dissoute, Nicolas Ondo et son secrétaire général, Duphy Minto’o, avaient été donnés pour morts. Quelle est la réaction de la mutuelle ?

Yannick Allogho : Cette rumeur selon laquelle Nicolas Ondo et Duphy Minto’o avaient succombé aux tortures dont ils ont été victimes dans les cellules du B2, vous venez de le constater par vous-même, était fausse. Et aujourd’hui nous apportons une bonne nouvelle à tous ceux qui s’étaient inquiétés à juste titre : les deux étudiants concernés sont bel et bien vivants. Pour preuve, ils ont tous les quatre [Nicolas Ondo, Duphy Minto’o, Ballack Obame et Lionel Engonga – ndlr] été libérés dans la nuit du 29 au 30 décembre, autour de minuit. Nous avons donc pu prendre contact et passer du temps avec eux afin de juger de leur état de santé et recueillir des informations en rapport avec leur incarcération. Nous tenons donc à rassurer les familles et la communauté nationale et internationale : les membres de la mutuelle de l’UOB, interpellés le 17 décembre 2014, sont bien vivants.

Quel est leur état de santé physique et morale ?

Physiquement comme moralement, ils ne sont pas très stables, parce qu’on ne nous empêchera pas de le dire, ils ont été victimes de tortures dans les cellules du B2, comme il est tout aussi vrai qu’ils ont subi quelques soins pendant leur incarcération à l’hôpital militaire. Mais il faut tout de même rappeler que parmi les étudiants interpelés certains sont de santé fragile, à l’instar du président de la mutuelle, Nicolas Ondo, et du conseiller juridique Lionel Engonga. Nous espérons par ailleurs qu’avec les soins qu’ils subiront dans quelques heures, leur état de santé s’améliorera conséquemment.

Sous quelles conditions ont-ils été libérés ?

Selon les informations qu’ils nous ont rapportées, il apparait que les quatre étudiants sont en liberté provisoire : ils attendent donc de passer en audience le 12 janvier 2015. Ce qui nous fait dire que le problème n’a pas encore été résolu. Nous nous attendions à ce qu’on les libère pour de bon, mais la poursuite des enquêtes nous fait comprendre qu’on n’est pas encore sorti de l’auberge. Qu’à cela ne tienne, nous attendons et nous promettons d’avance d’être présents à leurs côtés, et la communauté estudiantine est naturellement invitée à apporter son soutien comme elle toujours fait depuis leur arrestation.

Au sujet de la dissolution par le conseil rectoral de la mutuelle étudiante dont vous êtes un des membres. Quel avis avez-vous ?

Je tiens à rappeler à ceux qui s’interrogent que la mutuelle de l’UOB, dirigée par le groupe «Etudiant-Conscient», existe encore. Elle n’a pas été dissoute. La mutuelle ne peut pas être dissoute par l’administration rectorale, je suis désolé ! Elle a été élue par les étudiants, si ces derniers ne se retrouvent plus dans la façon de faire de la mutuelle, ils peuvent se prononcer en sa défaveur, mais tant qu’ils se reconnaissent encore dans ce mouvement et son combat, il est hors de question qu’on estime avoir le pouvoir de la dissoudre. La mutuelle de l’UOB existe, nous attendons le bon moment pour poser le dossier sur la table pour discuter avec les autorités afin qu’elles nous donnent les raisons de leur décision.

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