Des techniciens de Gabon Telecom sur le lieu du «sabotage», le 9 mars 2015. © DR
Des techniciens de Gabon Telecom sur le lieu du «sabotage», le 9 mars 2015. © DR
D’après les responsables de Gabon Telecom, la récente perturbation du trafic international sur son réseau a été causée par des vandales. De nouvelles difficultés sont donc encore à prévoir.

Au plus fort de la grève du Syndicat national des télécommunications (Synatel), il y a deux semaines, le pays tout entier avait enregistré une coupure en fourniture des services de télécommunication. Une situation que l’opérateur de téléphonie avait justifiée comme «un problème technique» sans donner plus d’explication. Or, dans le même temps, des agents avaient ouvertement reconnu leur implication dans ce qui apparaissait alors comme une question d’ordre économique pour de nombreuses entreprises, contraintes de mettre sur pied des stratégies pour communiquer. Pour l’occasion, le secrétaire général du Synatel avait lancé : «Nous faisons la rétention du signal jusqu’à la satisfaction totale de nos revendications.»

Si au bout de plus de 24 heures de coupure, Martin Essono et ses collègues avaient dû se résoudre à rétablir les services en raison des menaces de poursuites judiciaires, aucune suite n’avait alors été donnée à leurs différentes revendications axées pour l’essentiel sur un meilleur traitement salarial. Tout semblait donc aller pour le mieux, la connexion internet et le réseau téléphonique fonctionnaient à nouveau sans encombre.

Pourtant, alors que le nouveau directeur général de Gabon Telecom, Abderrahim Koumaa, évoquait, le 9 mars dernier, devant le maire de Libreville, un nouveau «problème technique» pour justifier la nouvelle interruption du trafic international, l’on a récemment appris par le biais du quotidien L’Union (n°11776) que celle-ci était volontaire : il s’agit d’un acte de vandalisme. A en croire le directeur réseau de Gabon Telecom, «vers 4 heures du matin, des individus sont venus saboter le câble sous-marin Sat 3, en faisant en sorte que le trafic international, c’est-à-dire la voix, l’internet et les autres transmissions de données soient perturbées.» D’après Firmin Ngoye qu’accompagnait le secrétaire exécutif de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), Serge Essongué, sur le point d’accès au câble sous-marin au quartier Louis (Libreville), l’acte est à mettre sur le compte de professionnels, s’il n’a pas simplement été commis par des agents en colère. «Au regard de ce qui a été fait, c’est un fin connaisseur qui est à l’origine de ce sabotage», a-t-il déclaré.

Pour l’heure, si rien ne permet d’affirmer qu’aucun problème du même genre ne surviendra dans les heures qui viennent, les responsables de Gabon Telecom assurent que «les équipes techniques sont actuellement à pied d’œuvre pour mettre en place une solution transitoire, avant qu’une solution définitive soit trouvée». Pour tout dire, une nouvelle coupure sur les réseaux reste encore possible, alors que les syndicalistes sont loin d’avoir baissé les bras.

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