Graine à Lengoye : une réunion pour lever les équivoques

La coordination générale du projet «Graine» a reçu, le mercredi 7 octobre 2015, à Libreville, les ressortissants du village Lengoye, du département de Mulundu (province de l’Ogooué-Lolo) pour une réunion mise au point. Objectif : lever les équivoques face à la méprise concernant la mise en œuvre de ce projet dans leur localité.

Le 3 octobre dernier, les filles et fils de Lengoye, dans le département de Mulundu (province de l’Ogooué-Lolo par Lastourville), avaient exprimé leur mécontentement suite à la destruction de leurs plantations et de leur village pour les besoins du projet Graine (Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés). «Au moment où nous nous retrouvons, nous n’avons plus de repère. C’est donc suite à cette spoliation de notre village que nous nous indignons. Et comme nous tous ici présents, mon rêve, le rêve que nous nourrissions tant, quant à un retour à nouveau à Lengoye, a été brisé», avait déploré l’un des membres de ce comité.

Pour éclaircir ce nuage qui pèse sur le développement du projet Graine dans cette localité, Gustave Ikoussoulou-Tonah et Arnold Silvère Tsiaba Moussinga et les leurs se sont rendus au siège de la coordination du projet Graine où ils ont été renseignés, informés de ce qui se fait dans le cadre de ce projet, ainsi que des mécanismes mis en œuvre pour son aboutissement. Pour eux, il était question de venir à la source, sur appel du coordonnateur général, s’enquérir de ce qui se passe d’autant plus qu’ils estiment n’avoir pas été associés à tout ce qui se fait dans le cadre de ce projet, dans leur village. Or, ils sont bien conscients que cela se fait pour eux et devrait se faire avec eux.

Le Coordonnateur général du projet Graine, Léandre Emmanuel Bouloubou, en pédagogue, a livré les rudiments à même de mieux les renseigner sur ce projet. D’emblée, il n’y a pas d’expropriation ni de spoliation. Le coordonnateur a expliqué que ce sont les populations, elles-mêmes qui décident de ce qu’elles veulent faire de leur terre. Et c’est pour cela que l’Etat exige que le projet se fasse avec des associations ou des coopératives. Celles-ci sont mises en place devant les autorités locales avec à la clé un procès-verbal signé de tous les membres. «Cela donne droit à un agrément», a-t-il dit ajoutant que le processus se poursuit avec l’Agence nationale des travaux topographique et du cadastre (ANUTTC) qui, elle, vient sur le terrain pour évaluer tout ce qui s’y trouve, vérifie si la zone concernée n’est pas dans un parc national, si ce n’est pas une concession forestière, ou s’il ne s’agit pas d’une zone tampon, un terrain querellé ou appartenant à une autre communauté. Ce n’est que lorsque ces conditions sont réunies que le dossier est transmis l’Etat qui se charge de remettre un titre foncier à l’association ou à la coopérative. «Graine ne peut pas venir tout de go se lancer dans le travail sans des concertations préalables, des études… », a lancé Léandre Bouloubou.

Ayant suivi toutes ces explications, les ressortissant de Lengoye ont réajusté leur position. Ils ont dit leur volonté de voir le projet Graine se développer dans leur localité. D’autres ont d’ailleurs indiqué qu’ils sont déjà même inscrits dans les listes en attendant la mise en œuvre effective de ce programme dans leur localité. La seule chose qu’ils déploraient était le «manque de dialogue», ont-ils énoncé.

La rencontre a permis aux plaignants de reconnaître ne pas être en phase avec ce qui se fait déjà sur le terrain. Car la majorité des membres du comité monté au créneau réside à Libreville, tandis que ceux de Lastourville, eux avec qui le travail s’effectue, ne se reconnaissent pas dans les actions de ce groupe. Cependant, le 3 octobre dernier, la Coordination générale du projet Graine s’était rendue à Lastourville pour renforcer la campagne d’information et de communication qu’elle avait déjà commencé à Libreville à l’endroit des populations, ressortissant de ces régions. Ce qui fait qu’il y a même un déphasage entre ce qu’ils déclarent à Libreville et ce qui se fait dans l’arrière-pays. Une situation qui a fait dire au responsable de la coordination générale de Graine qu’ils devraient tenir une réunion de large concertation d’ici le 17 octobre 2015 à Lastourville avec toutes les parties afin d’aplanir ces malentendus. Il s’agira d’examiner le partage des parcelles et d’évaluer les biens qu’ils avaient sur les terrains, notamment.

Le Comité en a profité pour demander réparation des dommages portant notamment sur des tombes et des plantations détruites. Il s’agit en effet pour eux de demander des indemnisations. Sur ce cas, le coordonnateur général de Graine a indiqué que sur tous les sites, le bois coupé est vendu aux enchères. 60% des revenus sont versés aux communautés concernées et 40% à l’Etat. Ce travail se fait déjà par le biais du ministère des Eaux et forêts, a-t-il indiqué. Quant aux tombeaux, des études vont prochainement s’effectuer sur le terrain et le dossier sera transmis aux services compétents de l’Etat pour indemnisation.

Au terme de ces échanges, les uns et les autres sont tombés d’accord sur un consensus. Les barrières qui avaient été posées pour éviter les actes de vandalismes sur le site déjà occupé par quatre coopératives, seront levées. Ceci permettra aux villageois de pouvoir accéder aux cultures vivrières qu’ils avaient développées dans ces zones.

L’objectif de cette initiative (Graine) est de faire «émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles». Des personnes qui ne seront pas des paysans, mais des chefs d’entreprises dans le domaine de l’agriculture. Or créer cette génération est difficile dans la mesure où pour un individu seul, il est quasi-impossible de créer de grandes plantations, à l’échelle industrielle ; surtout que le programme vise l’industrialisation de l’agriculture gabonaise. Le projet s’intéresse à l’agriculture vivrière (tomate, piment, manioc et banane) et aux produits de rente tels que le café, le palmier à huile et l’hévéa.

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