Héritage d’Omar Bongo Ondimba : du privé au politique

Fraternelles salutations entre Ali et Pascaline Mferri Bongo, le 2 décembre 2014 à Franceville. © DCP-Gabon
Fraternelles salutations entre Ali et Pascaline Mferri Bongo, le 2 décembre 2014 à Franceville. © DCP-Gabon
Le porte-parole de la présidence de la République, Alain Claude Bilié-By-Nzé a, au cours d’une conférence de presse mardi, affirmé que les articles de la presse relatifs à l’héritage du président Omar Bongo Ondimba, ont pour objectif de créer des troubles dans le pays, car cette affaire relève du domaine strictement privé.

« Depuis quelques semaines, des articles parus dans la presse française, repris par certains titres locaux dont on connait le positionnement et la proximité d’avec certains acteurs politiques de l’opposition, font état des éléments concernant la succession du Président Omar Bongo Ondimba », a relevé le porte-parole.

« Il apparait donc clairement qu’à travers ces articles de presse, certains acteurs du dossier veulent transformer une affaire privée, faisant du reste l’objet des procédures devant les juridictions françaises et gabonaises compétentes, en une affaire politique », s’est-il étonné.

« L’objectif étant, comme certains l’ont eux-mêmes avoué publiquement, de ne pas aller aux élections et de tenter par tous les moyens, y compris les plus vils, de créer des troubles dans le pays », a indiqué Alain Claude Bilié-By-Nzé.

Pour la présidence de la République, ces articles font un « amalgame tendancieux » entre des éléments qui relèvent de la succession d’Omar Bongo Ondimba, donc de la sphère privée, et le Président de la République Ali Bongo Ondimba.

Selon la présidence de la république, cet amalgame est d’autant plus volontaire, que certaines personnes concernées par la succession, ont un « lien direct avec des opposants notoirement connus » qui cherchent donc à transposer dans l’espace public du débat démocratique, des éléments relevant de la sphère familiale à laquelle ils sont partie prenante, comme membres ou apparentés à la famille Omar Bongo Ondimba.

De même, la présidence de la République a fait remarquer « la coïncidence récurrente entre les articles de presse et les procédures « .

« Tout observateur averti pourra en effet relever que ces articles semblent nourris par des gorges profondes dont tout porte à croire que les choses ne se passent pas, au sein de cette succession, comme elles auraient souhaitées », a dit le porte-parole.

« Ces personnes, de connivence avec certains acteurs politiques, veulent transformer le débat politique national en une querelle de famille, et prendre ainsi les gabonaises et les gabonais en otage pour un débat qui ne les concernent pas », a-t-il souligné, poursuivant que la présidence de la République tenait donc à réfuter les informations publiées dernièrement par le site français « Mediapart » et reprises par certains organes de presse écrite locale.

Le site Gabonreview, un de ceux qui ont relayé ces informations, estime que ce qui a été publié ce sont des documents écrits, censés être secrets portant sur l’héritage du défunt président du Gabon, c’est-à-dire une transpiration du compte-rendu d’une réunion de famille des héritiers, tenue à l’hôtel « L’Etoile d’Or » de Libreville le 17 février 2014 et présidée par Pascaline Bongo, fille aînée et mandataire exclusive de la succession.

Gabonreview rapporte également que selon le procès-verbal ultraconfidentiel, rédigé par un huissier de justice, sur la base d’un inventaire (partiel) des actifs immobiliers de la succession, les biens du patriarche en attente de partage entre ses 53 héritiers sont essentiellement répartis sur les quatre provinces les plus développées du pays, à savoir : l’Estuaire, le Haut-Ogooué, l’Ogooué-Maritime et le Woleu-Ntem.

Il s’agit de villas, d’hôtels de luxe, d’appartements ou d’immeubles. Le tout évalué par un expert de la cour d’appel de Libreville à 238 milliards de francs CFA soit 370 millions d’Euros.

Pour sa part, le site français « Mediapart » précise que le rapport issu de la réunion de famille, lève « un coin de voile sur un système de captation des richesses de tout un pays d’une rare ampleur même si les éléments contenus dans ce PV n’offrent qu’une vision très partielle de la fortune des Bongo, celle-ci est déjà vertigineuse (…), sans tenir compte des revenus issus du pétrole ou des actions dans plusieurs multinationales ».

À cette énumération non exhaustive, le journal français propose que soient ajoutés « tous les biens détenus à Libreville, Franceville et Port-Gentil par le biais de la Socoba, une société dirigée par un gendre d’Omar Bongo et principale bénéficiaire des travaux publics du Gabon. Les actifs immobiliers de la Socoba s’élèvent quant à eux à plus de 24 milliards de francs CFA (40 millions d’Euros) », d’après le procès-verbal de la famille Bongo.

Toutes ces estimations, indique le journal français, ne prennent toujours pas en compte la valeur vénale d’une dizaine d’autres sociétés civiles immobilières qui n’ont pas encore été intégrées à la succession.

Outre l’immobilier, les informations de Mediapart reprises par Gabonreview relève que le défunt président avait des qualités d’affairiste qui l’ont conduit à rentrer dans le capital de deux grandes sociétés françaises installées au Gabon : la Société d’eau et d’électricité du Gabon (SEEG), filiale de Veolia, et la Banque internationale pour l’industrie et le commerce du Gabon (BICIG), filiale de la BNP.

Si le patrimoine dispose également d’un compte à la BGFI, « créditeur de plus de 2 milliards de francs CFA », toujours selon les informations de Mediapart relayées par Gabon Review, hormis plusieurs comptes bancaires logés dans l’hexagone, « la succession Bongo a intégré deux comptes offshore ouverts à la banque Martin Maurel de Monaco, sur lesquels dormaient près de 20 milliards de francs CFA ».

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