Daniel Mengara à la chambre de commerce de Libreville le 14 août 2015

Chers compatriotes,

Ali Bongo Ondimba vient une nouvelle fois d’insulter le peuple gabonais. A l’occasion de son adresse à la nation ce 17 août 2015, Ali Bongo Ondimba, au milieu d’autres platitudes vendant aux Gabonais sa République des Maquettes, le dictateur a annoncé trois actes significatifs : faire don de sa part d’héritage légué par le défunt Omar Bongo Ondimba à l’Etat sous la forme d’une fondation en direction de la jeunesse, transformer le domaine familial du Camp de Gaulle, ancienne possession d’Omar Bongo, en domaine universitaire et la cession à l’Etat de deux hôtels particuliers à Paris appartenant à la famille.

Il est scandaleux que le dictateur gabonais ait présenté ces initiatives comme des dons au peuple gabonais alors même que le mot juste pour désigner ce geste serait, en réalité, celui de RESTITUTION. Il est également scandaleux qu’il ait parlé de son père comme d’un héros national dont la fortune allait bénéficier aux Gabonais, alors même que nous savons que ce qu’il appelle héritage résulte du pillage systématique des ressources nationales par le gros brigand sans foi ni loi qu’était Omar Bongo Ondimba.

Il me semble en effet que, au vu des biens mal acquis qui ont vu la famille Bongo détourner des sommes massives des caisses de l’Etat sur près de 50 ans, la RESTITUTION de ces biens au peuple gabonais était obligatoire car les Gabonais, le moment venu, n’auraient jamais laissé ces biens et propriétés aux mains des Bongo Ondimba. Les Bongo Ondimba doivent donc cesser avec cette arrogance avec laquelle ils croient tromper le peuple gabonais en lui présentant ses droits comme des faveurs et la restitution des biens leur volés comme des dons ou de la générosité.

Il est de mon opinion que maintenant qu’Ali Bongo vient d’avouer publiquement qu’il possède des biens mal acquis, il doit se mettre immédiatement, dans le cadre d’une Commission Spéciale d’Investigation des Biens Mal Acquis, à la disposition de la justice gabonaise et internationale pour que soient déterminés,

1) en ce qui concerne les Biens Mal Acquis de son père:

– les montants et valeurs exactes de sa part d’héritage;
– les montants et valeurs exactes de la part d’héritage qui revient aux autres membres du clan des Bongo Ondimba.

2) en ce qui concerne ses propres Bien Mal Acquis, les Gabonais veulent savoir les montants et valeurs exactes ainsi que la nature de leur dissémination au Gabon et dans le monde (comptes bancaires, propriétés, investissements directs et indirects, sommes blanchies, etc.).

3) en ce qui concerne les Bien Mal Acquis de sa mère et des autres membres du clan, les montants et valeurs exactes ainsi que la nature de leur dissémination au Gabon et dans le monde (comptes bancaires, propriétés, investissements directs et indirects, sommes blanchies, etc.).

Plutôt que la poudre aux yeux que constituerait la création au Gabon d’une fondation gérée, comme toutes les autres, dans le flou le plus total par la famille et le clan, ce qui ne serait qu’une autre manière de détourner les actifs d’une telle fondation en les ramenant de manière frauduleuse à la famille, les Biens Mal Acquis restitués au Peuple doivent être mis dans un compte spécial à la Banque Mondiale dont l’accès, une fois les sommes y versées, ne sera réservé qu’au régime qui remplacera celui des Bongo Ondimba.

Toute autre démarche que celle-là sera inacceptable.

J’estime également qu’après un tel aveu public de détention de Biens Mal Acquis, Ali Bongo Ondimba, s’il avait un minimum de dignité, devrait démissionner immédiatement du pouvoir et se mettre sans plus tarder à la disposition de la justice gabonaise.

Plus que jamais, Ali Bongo Ondimba a justifié l’urgence de sa destitution immédiate.

Fait le 18 août 2015 à Libreville.

Dr. Daniel Mengara
Président, Bongo Doit Partir-Modwoam
Porte Parole, Gabonais Politiquement Engagés en Amérique du Nord

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