Burundi: il n’y aura ni «guerre ni génocide» assure la présidence

L’inquiétude règne à Bujumbura depuis l’expiration, samedi soir, de l’ultimatum lancé par le président Nkurunziza. Lundi 2 novembre, le président avait donné à ses opposants jusqu’au 7 novembre au soir pour «déposer les armes» en échange d’une amnistie, après quoi la police pourrait «user de tous les moyens». Alors que les populations quittent massivement les quartiers contestataires et que la communauté internationale s’inquiète du risque d’embrasement, le pouvoir se veut rassurant.

« Les opérations de désarmement seront menées de manière professionnelles et dans le souci du respect Droits de l’homme » assure le ministre de la Sécurité publique, qui invite les observateurs de l’Union africaine à y assister.

Le ton se veut rassurant également du côté de la présidence : après cet ultimatum, affirme Willy Nyamitwe, « ceux qui seront attrapés en détention illégale d’arme à feu seront déférés devant la justice ». Le président a juste accordé, « dans sa clémence, dit-il, cinq jours supplémentaires aux citoyens pour qu’ils reviennent à la raison ». Le conseiller en communication du président promet qu’il n’y aurani « guerre ni génocide » et accuse l’opposition de colporter ces fausses rumeurs pour faire pression sur le gouvernement et accéder à des postes.

Selon lui, la communauté internationale a été victime de mauvaises traductions et d’une manipulation orchestrée par l’opposition. « Je voudrais vous rassurer, les discours qui sont dits sont traduits par des personnes mal intentionnées et ils essaient d’attribuer des affirmations gratuitement aux autorités burundaises », affirme Willy Nyamitwe.

Faux, répond Léonard Nyangoma, le président du Cnared, la plateforme de l’opposition burundaise. Selon lui, la présidence fait profil bas, en réaction aux critiques qui se multiplient. « On ne peut que répéter les mots, mot à mot, des lieutenants de Nkurunziza. Ils ont lâché des mots qui invitent, comme d’habitude d’ailleurs, ouvertement à la haine ethnique, au massacre. L’exemple que je donne c’est celui du fameux président du Sénat. Il a bien déclaré qu’il allait raser les quartiers de Bujumbura qui rejettent le troisième mandat de Nkurunziza. »

Léonard Nyangoma continue de réclamer l’ouverture d’un dialogue, et la mise en place d’une transition jusqu’à l’organisation de nouvelles élections. « Pas question d’abandonner la résistance », explique-t-il. « Ce que nous cherchons c’est la paix, pas des postes » répond Léonard Nyangoma. Le président de la plateforme d’opposition Cnared réclame un processus de négociation pour des élections libres et transparentes. Selon lui, le pouvoir cherche à terroriser la population.

Et pendant ce temps les violences se poursuivent : dans la soirée de samedi, un bar de Kanyosha, dans le sud de Bujumbura a été attaqué par des hommes en uniformes de police faisant plusieurs victimes.

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