Maixent Accrombessi. © D.M.
Maixent Accrombessi. © D.M.

La brève interpellation du directeur de cabinet de la présidence gabonaise, lundi à l’aéroport de Roissy en France, dans le cadre d’une enquête pour « corruption d’agent public étranger » suscite l’incompréhension du pouvoir gabonais.

« La justice (française) aurait pu émettre une convocation en bonne et due forme, et M. Accrombessi se serait présenté […]. Mais aller l’arrêter devant tout le monde à l’aéroport, cela ressemble à de la justice spectacle […]. Au-delà de la personne et de la fonction, c’est le pays qu’on cherche à humilier », a affirmé à l’AFP une source proche de la présidence gabonaise.

Le directeur du cabinet de la présidence gabonaise est soupçonné par les autorités françaises d’avoir perçu illégalement de l’argent de la société Marck, une entreprise française spécialisée dans la fabrication d’uniformes militaires « en échange de l’attribution d’un marché public de plusieurs millions d’euros au Gabon », selon une source proche du dossier.

Quelque 200 partisans du régime ont manifesté, mardi 4 août, devant l’ambassade de France à Libreville pour protester contre « la séquestration arbitraire » de Maixent Accrombessi.

Accrombessi bientôt au Gabon

Maixent Accrombessi repartira « bientôt au Gabon et continuera à exercer ses fonctions », a déclaré Me Francis Szpiner, son avocat, depuis Paris.

« Il n’a pas été mis en examen, donc il n’y a pas de raison qu’il quitte son poste de directeur de cabinet », a confirmé la source proche de la présidence gabonaise.

Maixent Accrombessi avait été interpellé lundi vers 7 heures (GMT) à l’aéroport parisien de Roissy alors qu’il s’apprêtait à rentrer à Libreville. Il n’était pas en possession d’un ordre de mission du Gabon et « ne bénéficiait donc pas d’une immunité diplomatique qui aurait interdit toute mesure coercitive à son encontre », a relevé une source judiciaire.

Il a alors été placé en garde à vue pour corruption d’agent public étranger et blanchiment. Il a été relâché quelques heures plus tard, après que la présidence gabonaise ait transmis au ministère français des Affaires étrangères un document indiquant qu’il se trouvait en France « dans le cadre d’une mission officielle ».

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