Henri Omva Minko, Coordonnateur, Plateforme Citoyenne, USA

Commençons par nous dire des vérités très simples basées sur deux observations:

La première est que, quand un Gabonais saura partager la souffrance de l’autre, le régime des Bongo cessera de marcher sur le Gabonais.

La seconde est que si les soldats du régime des Bongo peuvent taper et tirer sur les Gabonais en toute impunité, c’est bien parce que les Gabonais eux-mêmes se briment et s’entretuent pour des broutilles.

Compte tenu de ces deux vérités, tirées de la pensée de ce grand martyr américain, Malcom X, qui fit jadis ce constat par lequel il dénonçait le comportement honteux, parce que trop passif, du peuple noir américain pour qui il avait donné sa vie, le peuple gabonais a un important rendez-vous avec sa propre histoire, sa propre destinée : La pensée de Malcom X nous commande de cesser d’être un peuple de pleurnicheurs qui attend tout de Dieu ou des autres, mais jamais de lui-même.

Ce message s’adresse aussi aux Gabonais du PDG, aux Gabonais qui préfèrent protéger leurs maigres acquis alors que ceux-ci ne valent même pas le tiers de ce qu’ils auraient reçu au mérite si le Gabon avait été géré selon les normes de l’Etat de droit. Il s’adresse également aux soldats gabonais qui protègent aveuglément ce régime délinquant alors qu’ils vivent la même précarité que le peuple qu’ils prennent plaisir à torturer à chaque fois que celui-ci revendique le minimum vital, leur minimum vital.

Vu du dehors, les Blancs et tous les peuples dignes du monde n’arrivent pas encore à s’expliquer le comportement ingrat, égoïste et lâche de ces Gabonais qui refusent de ressentir la douleur d’un peuple depuis près de 50 ans victime de toutes les privations de ses droits les plus élémentaires.

Pourtant ce que les Bongo ont fait du Gabon n’est plus à démontrer : Le Gabon est aujourd’hui un pays où les pères et les mères de famille vivent dans l’angoisse, terrorisés par le fait de laisser sortir leurs enfants le matin pour l’école avec la possibilité de ne plus jamais les revoir vivants le soir; un pays où des intellectuels sont tués ou emprisonnés pour avoir osé s’opposer idéologiquement au régime des Bongo.

Le message de Malcolm X veut que nous apprenions à partager la douleur de n’importe quel compatriote lorsque celui-ci se trouve dans la souffrance. La peur, l’ingratitude et l’égoïsme que nous avons entretenus jusque-là nous ont aveuglés au point de nous amener à toujours nous cacher derrière un slogan qui fait la honte exclusive des Gabonais aujourd’hui : « ON VA ENCORE FAIRE COMMENT ? »

Comment expliquons-nous qu’une petite poignée de criminels, une petite famille, un petit clan, puisse faire main basse sur notre pays en toute impunité pendant près de 50 ans et s’apprête à continuer ce forfait pour 20 ans, 30 ans encore? Tous nos martyrs sont tombés au combat avec l’espoir que nous allions les venger, mais hélas, aujourd’hui, c’est comme s’ils étaient morts pour rien. Pensons-nous qu’ils ressortiront de leur tombe et reviendront comme des fantômes, des héros muets, couverts de boue et de sang, pour se venger eux-mêmes ou finir le combat que nous sommes aujourd’hui incapables de, même, commencer?

Non, chers compatriotes! Ces véritables héros méritent d’être vengés car le suprême sacrifice que l’homme peut faire à son peuple, c’est non seulement de venger ses martyrs, mais aussi de combattre afin de procurer à tous les citoyens les moyens d’existence que le régime dictatorial a hypothéqués.

La résistance que nous préparons désormais contre ce régime criminel nous conduira inévitablement à une longue période de lutte sans arrêt. Nous devrions donc nous préparer à combattre la souffrance de la faim et de la soif durant d’interminables mois, période pendant laquelle nous serons angoissés, atterrés par la peur de la mort sous la menace des sbires des Bongo. C’est, hélas, le passage qui nous est obligé. Nous devons engager ce combat pour accomplir notre devoir de citoyens. Ce combat est inévitable si nous voulons chasser du pouvoir ces délinquants de la république qui nous privent de tout avec leurs pratiques arbitraires, des pratiques qui sont génératrices de la corruption qui décime notre économie, de l’usage de faux qui décime nos lois et des crimes rituels qui déciment nos enfants.

Il y a eu trop de temps mort dans ce combat, ce qui fait que nous n’ayons jamais été jusqu’au bout des choses, jusqu’au bout de notre devoir. Au moment où 2016 interpelle déjà notre pays, nous n’avons plus qu’une chance, une seule, c’est-à-dire un an, pour en finir car après ce sera le chemin de non-retour, ce sera 70 ans de bongoïsme qui nous attendent. Nous devrions nous constituer en régiments de volontaires sur toute l’étendue du territoire national. Toute la diaspora se donnera rendez-vous sur le terrain pour la mise en exécution de toutes les stratégies préconisées, au centre desquelles se trouve la destitution d’Ali Bongo Ondimba par le biais d’une Assemblée Constituante du Peuple (ACP).

Nous devrions commencer par renouer avec les assemblées populaires qui doivent se poursuivre, malgré les interdictions par des institutions que nous ne reconnaissons plus. C’est cette même idéologie réformiste qui a inspiré les Français lors de leur révolution populaire de 1789 qui a inspiré leur Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ceci correspond bien à nos revendications contenues dans le projet d’Assemblée Constituante, projet qui s’appuie sur un modèle idéologique libéralisateur, nationaliste et antidictatorial.

Nous demandons donc aux VRAIS FILS du pays de se mobiliser derrière ce projet d’Assemblée Constituante qui, par une révision approfondie de notre constitution et de nos institutions, et l’avènement d’une nouvelle République débarrassée des Bongo, du bongoïsme et du régime Bongo-PDG, favorisera la promotion de Droits de l’Homme, dont la libre poursuite du bonheur et du progrès, dans notre beau pays.

C’est cet espoir que le Dr. Daniel Mengara, président du mouvement Bongo Doit Partir Modwoam et Porte Parole des Gabonais Politiquement Engagés en Amérique du Nord vient vendre aux Gabonais lors de son séjour au Gabon dès ce mercredi 12 août 2015.

Nous demandons aux Gabonais de soutenir cet effort. Il en va de l’avenir du pays.

Henri Omva Minko
Coordonnateur, Plateforme Citoyenne, USA
Membre du mouvement des Gabonais Politiquement Engagés en Amérique du Nord

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