Luc Bengone Nsi lors de son intervention, le 24 juillet 2015 à Washington (USA). © Capture d’écran Gabonreview
Luc Bengone Nsi lors de son intervention, le 24 juillet 2015 à Washington (USA). © Capture d’écran Gabonreview
Dans une déclaration faite le 27 juillet courant, à l’issue des travaux de Montclair dans le New Jersey (USA), le président du Mouvement de redressement national (Morena) estime que c’est la meilleure et l’unique option pour doter le pays d’institutions fortes «conduisant à une transition pacifique et souveraine du Gabon vers une démocratie digne de ce nom».

Ne croyant plus en la volonté du pouvoir en place de mettre en place un cadre de concertation inclusif, et lassé d’attendre, le président du Mouvement de redressement national (Morena) propose l’organisation, par le peuple lui-même, d’une assemblée constituante. «Au Gabon, nous avons essayé tous les recours que le droit peut nous permettre et toutes les formes de dialogue constructif que peuvent mener des citoyens en vue de faire triompher la démocratie, la paix, la justice et l’unité nationale. Ali Bongo Ondimba et son régime s’y refusent systématiquement», a-t-il dit.

Pour Luc Bengono Nsi, qui se charge personnellement de convaincre ses collègues de l’opposition, accrochés à l’idée et à la notion de la candidature unique, le projet d’assemblée constituante reste «le seul agenda politique qui vaille la peine d’être adopté» si l’on veut que la prochaine élection présidentielle respecte la volonté du peuple. «Si une élection doit se tenir au Gabon, elle doit porter en elle la garantie que la voix et le choix du peuple seront entendus», a-t-il laissé entendre. «Le seul recours pacifique du peuple réside dans l’organisation au Gabon, par le peuple lui-même, d’une assemblée constituante qui demeure la meilleure et la seule option pour doter le Gabon d’institutions fortes conduisant à une transition pacifique et souveraine de notre pays vers une démocratie digne de ce nom», a-t-il insisté.

S’il ne cache pas son intérêt pour l’organisation d’une élection présidentielle devant permettre l’instauration de l’alternance, le membre du Front de l’opposition pour l’alternance reste tout de même pessimiste. Pour ainsi dire, il nourrit des doutes quant aux résultats d’une présidentielle organisée et contrôlée unilatéralement par le «régime Bongo-PDG» et avec Ali Bongo au pouvoir. «Il ne s’agit nullement ici d’un appel au boycott des élections. Je dis simplement qu’aucune élection ne doit plus se tenir au Gabon si elle a Ali Bongo comme candidat et si elle ne porte pas en elle la garantie de la volonté du peuple. Qu’aucune garantie de gagner le pouvoir par les urnes n’existera au Gabon s’il n’est pas procédé, au préalable, à une révision de la Constitution», a-t-il expliqué, poursuivant : «Que ceux qui, aujourd’hui, au Gabon, veulent détourner l’attention du peuple de ce débat, du seul vrai débat qui en vaille la peine en se lançant prématurément dans la campagne pour une candidature unique, condamnée à simplement accompagner Ali Bongo dans des élections perdues d’avance sachent qu’ils porteront sur eux la responsabilité de l’échec non seulement de la démocratie, mais aussi de l’opposition au Gabon en 2016. Il appartiendra alors au peuple de juger», a-t-il mis en garde. Comme une pierre dans le jardin de Jean Ping, Jean Eyéghé Ndong, René Ndemezo’Obiang, Pierre Amoughé Mba et Jean Ntoutoume Ngoua, notamment.

Selon l’encyclopédie libre «Wikipédia», une assemblée constituante est une institution collégiale avec pour tâche la rédaction, ou l’adoption, d’une constitution, c’est-à-dire le texte fondamental d’organisation des pouvoirs publics d’un pays. La façon dont les membres de l’assemblée sont désignés dépend des circonstances et des pays. Ils peuvent être désignés expressément pour cette tâche, ou bien avoir d’autres fonctions institutionnelles, voire s’autoproclamer. En effet, l’assemblée peut détenir le pouvoir constituant en vertu de la précédente constitution (on parle alors plutôt de révision), ou bien par les circonstances de faits, à la suite d’une crise de régime (révolution, guerre civile, coup d’État, invasion…).

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