Jonas Moulenda arrête son activisme pour la « libération » du Gabon

La nouvelle est tombée tel un couperet, l’activiste exilé en France Jonas Moulenda arrête son combat pour la « libération » du Gabon. Dans un long plaidoyer publié sur sa page facebook ce samedi matin, l’activiste se dit meurtri par l’hypocrisie, la trahison, la méchanceté et le manque de volonté de ses alliés dans la lutte pour la libération du Gabon. Sur fond de crise unitaire des leaders-activistes de l’opposition, Jonas Moulenda dit passer le flambeau aux « cadets ».

Jonas Moulenda qui situe ce combat pour dénoncer les travers du régime en place au Gabon depuis 1993, est depuis son exil en France la cible de plusieurs activismes pourtant dirigé contre le pouvoir d’Ali Bongo. La semaine dernière, c’est la célèbre Convention de la diaspora gabonaise (CDG) proche de Jean Ping, qui l’aura dégainé un langoureux communiqué de presse le qualifiant d’ »exilo-situationiste », en référence à la formule désormais célèbre de « profito-situationiste » popularisée par Alexandre Barro Chambrier.

Cette semaine, c’est le youtubeur et président du Paraliga (Parti radical pour la libération du Gabon) Lanlaire qui en a remis une couche en promettant une empoignade à Jonas Moulenda l’accusant d’avoir insinué que ses « conférences de presse » étaient écrites par les membres CDG.

La tension entre les activistes de France étant parvenu à son point culminant, Jonas Moulenda entend par ce retrait laisser « toute la latitude à mes détracteurs de montrer de quoi ils sont capables parce que je leur ravissais la vedette depuis mon arrivée en France ». Détracteurs qu’il qualifie de « pseudos opposants à la vision politique obscure ».

Avant de renchérir, « Je ne me retrouve plus dans cette ambiance. L’intrigue, l’injure et la calomnie sont devenues un trait de caractère chez les alliés qui se révèlent n’être que des tartufes et des maîtres chanteurs et non des porteurs d’ambitions ».

Sans les nommer, Jonas Moulenda dit passer le flambeau aux « cadets » qui pourront « compter sur mes précieux conseils sur un terrain montagneux où se confrontent motifs d’inquiétudes et raisons d’espérer. En tant que devancier, je serai toujours là pour guider leurs pas afin qu’ils ne trébuchent pas ».

Depuis déjà plusieurs mois, les activistes pourtant opposés au pouvoir d’Ali Bongo, se dressent désormais les uns contre les autres laissant un boulevard aux activistes du pouvoir gabonais qui en profitent pour pointer leur manque d’unité et de cohérence idéologique. Cette opposition dans l’opposition est également le symptôme des gue-guerres qui se déroulent actuellement entre les leaders des partis de l’opposition qui tardent à asseoir une position commune contre le pouvoir d’Ali Bongo.

Voici l’intégralité de l’adresse de Jonas Moulenda expliquant l’arrêt de son activisme pour le Gabon :

J’ARRÊTE MON COMBAT POUR LE GABON

Après un moment de méditation et de discours intérieur, j’ai décidé de me mettre en réserve du mon combat pour le Gabon, que j’ai amorcé en 1993. Je n’ai pas pris le soin de consulter ceux qui me sont chers pour ne pas être contrarié.

Ma décision, je l’ai prise tout seul. De fait, je ne recule pas devant le pouvoir que je combats depuis mon jeune âge mais plutôt depuis l’hypocrisie, la trahison et la méchanceté et le manque de volonté de mes alliés dans la lutte pour la libération de notre pays.

Je ne peux pas me battre à la fois contre le régime en place et contre ceux qui sont censés être mes partenaires dans le combat. Je laisse toute la latitude à mes détracteurs de montrer de quoi ils sont capables parce que je leur ravissais la vedette depuis mon arrivée en France.

Je suis fier de l’oeuvre que j’ai accomplie dans un environnement hostile deux décennies durant. Je rends d’ailleurs un vibrant hommage à Tata Huguette, Pat Collins et Anonymos pour la dynamique mise en place. Nous avons réussi quelque chose de formidable : fragiliser le régime en place par la dénonciation de ses tares et de ses crimes sur le plan international.

Ces derniers temps, notre expérience d’activistes a été mise à rude épreuve par l’esprit fielleux des pseudos opposants à la vision politique obscure. Au lieu de privilégier la cause, ils se sont mis à tirer sur les chars des alliés, retardant ainsi la progression sur le terrain du combat.

Je ne me retrouve plus dans cette ambiance. L’intrigue, l’injure et la calomnie sont devenues un trait de caractère chez les alliés qui se révèlent n’être que des tartuffes et des maîtres chanteurs et non des porteurs d’ambitions.

Je ne reviendrai pas au front parce que le combat n’est pas structuré. Pis, je ne sens pas une réelle volonté de changement chez nos compatriotes. Il y a trop de mélange du genre qui ne me motive plus. Et dans cette mare, les margouillats se prennent pour des crocodiles.

Le combat est mené avec un amateurisme déconcertant,qui laisse penser que le but visé n’est pas la libération du Gabon. Je ne veux pas continuer à me sacrifier pour des gens qui ne savent pas ce qu’ils veulent. J’ai déjà payé un prix très élevé de mon engagement.

Honnis soient ceux qui ne me reconnaîtront pas, même à titre posthume, le mérite d’avoir donné le courage à ceux suis n’en avaient. Car, ma plume était destinée à consoler les opprimés, à ralentir ceux qui sont pressés et à faire pousser ceux ne veulent pas se dépêcher.

J’ai fait ce que j’ai pu faire. Le reste, les autres le feront. Je m’en vais peut-être au moment où le pays a encore besoin de moi. Mais je dois m’en aller. Le rêve s’arrête où commence le réveil. J’ai montré la voix à suivre. Il appartient aux cadets de prendre le flambeau.

Ils peuvent compter sur mes précieux conseils sur un terrain montagneux où se confrontent motifs d’inquiétudes et raisons d’espérer. En tant que devancier, je serai toujours là pour guider leurs pas afin qu’ils ne trébuchent pas.  » Si un étranger s’est cassé le pied dans un trou, c’est qu’il n’était pas accompagné d’un autochtone, » disait mon grand-père.

Au moment de partir, j’ai un sentiment particulier pour tous les compatriotes qui me soutenaient dans la lutte. Je dis MERCI à mes amis disséminés à travers le monde. Pendant les périodes sombres que j’ai souvent traversées, vous m’avez toujours donné l’espoir et le courage. Votre patriotisme constituaient pour moi une source d’inspiration.

Je m’en vais. Vous allez beaucoup me manquer. Durant plusieurs années, nos rendez-vous sur cette plate-forme étaient devenus presque une habitude. Parfois, nous nous querellions mais nous ne nous gardions pas rancune. C’etait une merveilleuse aventure. Je passe le flambeau. Les grands savent partir. Les petits, eux, restent.

Jonas MOULENDA

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