Le-senateur-Joseph-Mouckala-KoumbaCité dans une affaire de crimes «rituels» en série, le sénateur Joseph Mouckala Koumba pour qui une demande de levée d’immunité parlementaire était sollicitée, a été le sujet d’une conférence de presse indiquant que la requête du ministère de la Justice a été rejetée et qu’il ne serait en rien le serail killer indiqué.

Pourtant arrivé au terme de son mandat de sénateur du 1er arrondissement de la commune de Tchibanga, Joseph Mouckala Koumba, cité comme commanditaire d’une vingtaine de crimes dits «rituels» commis à partir de 1983, a voulu sortir par la grande porte en «lavant son honneur» à la face du monde. Une conférence de presse a en effet été organisée dans le but d’éclairer l’opinion sur l’affaire du serial killer ayant défrayé la chronique ces derniers mois au Gabon.

Ruphin Nkoulou-Ondo et Henri Ulrich Moutendi-Mayila, tous deux avocats à la Cour et conseils du sénateur ont indiqué qu’au terme des enquêtes menées par la Commission ad hoc chargée d’examiner la demande de levée de l’immunité de ce parlementaire, a rejeté la requête formulée par le ministère de la Justice, après le tribunal de Tchibanga.

A la suite du Bureau du Sénat, les avocats ont mis en avant quatre points importants du rapport de la Commission ad hoc permettant de soutenir ce rejet. Sur la base des informations recueillies à Libreville et à Tchibanga, la «demande du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, n’a pas le caractère sérieux, loyal et sincère permettant de justifier la demande de levée de l’immunité dudit parlementaire», ont-ils indiqué.

Les conclusions du rapport indiquent, premièrement, que le chauffeur du sénateur, en détention préventive depuis plusieurs mois, n’a pas été reconnu par les présumés assassins. Ces derniers l’ont même innocenté après plusieurs confrontations. Deuxièmement, le sénateur ne serait pas la seule personnalité de la ville de Tchibanga à utiliser un véhicule de couleur bleue déclaré par les assassins comme ayant aidé à transporter le sang prélevé sur la dernière victime. Ce, d’autant plus que plusieurs cadres et personnalités de cette localité disposent de voitures de couleur bleue. L’information complémentaire a révélé que le véhicule du sénateur, de marque Toyota Fortuner, était sur calles depuis le 2 mars 2014, à la suite d’un accident de circulation dont le constat a été fait par la brigade de la gendarmerie de Melen.

Les Conseils du sénateur rapportent, troisièmement, que Jean Aimé Makaya, chauffeur du véhicule de marque Mitsubishi Pajero, cité par les présumés assassins comme la personne ayant reçu et transporté la poche de sang, n’a pas été identifié, le véhicule et le chauffeur demeurant introuvables. Enfin, quatrième et dernier point, huit personnes de la vingtaine déclarées mises à mort par le présumé tueur en série, se sont présentées spontanément à la Commission ad hoc pour dire leur étonnement de figurer dans la liste des victimes rendue publique. En conséquence, les avocats du parlementaire pensent que d’autres présumées victimes pourraient toujours être en vie.

Au regard des résultats de ce rapport, Me Nkoulou-Ondo et Me Moutendi-Mayila assurent ne pas comprendre l’acharnement contre leur client. Ce qui leur fait dire que toute l’affaire ayant fait les grands titres de la presse pourrait n’être qu’un complot ourdi pour empêcher le sénateur de se représenter dans son fief électoral, dans le cadre des dernières élections sénatoriales. Une affirmation tout de même étonnante, l’affaire ayant été portée au grand jour alors que le processus de ladite élection tirait à sa fin.

«Nous voulons que la vérité jaillisse», ont littéralement martelé les avocats qui auraient souhaité que le sénateur soit traité comme tous les justiciables, bénéficiant de la présomption d’innocence. De plus, ils précisent que le nom du sénateur n’a jamais été cité, qu’aucune plainte n’a jamais été déposée contre lui, de la même manière qu’aucune plainte n’a jamais été déposée pour les parents des présumés disparus.

Quoi qu’il en soit, les avocats du sénateur sont revenus sur la responsabilité du journaliste dans le traitement de l’information, les ont invité à plus de professionnalisme d’autant plus qu’il s’agit de la vie et de l’honneur d’un père de famille, d’un frère, oncle, etc. qui a été bafouée. En attendant, le juge d’instruction continue ses investigations pour tirer définitivement les choses au clair.

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