snecEntrés en grève début février, les fonctionnaires gabonais ont voté aujourd’hui la reconduite de la grève générale. Ils réclament des revalorisations salariales.

“La grève continue. Tant que le gouvernement n’accède pas à nos revendications, nous campons sur nos positions”, affirme à l’AFP Simon Ndong Edzo, délégué général d’un des principaux syndicats d’enseignants, la Conasysed.

Réunie en assemblée générale à Libreville lundi 16 mars, la coalition syndicale “Dynamique unitaire” qui regroupe une vingtaine de syndicats de la fonction publique, a décidé de reconduire la grève générale, votée, il y a plus d’un mois, début février.

“Cette fois-ci ils (le gouvernement) ne nous auront pas !”, affirme Rosalie Nze, une professeur au lycée technique d’Owendo. “Ce qu’on veut c’est l’augmentation des salaires et on tiendra le temps qu’il faudra.”

“La vie est tellement chère ici ! Quand le prix des denrées augmente, notre salaire ne suit pas : en deux ans, j’ai eu 10 000 francs CFA (15 euros) d’augmentation”.

Quelle sont les revendications des fonctionnaires ?
Comme elle, les fonctionnaires réclament le relèvement du point d’indice salarial et l’augmentation du Smic (salaire minimum) de 80 000 francs CFA (121 euros) à 300 000 francs CFA (454 euros).

Mais après des négociations houleuses, le gouvernement a rejeté ces deux derniers points, affirmant que de telles dépenses seraient “insoutenables pour le bon fonctionnement de l’État” et les a renvoyé à l’arbitrage du président Ali Bongo Ondimba.

La semaine dernière, le président Bongo a appelé à la reprise des cours, affirmant avoir accédé aux principales revendications des enseignants : le versement d’une prime d’incitation à la performance promise depuis des mois par le gouvernement et l’instauration d’un “nouveau système de rémunération” aux contours encore flous.

En cas de non-reprise du travail, il a demandé au gouvernement de ne pas payer les jours de grève.

Année blanche pour les élèves gabonais ?
Établissements secondaires et supérieurs sont quasiment à l’arrêt depuis plus d’un mois, faisant planer la menace d’une année blanche pour les élèves gabonais.

Dans plusieurs hôpitaux, un service minimum a été mis en place. Et de nombreuses administrations, comme le ministère des Travaux publics (TP), tournent au ralenti.

“Aux TP, 70% du personnel sont des salariés non permanents qui n’ont droit à rien, alors qu’ils travaillent là depuis quatre ans, cinq ans, parfois plus”, affirme ainsi le secrétaire général du syndicat de la Force ouvrière des travaux publics, Jean-Florent Lewanda.

Le secteur des télécommunications et du pétrole également en grève
Fin février, le pays avait été quasiment coupé du monde durant 48 heures, en raison d’une grève à Gabon Télécom, principal fournisseur d’accès internet, dont les employés réclament l’amélioration de leurs salaraires depuis la privatisation de l’opérateur, entamée en 2007.

Et durant la première quinzaine de décembre, une grève des employés du pétrole avait également perturbé la production d’or noir.

Ces tensions fragilisent le pouvoir dans une période financièrement difficile marquée par la chute des prix du pétrole, ressource stratégique qui fournit 60% des recettes de l’Etat gabonais.

À moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle, l’opposition surfe sur le mécontentement général pour réclamer le départ du président Ali Bongo, comme lors d’une manifestation violente qui avait fait entre un et trois morts, le 22 décembre à Libreville.

(Avec AFP)

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